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Milt Jackson
Biographie, albums, CDs,
sheet music by Milt Jackson
Article du 1 janvier 2006 de "Beethoven", Jean-Michel Reisser
 
« Used To Be Jackson » ou la constante fidélité à ses racines

Si l’on y regarde vraiment de près, on ne peut pas dire que la -longue- carrière du légendaire vibraphoniste Milt Jackson soit des plus difficiles à écrire. Elle s’avère assez courte à décrire, soit en quelques phrases. Tous les dictionnaires du Jazz l’évoquent très bien d’ailleurs. Mais, le personnage, par contre, lui, est plus flou et beaucoup moins connu du public. A ce jour, rare sont ceux qui peuvent prétendre l’avoir très bien connu.

Il faut dire qu’il n’était pas toujours très facile. Une de ses grandes qualités mais fortement  redoutée par beaucoup : il avait son franc-parler, ne mettait pas d’eau dans son vin, ni ne prenait de pincettes pour dire ce qu’il avait à exprimer. Les musiciens le craignaient tous un peu. « Attention, que va-t-il dire maintenant » m’avait rétorqué, inquiet, un jour, Hank Jones, à cause de l’état pas très bon du vibraphone sur lequel il allait jouer. Même ses plus vieux potes de toujours n’étaient pas forcément toujours rassurés. « Quand il a quelque chose à te dire, il ne va pas par quatre chemins, que tu sois le pape ou le concierge de l’immeuble : il te regarde droit dans les yeux et il te le balance sans détour. S’il a envie de te dire : « F..k You », il va te le lancer sans à-priori et sans gêne, comme ça. Et puis, ensuite, tu te débrouilles avec le reste ! » m’avait raconté un jour Ray Brown en écoutant un cd où notre vibraphoniste n’était pas du tout content avec le pianiste de la séance. « Il me prit à part dans un coin du studio et me dit : « Plus jamais ce pianiste avec moi. ni pour une séance d’enregistrement ni pour aucun concert ! C’est clair ??!! ». « Je peux te dire que je ne faisais pas le malin ce jour-là, crois-moi !» Venant de Ray Brown lui-même, cela en disait long sur le personnage parfois pas tendre qu’était notre vibraphoniste …

Il avait aussi ses têtes et il en jouait avec délectation parfois. Il me disait : «Tu vois, lui, on va le chauffer un peu ! Tu vas voir comment je fais ! ». Alors, on riait beaucoup.

Ceci mis à part, Milt Jackson était une personne qui pouvait être très gentille, très drôle et super « cool » avec tout le monde qui l’entourait. Il aimait très volontiers parler de musique,  de ce qu’il avait connu et réalisé, le tout avec grande humilité, réalité et disponibilité (à l’inverse de certains de ses pairs tels que Benny Carter, Ray Brown, Kenny Clarke, JJ Johnson ou Joe Pass, qui, eux, affirmaient avoir déjà tout raconté sur leur vie et qu’il n’y avait plus rien à rajouter. Ils refusaient pratiquement tout interview).

Ses réflexions et anecdotes viennent de nos différentes conversations réalisées durant l’été 1999, alors qu’il tournait en Europe avec le pianiste Mike Ledonne, le bassiste français Pierre Boussaguet et son inséparable batteur Mickey Roker.

« Ce que peu de gens savent, c’est que j’ai débuté la musique avec le Classique. Au lycée, j’ai été le premier tymbalier de l’orchestre symphonique dans lequel je jouais. J’ai aussi joué du violon puis de la guitare, du marimba, de la batterie et du piano. Puis mes premiers jobs furent  en tant que chanteur-guitariste avec mon frère aîné dans les églises. Nous jouions et chantions du Gospel. Mon père m’a alors dit : « Ne cours pas plusieurs lièvres à la fois car tu n’en auras aucun ! Concentre-toi sur un instrument et fais-le bien ! ». Cette phrase ne m’a jamais plus quittée jusqu’à ce jour. Le Gospel et le Blues sont mes racines et jamais je peux me départir de ça. D’ailleurs, sans ces 2 ingrédients, pas de Jazz. C’est simple ! ».

Pourquoi avoir choisi le vibraphone?

« Je l’ai découvert toujours au même lycée dont je parle. J’étais donc chanteur l’époque. Ce qui m’a fasciné, c’est que l’on pouvait ajuster, avec une manette de contrôle, la vitesse du vibrato du vibraphone sur celui de ma voix. Alors j’ai tout laisser tomber pour me consacrer qu’à cet instrument ! En plus, qui en jouait à l’époque ? Lionel Hampton, Red Norvo, des stars c’est vrai mais il y avait également Adrian Rollini, qui, lui, jouait avec son trio dans les hôtels. Il faut rajouter Kenny Clarke qui en a un tout petit peu joué … mais pas vraiment en fait. Donc cela me laissait une belle marge pour faire quelque chose. »

Je lui ai fait remarquer qu’il tombait « à pic » en 1945 avec la venue du Be-Bop.

« Oh oui, une sacrée chance d’être là au tout début quand Dizzy forma son nouveau groupe avec Charlie Parker, Ray Brown, Kenny Clarke et Thelonious Monk, qui fut le tout premier pianiste du groupe et du big band. Je tiens à le dire car tout le monde pense que c’était John Lewis. Mais Parker, pas fiable, c’est Lucky Thompson qui prit sa place par la suite. Pour des raisons de compatibilité et autres problèmes, Monk fut remplacé ensuite par John (Lewis). La rythmique, ainsi que moi-même, aimions beaucoup jouer ensemble. Ca fonctionnait du tonnerre entre nous. Alors John et moi-même avons décidé de former cette petite formation à travers le big band (de Dizzy). On l’a appelé le Milt Jackson quartet. Mais lorsque John eu son diplôme de la « Manhattan School of Music », il ne voulait plus être un « sideman ». Et moi, je ne voulais pas être le sien non plus. Alors, nous avons dû trouver un compromis et c’est comme ça que l’on a rebaptisé le groupe le « Modern Jazz Quartet ».

Ce dernier trouva alors très vite sa voix -unique- :  « John avait un plan mais, à l’époque, nous ne le savions pas. Il a commencé à écrire et arranger des thèmes et d’y intégrer, par-ci et par-là, des influences de Bach et de musique classique, complexe parfois. Kenny Clarke, ne voyant pas la musique de cette manière, décida de quitter le groupe en 1955. »

Mais qu’elles étaient les convictions de notre vibraphoniste à l’époque, en matière musicale ? « Et bien, j’ose le dire aujourd’hui, je n’avais pas vu le vent ni venir, ni tourner ensuite. Ray (Brown) et Kenny (Clarke) m’avaient dit que le groupe deviendrait celui de John, avec toutes ses idées, ses conceptions et son répertoire. Je suis simplement resté car j’ai pris ça comme un défi : jouer une musique différente de tout ce qui avait été fait auparavant ».

Est-ce que cela te plaisait?

« Je ne peux pas le dire vraiment … Pour être franc, je ne le sais pas … La seule chose est que si j’avais su à l’époque ce que je sais maintenant, c’est clair que je ne serais jamais resté dans le groupe ! Oh que non ! Je serais parti aussi! »

(Je dois tout de même souligner la grande honnêteté et la totale franchise de « Jackson » (1) sur ce point important et crucial de sa carrière.)

« Mais John m’a beaucoup appris en matière de musique classique car il en connaissait un sacré rayon par rapport à moi ».

Notre homme avait la totale liberté de jouer avec d’autres musiciens.

« Oui, en fait, comme c’était John qui trouvait tout le répertoire, ça lui prenait tout son temps. Alors, de mon côté, j’ai pu jouer avec qui je voulais et je m’amusais comme un fou ».

Quels souvenirs garde-t-il de Monk et de Miles?

« Avec Monk, j’ai appris à reconstruire un thème avec des erreurs voulues pour qu’elles deviennent partie intégrante du morceau ! Très spécial ce point de vue non ? Tu deviens nettement meilleur musicien et cela m’a énormément apporté ! Avec ça, plus possible de se « casser la gueule », tu comprends ? Avec Miles, c’était la respiration des phrases et des notes dans un contexte donné. Il était incroyable pour ça! »

Et la fameuse séance Prestige de Noël 1954 avec les deux ensembles?

« Un souvenir fantastique bien sûr ! » Et les fameux longs silences de Monk ? « Ah ha ! Tout le monde a raconté la sienne à ce sujet. Monk et Miles possédaient 2 univers musicaux différents et chacun voulait montrer à l’autre que ceci était mieux que cela. Miles montrait des trucs au piano à Monk … Donc il y avait quelques petites divergences. Mais tu sais, Monk faisait souvent ça : s’arrêter de jouer au milieu d’une phrase et de laisser les silences s’installer pendant de nombreuses mesures. D’ailleurs, cela n’a pas déstabilisé ni Percy ni Kenny car ils jouaient souvent avec Monk. Ils avaient l’habitude. Par contre, Miles, lui, a paniqué … on peut comprendre …Moi, je me marrais dans mon coin.

Tu sais, Count Basie faisait aussi des choses inattendues : il doublait, voire triplait le tempo pour tester les bassistes. Il a fait le coup aussi à Ray Brown mais Ray a démarré au quart de tour et Basie l’a surnommé « l’invincible démon » ! (5) D’ailleurs, j’ai toujours pensé que Monk et Basie étaient proches dans la façon de phraser, de rythmer et de jouer le Blues ».

(Comparaisons à étudier très attentivement car, après écoutes, j’ai bel et bien trouvé qu’il avait totalement raison.)

« Jackson » pouvait former les groupes qu’il désirait en dehors de l’agenda assez chargé du « Modern Jazz Quartet ».

« J’adore jouer en quartet, c’est mon truc : avoir une section rythmique avec moi. Je voulais absolument rejouer avec Hank Jones car nous ne l’avions pas fait depuis des décennies. Récemment, nous nous sommes retrouvés et avons parcouru le monde entier. Ce fut le pied géant ! (2)  J’aime aussi beaucoup jouer avec le grand ténor Teddy Edwards. C’est un de mes saxes favoris, qui n’a d’ailleurs pas la renommée qu’il devrait. Je demande souvent au pianiste Cedar Walton de venir avec moi car il est vraiment formidable : un grand pianiste. Je veux m’amuser avec les musiciens que j’aime.»

Sa rencontre et collaboration avec Ray Brown remonte à ses tous débuts.

« Oh, avec Ray, nous avons fait et -faisons toujours- les 400'000 coups ensembles ! Nous avons toujours été très complices et ceci pour tout, le bon comme le mauvais. Nous sommes des frères siamois en quelque sorte ! Outre qu’il est Le bassiste de Jazz au monde, il s’occupe des contrats, de l’argent et de tout le reste. Presque chaque année, il monte un quartet ou quintet et nous partons en tournées. Ce sont toujours des moments de pure joie et de bonheur d’être avec lui.

D’ailleurs, je voulais dire qu’il est aussi responsable des retrouvailles du MJQ. C’est lui qui a organisé ce concert au Japon en 1981 pour nous et qui fut notre manager/producteur. Norman Granz nous as permis de ré-enregistrer grâce à son label Pablo mais n’a rien eu avoir ni avec les concerts, ni avec la promotion du groupe à cette époque. C’est Ray qui a fait tout le travail. C’était amusant car, dans tous les aéroports où nous arrivions, le organisateurs pensaient qu’il y aurait 2 bassistes cette fois, comme changement. Mais ils étaient déçus de voir que Ray n’avait pas de contrebasse. Il leur disait qu’il n’allait pas jouer mais s’occuper du groupe uniquement en tant que manager. Il est arrivé, quelques fois, pour un rappel, que Percy lui demande de jouer un morceau avec nous mais jamais Ray n’aurait pris la place de Percy. Il a beaucoup trop de respect pour lui ».

Et Dizzy Gillespie?

« Et bien Ray et moi avions l’habitude sans cesse de lui poser toutes les questions possibles sur la musique. Dizzy, qui était un tout grand professeur, nous expliquait tout et nous le démontrait de suite au piano. Ensuite, il nous faisait jouer tous ces trucs pour que nous les comprenions parfaitement. Une sacrée école pour nous les petits nouveaux de l’époque. Nous avons appris une grande partie de notre métier, musical et privé grâce à lui ! C’était lui le moteur de tout : du big band, du sextet, du quintet et de nous tous ! Charlie Parker lui, n’était pas pédagogue pour un sou. Il fallait l’écouter et puiser dans sa musique mais jamais lui demander quoi que ce soit. Il en était incapable d’ailleurs ».

Je lui parle aussi de son court passage dans l’orchestre de Woody Herman en 1949-1950. « Ben ça, pratiquement personne ne s’en souvient, c’est vrai … Ce fut une très belle expérience. Woody était vraiment un tout grand chef mais pas un de ces mauvais chefs horribles comme vous pouvez en rencontrer si souvent dans votre vie. Non ! Un homme magnifique.

En parlant de big band, j’ai aussi eu l’occasion de jouer et d’enregistrer avec une de mes idoles, Count Basie. Un des grands moments de ma vie. Nous avons fait 2 albums avec son big band en 1978. Nous sommes arrivés en studio à 13h00 et à 16h30, on rentrait tous à la maison ! Le 90 % des titres furent que des premières prises ! Incroyable non, quand tu dis ça aux jeunes de nos jours ? Basie écoutait et il disait :  « OK, super, au suivant » et hop, tout était parfait. Norman Granz a dit que c’était la séance en big band la plus courte qu’il n’ait jamais produite. En plus, il ne faut pas l’oublier : il y a 2 volumes! »

Quand je pense à Milt Jackson, les mots « improvisation » et « feeling » arrivent immédiatement à mon esprit. Comme il ne joue jamais les mêmes phrases et que ses improvisations sont toujours aussi brillantes, je lui demandai s’il avait un truc particulier:

« Non, la seule chose que je peux dire, c’est que, comme je ne sais pas ce que j’ai joué hier soir, ni ce que je vais jouer ce soir, ça peut aider à une possible explication …

Quand au « feeling », ça, c’est autre chose … Mon but est de toucher les gens dans ce que je joue, chose que la jeune génération a très fortement oublié. On dirait qu’ils jouent pour eux-mêmes. Mais en fait, c’est bien le public qui paye pour venir vous voir et vous écouter, et qui  achète vos disques. Ils viennent une fois et s’ils ne sont pas satisfaits, ils ne reviendront pas de si tôt pour une éventuelle deuxième (fois). Moi, je veux émouvoir le public avant de rentrer chez moi, leur raconter des histoires et surtout, d’être vrai, c’est à dire moi-même. »

Et l’argent, dans le Jazz, cela signifie quoi pour toi?

«Et bien, il n’y en a pas ! Le Jazz est une musique des plus créatrices qui soit mais qui ne génère pas d’argent. C’est pour ça que j’ai quitté le MJQ en 1974. On aurait dû, avec la grande renommée que l’on avait, gagner pas mal d’argent. Et bien pas du tout, c’était plutôt bien mince … Même maintenant, les choses devraient  être bien meilleures que ce qu’elles sont! »

Tu as essayé de faire de la musique commerciale … (3)

« Ah, hummm, ce « foutu » album avec Ray Brown, qui fut le producteur exécutif, intitulé « Memphis Jackson » ? Musicalement, ce fut un vrai désastre et je déteste cet album. Il a remporté tout de même un « Grammy Award ». J’espère qu’ils ont perdu les bandes pour ne jamais le rééditer celui-là ! Horrible ! Et si cet album a fait de l’argent, je n’en ai pas touché un seul centime ! Dégoûté et peu fier de moi, je suis retourné là où je suis le plus à l’aise. C’était mieux ainsi ».

Concernant la jeune génération, il est plutôt confiant mais avec un bémol.

« Oui, il y a des jeunes lions qui sont excellents. Nous, les papys, avons un devoir capital : c’est de les aiguiller pour être sûr qu’ils prennent le bon chemin et leur expliquer ce que l’on sait. Le passage du flambeau, comme l’ont fait en leur temps Louis Armstrong, Duke, Basie, Hawkins, Roy Eldridge …  Mais, je dois dire qu’aujourd’hui, je ne m’enthousiasme pas énormément car il est difficile de trouver et d’entendre quelque chose d’intéressant venant de la jeune génération actuellement. Ayant côtoyé les meilleurs artistes au monde, il est vrai que l’on devient très … très exigeant. Mais la roue tourne et j’ai confiance ! Je suis à l’affût des nouveaux talents. Comme vibraphonistes, nous avons le tout jeune Stefon Harris qui monte en flèche, ainsi que Jay Hoggard et Steve Nelson, que j’aime beaucoup.»

Lors d’une interview de John Lewis pour un magazine français, je lui faisais remarquer que John disait qu’il y avait une cassure entre les anciens et beaucoup des jeunes musiciens d’aujourd’hui.

« Oui, je pense exactement comme John. Il a raison. Nos jeunes ne font pas comme nous faisions à l’époque avec nos maîtres parce qu’ils ne savent pas ce que nous faisons, d’où nous venons. Il faut vraiment écouter très attentivement pour essayer de comprendre. On ne peut pas dire connaître le sujet en écoutant un ou deux cd’s. Non, impossible. Si vous êtes jeune et que vous apprenez, vous devez vraiment bien étudier le tout pour vous faire une opinion réelle et juste. Et de connaître tout ce qui s’est fait avant vous. Sinon, c’est de la foutaise et de l’arnaque! »

A la mort de Connie Kay en 1995, le groupe a respecté ses engagements et c’est Mickey Roker qui le remplaça . « Mais John ne l’aimait pas du tout. Je ne comprends pas pourquoi car Mickey est un des meilleurs batteurs « swinguant » qui existe. Maintenant, je tourne toujours avec mon quartet partout où je peux. Je m’amuse. Je pense toujours que le « Be-Bop » est une musique des plus difficile qui soit à jouer. Tu sais, pour arriver à essayer de jouer les phrases de Parker et de Dizzy, j’ai travaillé très, très dur et pendant longtemps ! 18 heures par jour mon vieux ! J’en ai bavé mais je pense que je ne m’en suis pas trop mal tiré. »

Pourrais-tu me dire quels sont tes albums favoris?

« Oh ho !!! C’est trop difficile à dire … Je ne sais pas … J’aime les albums que j’ai fait avec Oscar (Peterson) et Ray (Brown) (A), celui avec Wes (Montgomery) (B), ceux avec Basie (C), l’album avec Hank Jones « Opus De Funk » (1), le concert de Tokyo avec Ray (Brown), Cedar (Walton), Billy Higgins et Teddy Edwards (D), celui avec Coltrane (E), ceux avec Ray Charles (F) aussi. Un autre que j’adore est celui avec Ray (Brown), Mickey (Roker) et Joe (Pass) où nous jouons la musique de Duke Ellington sur le label Pablo (G). On s’est régalé à le faire celui-là. Et puis, il y a 5 ans, pour le label de Quincy Jones, Qwest Records : « Reverence & Compassion » où le bassiste John Clayton a écrit tous les arrangements et a conduit cet orchestre magnifique. Celui-là est fameux à mon avis. (H) Et puis, toutes les faces avec Dizzy, Parker et Monk bien sûr ! (I)

A ton âge, qu’est-ce qui te fait encore avancer, vivre?

« C’est tout simple : la musique. Tu ne sauras jamais tout en musique et particulièrement en Jazz. Ton âge ou le temps depuis que tu le pratiques ne joue aucun rôle car il y a toujours quelque chose de nouveau à apprendre et à paufiner. C’est ce que j’aime. Je peux prendre la musique, la tourner, l’inverser, la réarranger, presque la détruire -pourquoi pas ?- si je veux. C’est simple : on peut tout faire avec. »

« Jackson » m’avait confié qu’il était entrain d’écrire un livre sur sa vie qui s’appellerait tout simplement : « Bag’s Groove ». Le titre était servi sur un plateau d’argent ! Mais, quelques semaines plus tard, en octobre 1999, il nous quittait.

Jusqu’au bout, il aura été au top de sa forme et fidèle à ses racines qu’étaient le Gospel et le Blues. Il est et restera, à jamais et sans contestation aucune, une des plus grandes figures de la musique afro-américaine de tous les temps. Un tout grand Maître, comme il y en a très peu.

Le titre d’un morceau, composé pour lui par son vieux pote de toujours, Ray Brown, le résumait à merveille : « Used To Be Jackson » (4).


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Notes

1) « Jackson » : c’est de cette manière que Ray Brown et moi-mêmes l’aimions l’appeler, avec son accord bien entendu.

2) leur seul enregistrement et dernière collaboration datait de 1955 ! L’album, intitulé  « Opus de Funk », un grand classique, est réédité en cd : Savoy SV 109.

3) album pour « Impulse » réalisé en 1969. Quand on lit le personnel et les arrangeurs, on se dit que cela sera un chef d’œuvre incontournable. Puis, on observe les titres (tels que « Uh Huh » ou « Braddock Breakdown », et on se dit que c’est bizarre … Ensuite, on écoute. Puis on pense que c’est une pure blague, qu’ils n’ont pas osé le faire ! Et pourtant, ce fut bien la réalité. D’ailleurs, votre serviteur n’a jamais pu avoir aucune signature de nos hommes sur ce lp. A chaque fois, c’était une polémique sans fin. Alors, je me moquais d’eux. Mais, même après toutes ces années, ils ne le prenaient pas ainsi (pas à la rigolade du tout). Cet album n’a pourtant jamais été réédité à ce jour, ni en lp, ni en cd. Un vrai  « collector » donc pour les fouineurs et collectionneurs seulement ...

4) Cette composition fait partie du très bel album nommé : «It Don’t Mean A Thing », OJCCD 601-2, (1984), avec Jackson, Ray Brown, Cedar Walton et Mickey Roker.

5) Dans le titre "Trio Blues" à Montreux 1977 avec Basie, Ray Brown, Jimmie Smith: "Count Basie Jam" OJCCD 379-2.

Discographie sélective de Milt Jackson (sous son nom)
Référons-nous aux albums mentionnés par Milt lui-même

(A
- Oscar Peterson Trio & Milt Jackson  « Very Tall » (1961) Verve 827821-2.
- Oscar Peterson/Milt Jackson/Ray Brown/Louis Hayes  « Reunion Blues » (1972). MPS/Universal 982701-2.
- Milt Jackson/Oscar Peterson/Ray Brown/Grady Tate « Ain’t But A Few Of Us Left ». (1981) OJCCD 785-2.
- Milt Jackson/Oscar Peterson/Ray Brown  « The Very Tall Band » (1998) Telarc 83443.

(B)
- Milt Jackson and Wes Montgomery : « Bags meets Wes » (1961) OJCCD 234-2.

(C )
- Milt Jackson + Count Basie + The Big Band Vol.1 + Vol. 2 (1978). OJCCD 740 + OJCCD 741.
- Count Basie  « The Kansas City 5 » (1977) OJCCD 888.

(D)
- Milt Jackson/Ray Brown « At The Kosei Nenkin » (1976) PACD 2620-103-2 (2 cd’s).

(E)
- Milt Jackson/John Coltrane  « Bags and Trane » (1960) Warner 812 273682-2.

(F)
- Ray Charles/Milt Jackson  « Soul Brothers » (1957-1959) Warner 756 781951-2
(2 cd’s).

(G)
- Milt Jackson/Ray Brown/Mickey Roker/Joe Pass : « The Duke Ellington Album: All Too Soon » (1980) OJCCD 450.

(H)
- Milt Jackson  « Reverence and Compassion » (1993) Qwest/Warner 9362-45204-2.

(I)
- Dizzy Gillespie  « Shaw Nuff » (1945-1946)  Musicraft 70053-2.
-
Milt Jackson  « Wizard Of Vibes » (1948-1952)  Blue Note 32140 (séances avec Monk).
-
Thelonious Monk  « Genius Of Modern Music Vol. 2 » (1952) Blue Note 32139.

Sheet music by Milt Jackson.

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