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West Coast All Stars
Biographie, CDs, DVD, photos

Article du 15 octobre 2005 par "Beethoven", Jean-Michel Reisser
 

DVD West Coast All Stars « Jazz Open Stuttgart 2001» TDK 10 5149 9 DV-JWCAS: Conte Candoli (tp), Carl Fontana (tb), Teddy Edwards (ténor), Pete Jolly (p), Chuck Berghofer (basse), Joe Labarbera (bat). Commandez le DVD chez Amazon.de ou Amazon.com.

Réunion de vieux copains et légendes du Jazz californien depuis des décennies, ce DVD est vraiment fort bien venu. Votre serviteur s’est rendu compte que, finalement, il n’y a pas beaucoup de documents filmés de ces géants qui ont fait l’Histoire et qui ont bercé nos jeunes (et moins jeunes) années. Enregistré à Stuttgart, Allemagne, ce concert est fort bien enregistré et filmé de manière superbe. Très bonne note supplémentaire: on a le choix entre 3 formats de son différents.

Les thèmes sont des classiques très connus tels que «Four», «Bernie’s Tune» mais aussi des originaux mettant en valeur nos vaillants et saillants compères.

«Secret Passion» est une belle composition (bossa) de Conte qui, décidément, à la fin de sa vie, était encore meilleur qu’auparavant! Il n’avait rien perdu de sa sonorité, attaque sèche et précise des notes, un phrasé qui fait rappeler «Sweets» Edison et Dizzy. Un des tout grands de la trompette, sans équivoque.. Pas une fausse note, aucun «pin» à côté … A 75 ans, c’est top Monsieur le Conte ! Un tour de force.

Conte Candoli est né le 17 juillet 1927 à Indiana. D’origine italienne, il est le frère cadet de Pete, qui lui enseigne les rudiments de musique. Il débute à l’âge de 15 ans ! chez Woody Herman. Il le quitte en 1945. Il joue en 1947 l’orchestre du bassiste Chubby Jackson et effectue sa première tournée européenne. Il joue avec Stan Kenton en 1948, puis Woody Herman à nouveau, Charlie Barnet puis retourne chez Kenton en 1952. Dès 1954, il se fixe en californie et devient musicien en studio et continue à se produire et à enregistrer très abondamment en tant que Jazzman. Il repars en tournée avec Gerry Mulligan en 1960, joue régulièrement avec Shelly Manne «and his Men», Il retrouve Stan Kenton en 1970 et co-fonde le groupe «SuperSax » en 1972. On le voit partout toujours en Californie mais vient régulièrement en Europe également avec Shorty Rogers, Bud Shank, et le groupe de ce DVD. Influencé par Dizzy Gillespie, Trop malheureusement encore méconnu, Conte est un des plus grands trompettistes de sa génération. Il est l’un des tout premiers à jouer «Be-Bop». Attaque franche, superbe sonorité dans tous les registres de l’instrument, improvisateur hors-pair, musicien de studio et lecteur redoutable, il est l’un des musiciens qui a le plus joué et enregistré. Il décède à Los Angelès le 14 décembre 2001.

«Diabolo’s Dance» est un hommage a un autre grand, Shorty Rogers (le compositeur). Interprété par le super trio du non moins grand pianiste Pete Jolly qui nous montre, lui aussi, qu’il n’avait rien perdu de son grand talent, à passé 70 ans. On entend chez lui des réminiscences de Bud Powell et d’Oscar (Peterson) bien sûr. Mais Pete possédait un son et un style reconnaissable entre tous ! Le bassiste Chuck Berghofer nous montre que l’on peut être technique, mélodique, inspiré et concis sur un tempo rapide et pas facile à jouer en trio de cette manière. Un magnifique batteur à écouter avec grande attention tout au long de ce concert : Pat Labarbera. Un vrai festival de musicalité, d’à-propos, de swing et de goût ! Shelly Manne doit être très être fier et heureux ...

Pete Jolly est né le 5 juin 1932 dans le Connecticut. Son père, enseignant et accordéoniste, lui apprend la musique dès l’âge de 4 ans. A 9 ans, il se met au piano. Dès 1952, il s’installe en Californie et joue avec tous les musiciens de là-bas et participe à de nombreuses séances. Il devient un des musiciens les plus demandés dans les studios. Henri Mancini fait souvent appel à lui. Mais il n’oublie pas le Jazz et enregistre des séances en trio dans les années 50 et 60. Il vient quelque fois en Europe dans les années 90.

Influencé par Bud Powell, il possède son propre style où la tendresse dans son jeu mais aussi ses traits de virtuosité fulgurants font apparaître en remarquable pianiste tout terrain, aussi bien à l’aise en solo, trio, quartet qu’en big band. Un grand pianiste trop mésestimé. Il décède à Los Angeles le 16 novembre 2004.

« Lover Man » est un solo de Teddy Edwards. Tout y est : un son sans pareil, technique intacte, inspiration juvénile incroyable … On ne peut que dire « wouaw » et « bravo » M. Edwards! Le public l’ovationne d’ailleurs.

Teddy Edwards est né le 26 avril 1924 dans le Mississippi. Il commence à jouer très jeune dans des groupes locaux de l’alto. En 1940 il se trouve à Detroit où il fait la connaissance de deux tout grands, l’altiste Sonny Stitt et le ténor Wardell Gray. Il voyage beaucoup au sein d’un groupe de Blues et arrive à Los Angelès où le trompettiste Howard McGhee l’engage. C’est à cette époque qu’il opte pour le ténor. Il rencontre alors, en 1946, dans cette même ville, Charlie Parker, Dizzy Gillespie, Milt Jackson et Ray Brown, qui l’impressionnent beaucoup. En 1947, il enregistre le fameux duo de ténors avec Dexter Gordon. Il joue alors avec tous les musiciens de la « West Coast » et devient une star là-bas. Il devient le ténor du légendaire groupe de Clifford Brown-Max Roach en 1954. Après une éclipse, il revient sur la scène en 1959 en quartet et grave quelques fantastiques albums pour les label «Pacific Jazz» et «Contemporary» avec Howard McGhee,
Ray Brown (article en anglais), Phineas Newborn, Shelly Manne etc … Il joue aussi beaucoup avec le Gérald Wilson big band durant les années 60 et devient également un arrangeur/compositeur prisé dans les studios. Il voyage à nouveau pas mal dans les années 70 au sein du quintet de Milt Jackson et Ray Brown, avec lesquels il enregistre quelques superbes albums. Il enregistre avec Tom Waits (article en allemand) en 1984. Il effectue des tournées dans le monde entier sous son nom ou toujours avec Ray Brown régulièrement, grave entre autres un remarquable album en trio avec le bassiste Christian McBride et Billy Higgins en 1993. Il grave un dernier enregistrement en France en 2002 avec le magnifique groupe du ténor français Claude Tissendier. Encore très actif, il meurt à Los Angeles le 11 mai 2003.

Gros son, joueur de Blues incomparable, tout aussi bien que dans les balades ou sur les tempi rapides, Teddy Edwards possède une technique hors pair du ténor, au style à la fois agressif et sensuel. Sonny Rollins et John Coltrane revendiquent avec ferveur que Teddy les as profondément influencés. Il est certainement le premier ténor « Be Bop » de la « West Coast ». Un des tout grands mais encore fort sous-estimé.

Un des plus grands trombonistes de tous les temps, Carl Fontana, lui également, joue ici de manière renversante. Il interprète un morceau peu joué mais fort intéressant, «If I Only Had A Brain». Carl, tout comme son autre confrère Frank Rosolino, avait un humour - drôle - à tout épreuve. C’est bien le cas ici car, en interprétant ce thème, il faisait un beau pied de nez à la maladie qui le rongeait : l’Allzeimer. On voit d’ailleurs que Conte Candoli se trouve toujours à ses côtés, lui parle, le cherche parfois au fond de la scène … Mais dès qu’il embouche son trombone, tout disparaît. Incroyable. A relever, un remarquable solo de Pete Jolly dans ce titre.

Carl Fontana est né le 28 juillet 1928 en Californie. Son père, saxophoniste, lui inculque les premiers rudiments de la musique et le fait jouer tout jeune dans l’orchestre de danse qu’il dirige.  Diplômé en 1950 de la Louisiana State University à Baton Rouge, il rejoint le big band de Woody Herman cette année-là. Il joue ensuite avec Lionel Hampton en 1954, Stan Kenton en 1955 et forme un quartet de trombones avec Kay Winding en 1956. Il s’installe à Las Vegas en 1958 et travaille dans toutes sortes de shows qui accompagnent toutes les grandes vedettes américaines et européennes de l’époque. Il joue ensuite avec Benny Goodman en 1966, puis rejoint à nouveau Woody Herman. En 1975, il co-dirige avec le batteur Jake Hanna un quintet. Puis il tourne régulièrement avec le «World Greatest Jazz Band» où il devient le directeur musical au début des années 80. On le voit souvent en Europe jusqu’à la fin de sa vie dans diverses formations telles que les «West Coast Giants».

Son extraordinaire virtuosité n’a d’égale que celle de Frank Rosolino (amis et partenaires réguliers). Il est capable des phrases les plus folles et les plus rapides mais aussi d’une tendresse rare, douce et lisse à souhait. Jamais Carl n’utilise sa technique pour cacher un manque quelconque. Son improvisation n’est jamais surchargée : elle est plutôt sobre et cohérente à souhait. Un tout Maître de cet instrument, toutes catégories confondues!

«Old Folks» met en valeur Chuck Berghofer. Issue de l’école Pettiford et Brown, on peut se rendre compte qu’il en est un des meilleurs héritier. Pas d’esbroufe, musicalité magnifique et inspiration totale. Cela fera plaisir à mon ami Yvan Fournier : son solo ne dure que 4 minutes, mais tout y est dit ! Une leçon pour tous les jeunes de l’instrument qui ont tendance à trop en faire … et ils sont Fort ! nombreux …

On ne peut pas croire que 4 des 6 musiciens nous ont quitté peu de temps après ce concert. Ils étaient tous en si grande forme …  Nos « papys» possédaient une pêche incroyable. Une mention tout spéciale va au trio qui, vraiment, joue formidablement bien tout au long de ce concert, que cela soit en tant qu’accompagnateur ou soliste (encore dans «Walkin’» qui termine le programme.) Dans le jargon des musiciens, on dit : «It cooked like a devil» («le trio chauffait comme en sacré beau diable!»).

Un bien beau concert (complet de 90 mn). Superbe document et leçon de musique!

 


Conte Candoli and Friends: Coast to Coast (Best of). Juin 2005. Commandez le CD chez Amazon.fr.


Conte Candoli: conte-nuity (Best of). Juin 2004. Commandez ce CD chez Amazon.fr.





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