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Le
Restaurant
Le Restaurant (anciennement Le Bélier) à L'Hôtel, Paris
Article du 1 juin 2006
L'Hôtel à Paris a changé de
propriétaires, de manager et de chef de cuisine. Le Bélier a changé de nom et
s'appelle dorénavant simplement Le Restaurant. Nouveau derrière les
fourneaux, Philippe Belissent a amené avec lui une troupe de cinq
personnes, y compris la pâtissière.
Belissent a effectué son Service National
dans les cuisines de l'Hôtel Matignon, servant le cabinet du premier ministre, et
a notamment travaillé dans les restaurants Laurent (2 macarons Michelin) et Ledoyen (3
macarons Michelin). Arrivé à L'Hôtel en décembre 2005, on lui a donné carte blanche pour son premier
poste comme chef de cuisine.
Philippe Belissent propose une cuisine classique revisitée. A la base classique
s'ajoute une touche personnelle. Le chef essaie de rester simple. La carte est
renouvelée de manière continue. Généralement une entrée et un plat changent par
semaine. La carte est relativement petite, mais les crustacés par exemple sont
livrés chaque matin.
A midi, Le Restaurant est surtout fréquenté par des habitués, avant tout des
galeristes des environs. Le soir, des gens du quartier y viennent se retrouver;
des touristes s'y font rare. La clientèle de L'Hôtel, qui n'offre que 20
chambres et suites, ne peut évidemment pas faire vivre le restaurant. Nous
n'étions pas les seuls curieux à tester le nouveau chef; parmi les clients lors
de notre passage, il y avait notamment Laure Adler. Philippe Belissent commence
lentement à se faire connaître et a des ambitions de macaron Michelin. Pour
le moment, il offre déjà un excellent niveau gastronomique, ce qui promet un
grand futur. L.G.
Un déjeuner au Restaurant
Le Restaurant testé en mars 2006 par Marc Zitzmann
Le déjeuner commença avec une création du chef, à la fois chaude et froide: le
tourteau sauvage de Bretagne. Il est décortiqué vivant afin de garder le liquide
qui servira à faire le jus. Le chef a cuit les pinces dans une eau
bouillante salée, puis récupéré la chaire. Il a ensuite fait le jus avec le
reste des carapaces en les suant à l'huile d'olive d'Argane du Maroc, ajoutant
du concentré de tomates, du fenouil, de l'anis étoilé et des piments oiseaux
séchés. Tout a été mouillé à l'eau, puis laissé cuire trois heures à feu doux.
La chair a été servie assaisonnée de mayonnaise citronnée et de pomme Granny
Smith, dans la carapace, tandis que le jus a été servie séparément en verre. Le
tourteau a formé un contraste bien apprécié avec la pomme et le guacamole.
La coquille de St. Jacques marinée était également d'une extrême fraîcheur, car
préparée vivante. Après avoir été décortiquées et nettoyées, les membranes qui
entourent les St. Jacques ont été fait suées à l'huile d'olive avec de la
citronnelle fraîche en bâtons, puis crémées et laissées cuire quinze minutes. Une
fois la crème refroidie, le chef y a ajouté du citron vert. Pour le dressage, il
a mis cette crème citronnelle froide au fond de l'assiette, coupé finement les
St. Jacques, les a disposé en rosace sur la crème, ajouté du jus de citron, un
filet d'olive et de la fleur de sel ainsi qu'une émulsion d'eau de mer au
centre. Les St. Jacques faisaient partie d'un risotto crémeux avec des
trompettes de la mort. Les coquilles étaient idéales, encore crues à
l'intérieur, avec une texture peu fibreuse et légèrement caramélisées à
l'extérieur.
Comme dessert, Phillippe Belissent a
servi une assiette déclinée autour de la pomme, composée d'une pomme Golden cuite dans un caramel avec un peu de beurre, disposé sur un sablé
craquant auquel il a ajouté une boule de glace de vanille et une chips de
pomme. Au milieu, il arrangea une mini pomme d'amour. Le tout fut terminé
avec un verre de compote de pomme au calvados et d'une émulsion de Granny
Smith. Le Calvados fut plutôt âcre, la mousse en contraste sucrée.
Selon les dires de Philippe Belissent, ces deux plats (tourteau et risotto)
furent le fruit de ses passages chez les chefs de cuisine Christian Le Squer et
Philippe Braun, avec comme résultat sa cuisine "classique revisitée".
Un déjeuner végétarien
Le Restaurant testé en mars 2006 par Louis Gerber
Le déjeuner végétarien commença avec des légumes d'hiver (rutabaga, panais,
topinambour, betterave, choux vert, pommes rattes, salsifis, carottes fanes,
blettes). Ces légumes à racines furent cuits séparément dans du fond blanc puis
revenus dans une cocotte avec un beurre d'herbes et du jus pendant cinq minutes
à feu doux. Le résultat fut simple, mais léger et sain, un autre témoignage d'un
plat "classique revisitée", inspiré par le passage de Belissent chez Christian
Le Squer et Philippe Braun.
Le risotto aux asperges et aux morilles offrit la seule légère déception car les
asperges importées du Pérou ne furent pas au niveau gourmet du reste. Les
asperges vertes manquaient un peu de goût et étaient trop cuites, couvertes d'un
peu de mousse et de fleur de sel. Au début de mars, selon les dires du chef, les
asperges françaises étaient encore un peu trop chères pour offrir des plats aux
prix compétitifs du Restaurant. Le plat était d'ailleurs accompagné d'un
Riesling 2004 Hans Schaeffer de l'Alsace, floral, fruité et gouleyant.
Le dessert part contre fut de nouveau tout à fait à la hauteur d'un chef aux
aspirations gastronomiques. La déclinaison du chocolat est une création du chef,
composé d'un millefeuille réalisé à partir de feuilles de caramel chocolat épicé
alterné avec une crème tendre et une boule de glace vanille, accompagnée d'une
tasse de chocolat chaud (ni trop sucré ni trop fort) avec trois bugnes fourrés
de chocolat. Un délice! Le Restaurant est décidément un endroit à revisiter.
Biographie, parcours professionnel de Philippe Belissent
Philippe Belissent est né le 12 janvier 1978 à Palaiseau dans la région
parisienne. De 1982 à 1994, il a passé douze ans en Côte d'Ivoire et un an au
Sénégal. De 1994 à 1996, il a fait son B.E.P./C.A.P. cuisine au Lycée Hôtelier
St. Bénigne à Dijon, de 1996 à 1998 son B.T.H. au lycée Hôtelier J. Lecesnes au
Havre, et de 1998 à 2000 son B.T.S. Hôtellerie et Restauration option B au Lycée
Hôtelier du Touquet.
De janvier à mars 1996, il a suivi un stage de B.E.P. en cuisine au restaurant
La Gremelle. Le chef François Donno lui a fait prendre conscience de ce que
c'est le métier de cuisinier, et le lui a fait aimer. De juillet à août 1996,
Philippe a travaillé comme commis de cuisine dans le même restaurant à Ladoix-Serrigny,
Côte d'Or. De juillet à août 1997, il a fait un stage de B.T.H. au Domaine de Falgos (St. Laurent de Cerdans), avec des expériences en cuisine, salle et
accueil. De juillet à septembre 1998, il a été commis de cuisine à l'hôtel Le
Royal de Deauville, sa première saison dans un grand palace. En mai 1999, il a
fait un stage de B.T.S. au Royal-Mansour de Casablanca, où il a appris la
cuisine traditionnelle marocaine; ses parents vivaient et vivent encore
aujourd'hui au Maroc. Du juin à août 1999, il a à fait un stage de B.T.S. à
l'hôtel-restaurant Les Ursulines (Autun - Saône et Loire), où il a poursuit un
C.D.D. à l'hôtel en septembre de la même année. Comme chef au restaurant
gastronomique, il avait Bruno Schlewitz, un ancien sous-chef de Paul Bocuse. De Schlewitz, le commis de cuisine a beaucoup appris au niveau de la technique.
De août 2000 à juin 2001, il a effectué son Service National en cuisine au
cabinet du premier ministre à l'Hôtel Matignon (et le weekend-end en résidence
secondaire). Il était chef de partie tournant à l'époque où Lionel Jospin y
résidait. Son chef était Yves Delplace, qui à fait toute sa carrière à Matignon
et qui est un ancien élève du Touquet, d'où on a recruté Belissent. Le jeune
cuisiner y a appris la grande cuisine française ainsi que la représentation.
Mais c'est de juin 2001 à novembre 2002 qu'il a "réellement appris le métier"
chez Philippe Braun au restaurant Laurent à Paris (2 macarons Michelin). La
carte a été élaborée par Robuchon (en tant que consultant). Belissent, en tant
que demi chef de partie (garde-manger et sauce, C.D.I.) y a appris la rigueur et
l'endurance au travail de plus haut niveau avec une cuisine très classique.
De janvier 2003 à novembre 2005 (C.D.I.), il a été premier chef de partie
(sauce), chef de partie tournant, chef de partie (poisson) et demi-chef de
partie responsable du garde-manger au restaurant Ledoyen à Paris (2 macarons
Michelin). Du chef de cuisine Christian Le Squer, il a appris à ne pas penser
que cuisine ainsi qu'à développer le côté créatif du métier.
Depuis décembre 2005, Philippe Belissent occupe pour la première fois dans sa
carrière le poste de chef de cuisine à L'Hôtel, l'établissement où mourût Oscar
Wilde. La direction du quatre étoiles de luxe lui a donné carte blanche au
restaurant Le Bélier, rebaptisé Le Restaurant.
L.G.
Le Restaurant et L'Hôtel
13, rue des Beaux-Arts
75006 Paris
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Le Restaurant. Photo © L'Hôtel, Paris.

Le chef de cuisine Philippe Belissent. Photo © L'Hôtel et Le Restaurant, Paris.

Le chef de cuisine Philippe Belissent. Photo © L'Hôtel et Le Restaurant, Paris.
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