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James Moody
Article du 1er octobre 2008 par
«Beethoven» Jean-Michel Reisser

Biographie de James Moody

James Moody est né en Géorgie en 1925. Il débute à l’alto à l’âge de 16 ans. Il écoute et s’inspire, dès 1941, des deux fameux ténors de l’orchestre de Count Basie nommés Dony Byas et Buddy Tate. Il quitte l «United Air Force» en 1946 et arrive à New York. Dizzy Gillespie l’engage de suite, avec lequel il jouera très régulièrement pendant 46 ans ! Il devient très vite une des références dans ce style alors nommé « Be-Bop ». Il joue partout avec tout le monde. Il s’installe ensuite sen Suède en 1949 puis à Paris. Il revient aux USA en 1952 avec un hit en poche, « Moody Moods For Love ». Il se produit dès lors avec ses groupes et également au sein de nombreux « All Stars » à travers le monde. James Moody est une légende du Jazz moderne, un immense ténor jouant « fou » et un des plus grands flûtistes de tous les temps. Son jeu a toujours évolué avec les décennies. Sa grande connaissance de la musique, son ouverture d’esprit et son dynamisme incroyable font de lui un musicien « tout terrain » et qui peut jouer avec tous ses pairs les plus modernes actuels. Il n’a jamais mieux joué que maintenant, une longévité totalement intacte et très rare.



The James Moody &  Hank Jones Quartet: «Our Delight» . Todd Cooleman (basse), Adam Nussbaum (bat) (2006) . IPO 1013. Commandez ce CD chez Amazon.com.

Interview - entretien avec James Moody et Hank Jones


La réunion -en studio- de ces deux légendes du Jazz devient un événement musical majeur. On a de la peine à le croire mais c’est vrai: James Moody et Hank Jones viennent de graver leur première réelle rencontre! «Je n’ose pas y croire» me raconte Moody. «C’est un rêve devenu enfin réalité. Pour moi, Hank reste le meilleur pianiste de Jazz au monde. Il absolument fabuleux!». Du côté de Hank, c’est la même chose: «Pour moi, Moody représente le Jazz moderne de ces …soixante dernières années! Il n’a jamais été aussi magnifique qu’aujourd’hui. De plus, il joue toujours quelque chose de neuf et de frais. Il continue d’inventer. C’est très rare tu sais. Il reste moderne et peut se frotter musicalement aux plus jeunes lions de la scène actuelle.»

Cette idée originale vient du producteur du petit label indépendant nommé IPO Records. Son nom: Bill Sorin. «Nous enregistrions les deux albums en hommage à Thad Jones où James et Hank participaient justement. Pendant une des pauses, je fus surpris d’entendre que Moody n’enregistrait plus depuis quatre ou cinq ans. Un musicien de cette stature?! Du coup, je me suis mis à réfléchir et lui demandai de proposer une date. Sa réponse fut immédiate: «Oui, avec un immense plaisir!». Le nom d’Hank Jones fut de suite évoqué. «Et voilà le résultat» me dit-il avec fierté.

Bill Sorin a cinquante-neuf ans. Il travaille dans le domaine informatique pendant de nombreuses années et, depuis quelques années, il officie dans la recherche médicale. Mais sa passion de toujours s’appelle «Jazz».

«J’ai découvert cette musique vers douze ou treize ans et elle ne m’a plus quittée depuis.» Il devient ami avec de grands musiciens tel que le fantastique regretté pianiste Roland Hanna. «Oui, Roland était vraiment un des plus grands pianistes, mais si peu connu ni reconnu des amateurs … et je ne sais toujours pas pourquoi. Il étudia le Classique et fut un sacré interprète de cette musique également.».

A l’âge de dix-sept ans, Bill décide de produire sa première séance d’enregistrement avec Roland au piano «Le croiras-tu si je te disais qu’il y avait à cette séance Coleman Hawkins, Buddy Catlett à la basse et Eddie Locke à la batterie? Coleman tenait à participer à cette séance avec Roland. Ils étaient très proches mais n’avaient jamais enregistré nous plus. Malheureusement, Coleman ne pouvait plus jouer, c’était à la fin de sa vie. Cette séance ne sortira jamais même si la rythmique sonne superbement.».

Mais notre homme ne se décourage pas pour autant: «Quelque mois plus tard, je décide de produire une autre séance, toujours avec Roland au piano, Richard Davis à la basse, Mel Lewis à la batterie, Thad Jones à la trompette et Eddie Daniels au ténor. En y repensant, je l’éditerai peut-être car la musique est magnifique». Nous pouvons le croire sur parole. Et puis les années passent … Il réapparaît fin des années nonante.

«Oui. Une fois de plus, j’étais frustré de ne pas entendre plus souvent sur disque mon ami Roland Hanna. J’ai décidé de l’enregistrer. Pour moi, Roland a toujours excellé dans le solo. D’un commun accord, nous avons décidé d’enregistrer plusieurs albums. Roland avait alors une totale liberté quant au choix musical.»

Le résultat: deux albums absolument indispensables, «Everything I Love», IPO 1002,  et «Tributaries, Reflections on Tommy Flanagan», en hommage à son grand ami le pianiste décédé un peu avant cette séance (IPO 1004) ; ces deux CDs chroniqués dans OMT bien évidemment à leur sortie. Concernant ce dernier CD, je peux vous dévoiler un scoop: c’est un des albums favoris de notre ministre Hans-Rudolf Merz, grand amateur de pianistes de Jazz.

Il ne faut pas oublier le fabuleux duo de Carrie Smith/Roland Hanna «I've Got A Right To Sing The Blues” (IPO 1003) qui s’avéra être la dernière séance de Roland et de Carrie. «Mon idée», me raconte Bill, «était que Roland ne s’efface pas devant Carrie prenant la vedette mais que les deux conversent à égalité. Roland a mis un peu de temps à comprendre ce que je voulais mais le résultat reste un MUST à mon avis». Bill possède un sacré flair: Carrie et Roland se connaissaient depuis des décennies mais n’avaient jamais enregistré ensemble.



«Puis il y avait d’autres projets que je désirais réaliser. J’ai toujours été un fan de Tom McIntosh, grand tromboniste, compositeur et arrangeur. Il reste quasiment inconnu des amateurs mais hautement respecté dans le milieu des musiciens. Je le rencontrai grâce à Roland. Ils étaient amis depuis les années soixante. Tom, c’est une institution car il a travaillé avec Dizzy, Milt Jackson, Art Farmer, Benny Golson,  James Moody,  fit partie du fameux Thad Jones-Mel Lewis Big Band. etc.

Tu sais, Tom est un type tellement adorable. Il fut très excité quand je lui fis part de ce projet. Du coup, il en parla autour de lui et beaucoup de ses amis ont voulu participer à cette séance. Le jour de l’enregistrement sont arrivés, dans le studio, Benny Golson, Moody, Kenny Barron, Jimmy Owens, Richard Davis … («With Malice Toward None - The Music of Tom McIntosh” IPO 1005). Je ne pouvais pas y croire. Il convia également un autre grand pianiste que j’admire tant: Roger Kellaway.»

C
et album est superbe, toutes des compositions et arrangements signé Tom. Musicien à redécouvrir de toute urgence.

On ne peut pas dire que les albums du grand Roger Kellaway débordent des bacs des disquaires. A nouveau, Bill décide de l’enregistrer en solo pour débuter: «I Was There» (IPO 1006), en hommage à Bobby Darin. Tout comme avec les solos de Roland Hanna, ce nouvel album de Roger est un grand album de piano. Il est en toute grande forme, le piano sonne de façon délectable et l’enregistrement est d’un niveau excellent.

G
râce à Tom McIntosh, notre producteur rencontre quelques grands musiciens tels que Hank Jones, Moody, le jeune prodige du vibraphone Stefon Harris ; tous lui font désormais confiance. Bill décide de rendre hommage à un vieil ami, le génial Thad Jones. Il réussit à convoquer Moody, Golson, Frank Wess, Bob Brookmeyer, Hank Jones, Mickey Roker etc. («One More: Music Of Thad Jones», IPO 1007). Toutes nos vedettes sont au meilleur de leur forme et les arrangements incroyables.

«Cette séance, toutes comme les autres, a vite été réalisée» m’avoue Bill, «Il leur a fallu deux prises maximum et la musique se trouvait  «dans la boîte!» Je n’en revenais pas.»

Il convainc également le grand Eddie Daniels d’enregistrer à nouveau en quartet. Bill: «Eddie enregistra que peu de disques en dix ans. Ces derniers étaient en compagnie de big bands ou d’orchestres de chambre. Je désirais l’entendre comme par le passé, en compagnie d’une super rythmique. Son désir fut d’avoir Hank Jones, son ancien et premier employeur du milieu des années soixante. Son vœu s’exhaussa. Il y a une sacrée complicité entre eux. («Mean What You Say» IPO 1009). Cette rencontre reste un des meilleurs albums d Eddie. On s’en réjouit car il renoue avec le ténor dans trois titres.

Mais revenons sur cette unique collaboration entre Moody et Hank. Ils se connaissent depuis l’arrivée de Moody à New York en 1946. Moody: «Dès que je suis arrivé dans la 52ème Rue, je rencontrai Dizzy Gillespie et tous les jeunes «Be-Boppeurs». Je me rappelle que c’est Dizzy et Ray Brown qui me présentèrent à Hank. Dès que je l’entendis jouer quelques notes et accords, je me suis dit: «Mon Dieu, ce type est fantastique!» Il possédait déjà son style à l’époque. Ce qui m’étonna vraiment, c’est qu’il ne jouait pas (et ne joue toujours pas d’ailleurs) ni «Be-Bop», ni «Swing», ni «Stride». Non ! Le jeu et le style d’Hank, ce sont tous ces courants musicaux à la fois! Il est, à ma connaissance, le seul à jouer de cette manière. Tout le monde veut jouer avec lui.».

Hank:  «La première fois que j’ai rencontré et entendu Moody, c’était en 1946 quand Dizzy et Ray Brown nous ont présentés. J’ai été immédiatement conquis par sa grande musicalité, sa façon si originale à la fois très moderne mais aussi pleine de tradition à interpréter n’importe quel thème, que cela soit une ancienne tout comme une nouvelle composition. Il fut un des pionniers du style nommé «Be-Bop». Ce mot me dérange beaucoup, me déplaît car il ne définit pas du tout ni l’essence ni la réelle qualité de cette musique. Beaucoup l’ont dénigré mais crois-moi, la jouer reste ce qu’il y a de plus difficile en Jazz. Tout le monde ne peut pas l’interpréter! C’est pour cette raison que ceux qui l’ont tellement critiquée ne l’ont jouée!».

Pourquoi ne pas avoir enregistré plus tôt? Moody: «Ce n’est pas faute d’avoir essayé mais chaque fois que je voulais Hank, il était pris ailleurs. La chance ne me souriait vraiment pas! (rires). Avec les années, cette idée disparue même de mes projets. Comme tu le vois, dans la vie, il faut parfois patienter longuement. Ce grand jour est enfin arrivé ! Il était temps.» (rires).



Hank: «Tu sais, c’est un peu étrange et égoïste ce que je vais te dire, mais pour moi, je ne m’en étais pas réellement aperçu. Pourquoi? Tout simplement parce que nous jouons ensemble en concerts ou  pour des festivals assez régulièrement. Enfin moins, maintenant que Dizzy, Milt Jackson et Ray Brown sont partis. On nous demandait en tant qu’ «All Stars» un peu partout à travers le monde. Nous étions comme des frères. Donc le fait de ne pas avoir enregistré ne me dérangea pas spécialement. Incroyable aussi mais vrai: nous n’avons jamais fait d’album officiel de ce groupe non plus. Mais je suis sûr que des festivals nous ont enregistrés, qu’il en existe des traces quelque part.».

On peut noter que les enregistrements ne représentent à peine deux pour cent de ce qui se joue …

Moody: «Tu sais, Hank, Dizzy, Jackson (Milt), Ray et moi-même étions très proches, humainement comme  musicalement parlant. Nous formions d’ailleurs un «All Stars» assez régulier et on nous demandait souvent partout. Si je me souviens bien, Hank participa à une séance sous mon nom au début des années soixante mais c’était en octet et il ne prenait quasi pas de solos».

Pour tout avouer, Moody et Hank enregistrèrent ensemble à quatre reprises en soixante-deux ans: la première sous le nom de «Ray Brown & The Be-Bop Boys» pour «Savoy Records» en 1946 en octet; la deuxième sous le nom de Moody en 1960: «James Moody with Strings» pour la marque «Argo», la troisième s’appelle «Great Day» en 1963 pour le label «Chess», encore en octet avec Thad Jones et Tom McIntosh! entre autres (que vient de rééditer le label Lone Hill LHJ 10313). Quand à la dernière, il s’agit de «One More: Music Of Thad Jones» (voir plus haut). Mais, de ces séances, aucune ne résulte d’une véritable collaboration.

C’est Moody qui demanda à Hank de pouvoir «utiliser» les deux musiciens avec lesquels il travaille depuis vingt ans: le super bassiste mais encore peu connu Todd Coolman et le grand batteur Adam Nussbaum.

«Avec eux, on peut jouer n’importe quel thème dans toutes les tonalités possibles sur des rythmes les plus fous» me confie Moody, «ils connaissent tout: Je les adore, ce sont mes amis et de grands musiciens. Je savais bien qu’avec Hank, cela «collerait» à merveille. (rires). Avec qui d’ailleurs Hank ne peut-il pas jouer? Todd étudia avec Ray Brown, donc cela se passe de commentaires. Adam joua avec Sonny Rollins tout jeune, puis John Scofield, Gil Evans, Gary Burton, Toots Thielemans, Stan Getz etc. Comme tu le constates, je ne travaille pas avec les plus mauvais! (rires)».

Pour notre pianiste: «Je les connaissais car j’avais déjà travaillé avec eux à quelques occasions. Il est facile de jouer avec eux car ce sont des musiciens que j’appelle «tout terrain». Vous pouvez tout jouer, ils connaissent, ou alors ils ont l’instinct si musical qu’ils comprennent immédiatement ce que vous désirez. Ils détiennent toutes les bases de cette musique en restant eux-mêmes et gardant leur personnalité».

Quand au choix des thèmes, ils proviennent quasiment tous de l’ère «Be-Bop».

«Oui mais nous n’avons rien planifié à l’avance» ajoute Moody. «Cela s’est fait tout naturellement comme ça. Je voulais cette séance fraîche, totalement improvisée, comme nous le faisions à l’époque».

«Cette séance relate bien notre état d’esprit concernant cette musique» me confie Hank. «Nous avons fait nos preuves en nous écoutant les uns les autres, sur des tas de thèmes plus ou moins compliqués, que cela soit des ballades ou des tempi endiablés. Moody et moi-même adorons cette manière de faire».

Moody: «N’ayant rien planifié, nous avions les idées fraîches et étions cent pour cent disponibles et ouverts à toute proposition. On s’est assis et chacun avait quelques titres qu’il désirait jouer. «Body and Soul» est une super idée de Hank, juste en duo. Je trouve cette version excellente.»

«Tu sais» ajoute Hank, «Moody joue de la musique depuis presque septante-cinq ans je pense. Moi, depuis quatre-vingt-cinq  ans! Alors, à nos âges, on doit être capable d’aligner deux notes l’une derrière l’autre (rires). Nous nous sommes faits plaisir et nous avons interprété des thèmes que nous aimions et qui collaient parfaitement à l’un comme à l’autre. Hank et moi-même ne jouons plus du  tout comme il y a soixante ans. Nous avons évolué et sommes devenus de bien meilleurs musiciens. Grâce à toutes ces années d’expérience, nous savons un peu mieux structurer les choses pour que cela sonne à peu près bien …».

Tous ces titres, pour la plupart, proviennent des années quarante et cinquante. Moody s’en défend: «Tu as raison mais on les a choisis comme ça, sans arrière-pensée.».

Hank: «C’est vrai mais je ne tiens pas compte de ça du tout. Nous les avons bien joués à notre manière d’aujourd’hui! et non pas comme on pouvait les interpréter il y a soixante ans. Le passé est derrière. Ce qui fait encore et toujours la force de notre musique est que tu peux jouer le morceau «High Society» par exemple en le ré-harmonisant, en le déstructurant, sur un tempo différent etc. Cela te donne toute la liberté de t’exprimer comme bon te semble en ajoutant le «feeling» que tu désires lui donner. Mais pour ça, il te faut connaître parfaitement la chanson, le solfège, ton «biniou» et surtout savoir exprimer tes idées». (rires) C’est tout un ART et cela ne s’apprend pas en un jour».

Notre producteur Bill Sorin en resta sans voix. «Cette séance fut vraiment totalement incroyable. Moody a quatre-vingt-trois ans et Hank nonante! Tous les deux ne paraissent de très loin pas leur âge, physiquement parlant et en tous les cas pas au niveau musical. Ils furent des plus décontractés et l’ambiance très joyeuse. A les regarder et à les entendre, on penserait qu’ils jouent ensemble en quartet depuis soixante ans».

«Il aurait fallu filmer cette séance pour montrer à la jeune génération comment les vrais musiciens travaillent. Tous les thèmes enregistrés ici ne furent que des premières prises, sauf une. Le thème de Dizzy Gillespie, «Con Alma», causa par contre quelques problèmes à nos deux «jeunes hommes»!» (rires de l’auteur).

«Oui, ce fut très amusant» m’avoue Moody d’un ton hilare. «Le plus drôle est que ce thème, nous le jouons tous depuis plus de cinquante ans. Nous l’avons «dans les doigts» comme on dit dans le milieu. Mais là, cela a coincé!» (rires). «Nous nous sommes mis à l’interpréter, sans avoir répété quoi que ce soit. Les problèmes arrivèrent  sur le pont et la coda car nous n’étions plus sur la même longueur d’onde. Nous nous sommes retrouvés avec deux versions différentes». (rires)

«En effet», me rétorque Hank, «Moody joua «Con Alma» avec Dizzy pendant plus de cinquante ans, les accords et les intonations originales de Dizzy lui-même, donc la bonne version. Quand je l’ai entendu pour la première fois, cette mélodie m’a tellement inspiré que je l’ai réarrangée à ma façon, avec mes accords, mes harmonies et mes accents (rires). Cela m’a pris très peu de temps à l’arranger. Je me rappelle très bien que quand je l’ai jouée avec Dizzy la première fois, il n’en revenait pas. Il m’a textuellement dit: «Mon vieux, tu es très fort. Où es-tu allé chercher tout ça? J’aurais bien voulu l’écrire de cette manière». Je l’ai alors pris pour un sacré compliment. Tu penses, venant du compositeur lui-même! Du coup, je ne connais plus que ma version car Dizzy me demandait toujours: «Jouons ta version de ma composition» (rires).

«Je ne le savais pas et n’avais jamais entendu la version d’Hank» constate Moody,  «Nous avons transpiré pour y arriver» (rires).

Pour terminer en beauté, on nous réserve une fort belle surprise. En effet, sur le dernier titre, une remarquable composition d’autre géant, le ténor Jimmy Heath, «Moody’s Groove», la fantastique Roberta Gambarini vient chanter et scatter avec nos deux compères. Un tout grand moment.

Pourtant, son nom ne figure pas sur la pochette. «J’ai honte», m’avoue notre producteur, «j’ai oublié de mettre son nom sur la pochette!»  On l’excuse bien volontiers car quelle prestation de notre chanteuse.

Décidemment, Bill Sorin se révèle être déjà un grand producteur car tous ces albums sont tous grandioses, tant par la musique que par la qualité du son de chaque séance. Comment explique-t-il cela?

«En fait, je pars d’une idée. Ensuite, j’appelle les musiciens et leur demande ce qu’ils en pensent. Jusqu’à présent, tous ont répondu favorablement et ont toujours donné le meilleur d’eux-mêmes, ce qui me flatte au plus haut point. Pour ne stresser personne, je loue le studio pendant deux jours complets. Les musiciens peuvent donc arriver à leur guise à la séance et prendre leur temps pour bien travailler dans les meilleures conditions possibles. Pour le reste, ce sont eux qui ont réalisé tout le travail».

Cet homme, décidemment, comprend tous les secrets importants de ce métier ingrat de producteur de Jazz, bien à part, on ne le soulignera jamais assez. On peut également rajouter que certains prétendus grands producteurs peuvent s’inspirer de Bill Sorin et en prendre de la graine. Il détient, en grande partie, la clé du succès MUSICAL du Jazz à l’aube du troisième millénaire. Cette grande rencontre et merveilleuse séance entre deux légendes incontournables du Jazz  sied à merveille son titre: «notre délice» («Our Delight»).

Biographie de Hank Jones

Hank Jones est né à Pontiac en 1918. Il étudie le piano à six ans, devient professionnel dès l’âge de quatorze  ans. Grâce au ténor Lucky Thompson qui l’engage dès 1944 à New Yortk, il devient immédiatement un des pianistes les plus demandés de la « Big Apple ». Le bassiste Ray Brown l’engage dès 1946 pour faire partie de son trio et pour accompagner sa femme, Ella Fitzgerald. Dès lors, il joue avec tout le monde et voyage avec les « Jazz At The Philarmonic » dans le monde entier entre 1948 et 1952. Les studios CBS l’engagent dès 1953. Il joue et enregistre des centaines de disques avec tous les plus grands Jazzmen (Miles Davis, John Coltrane, Benny Goodman, Count Basie, Dizzy Gillespie, Charlie Parker, Wes Montgomery, Louis Armstrong etc.) mais aussi avec des musiciens et chanteurs/euses de variété en tous genres (Paul Anka, Marilyn Monroe etc). Sa seconde carrière de Jazzman renaît dès 1976. On le retrouve très régulièrement en Europe et au Japon, en solo, duo, trio, quartet, quintet etc. Ses pairs, ainsi que la plupart des fans et connaisseurs, considèrent Hank Jones comme un des six plus grands pianistes de Jazz de tous les temps. Il peut tout jouer et ce avec n’importe qui dans n’importes quels contextes. Son immense discographie laisse pantois. Tout comme Moody, il n’a jamais mieux joué qu’aujourd’hui. Un vrai jeune homme d’allure, d’esprit et de musique. Hank Jones =  un hallucinant miracle! Cf. l'article au sujet de
Hank Jones.
 
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