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Thessaloniki im 20. Jahrhundert
Régis Darques: Salonique au XXs. CNRS,
Collection: Espaces et milieux. 2000. ISBN: 2-271-05660-8. Das Buch von Régis Darques ist in
französischer Sprache erschienen, weshalb wir uns erlauben, die
Rezension in der Sprache des Autors abzudrucken, da sich das Werk ohnehin an
ein Publikum wendet, das der Sprache Molières mächtig ist.
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Article de David Carasso (Salonique,
Grèce, avril 2000)
Une lecture rapide de quelques chapitres de l’ouvrage « Salonique au
XXème siècle » m’engage à formuler les sentiments spontanés suscités.
Je me réserve le plaisir de commenter en détail certains sujets traités
dans ce livre. Presque depuis ma naissance, j’ai vécu dans cette ville et
j’ai suivi en observateur attentif son évolution depuis que j’avais 10
ans en 1931. Attiré par l’histoire et la géographie, j’ai reconstitué
mentalement au gré de mon imagination, sous l’influence de mon entourage,
les évènements de la région.
Point de départ :la décennie précédent la fin du siècle. Sources de
mes connaissances : les récits de mes grands-parents et parents, plus
tard les lectures éparses et vers 1935 la presse locale assistée par mes
yeux et mes oreilles me qualifiant de témoin valable.
Le titre du livre a attiré mon regard comme une décharge d’électricité
statique et mon attention est restée fixée sur cette couverture transformée
en écran sur lequel se projette en vitesse extrême le documentaire de la Cité
Ottomane, qui m’avait été racontée, transformée en moins d’un siècle
en métropole grecque.
Les descriptions des lieux, succinctes, précises et pourtant élégantes sont
admirables. Franchement appréciées par ceux qui ont eu le privilège de
visiter ces sites. Des cartes postales anciennes ne pourraient pas se
substituer à ces descriptions mais pourraient servir de complément agréable.
L’exposition des évènements m’émotionne et j’y trouve exprimé dans
un style solide et élégant presque tout ce que j’avais l’intention de
narrer moi-même, ce qui suscite un brin de jalousie car je ne peux pas rédiger
le compte-rendu de ce que j’ai vécu.
J’ai l’impression qu’une certaine
nostalgie se dégage en faveur des ethnies dont les populations ont presque
disparu à cause de l’attitude des nouveaux maîtres. Outre cette
manifestation de sympathie, l’impartiale objectivité reste rigoureusement
respectée.
Les difficultés rencontrées avec
l’administration pour arracher des renseignements d’utilité publique sont
pour le moins irritantes. Le travail ingrat que la collecte de statistiques
comporte, surtout lorsque vous avez à traiter avec des fonctionnaires dérangés
dans leurs sinécures, particulièrement si vous n’êtes pas de leur village,
ne pourrait pas s’estimer.
La transformation de la ville provinciale
en métropole s’est effectuée souvent par à-coups dans des circonstances
uniques. Cette évolution est mise magistralement en relief.
Le concept de la tutelle d’Athènes est
parfaitement saisi avec sagacité et astucieusement présenté. L’évocation
du point de vue avancé par P. Risal (Joseph Nehama) dans son ouvrage « La ville convoitée » qui
vient d’être traduit en grec, vient très à propos. Le démembrement de
l’Empire Ottoman a privé Salonique de son hinterland reléguant son port en
second rang au profit du Pirée. Maintenant que les passions patriotiques se
sont apaisées et que le regroupement régional est de mode et surtout imposé
par des intérêts communs, il semble que Salonique puisse devenir le siège
d’une association Balkanique avec les Directions des Services Financiers,
Economiques, Commerciaux et Culturels, son port viendra au premier rang. Le
Thermaïque prendra revanche sur l’Attique.
L’incendie de 1917, l’arrivée de réfugiés,
l’anéantissement de la Communauté Israélite, la reconstruction,
l’imbroglio des propriétés foncières et d’autres sujets fort intéressants
sont traités avec compétence, perspicacité et objectivement, malgré les
entraves de l’Administration pour faire disparaître certaines bavures
politiques qui portent atteinte à l’image de la vie sociale et culturelle
de la ville.
Notre génération sera probablement la
dernière à avoir la nostalgie
de la ville cosmopolite qu’était Salonique, la dernière à parler judéo-espagnol
ou bien ladino à votre choix, à se souvenir que la Foire Internationale
aussi bien que le Campus de l’Université d’Aristotelis se trouvent érigés
sur le terrain du cimetière juif, désaffecté sous l’occupation Nazi, que
l’hôpital Hirsh n’a plus son nom, que le Bazar Modiano est devenu
Kentriki Agora (Marché Central) que la rue Misrachi s’est métamorphosée
en rue Fleming. Il est curieux de constater que le passage (stoa) Carasso
tient bon et que personne ne s’avise à le désigner « Stoa Makridou »
malgré l’enseigne que le nouveau propriétaire a posé depuis un quart de
siècle. La mémoire collective n’a pas disparu entièrement dans ce cas
particulier.
Un ouvrage tel que « Salonique au
XXème siècle » va certainement contribuer entre autres à satisfaire
la curiosité des intéressés sur ce que Sélanik était avec sa Communauté
Israélite représentant un peuple, une société, une culture, une
civilisation.
Le dicton « Salonique és ciudad de
Nés » (Salonique est une ville providentielle) s’est avéré correct
pour ceux qui ne connaissaient pas cette locution, tandis que ceux qui
s’accrochaient à cette planche de salut et d’espérance ont disparu.
La nouvelle Communauté Israélite
déploie son essor sous la direction d’une nouvelle génération, elle prospère
matériellement, la grande majorité des activités de l’ancienne a été
ressuscitée, l’intégration à la société actuelle suit sont cour à
grands pas, tandis que la nostalgie de l’esprit communautaire ancien va s’éteindre
naturellement.
Régis Darques: Salonique au XXs. CNRS,
Collection: Espaces et milieux. 2000. ISBN: 2-271-05660-8. Commandez le
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Régis Darques: Salonique au XXs. CNRS,
Collection: Espaces et milieux. 2000. ISBN: 2-271-05660-8. Commandez le
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