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Bayrou
reste neutre
La France avant le deuxième tour de l'élection présidentielle
Ajouté le 3 mai 2007
Bayrou ne reste pas vraiment
neutre. Selon Le Monde, à l'issue du
débat Royal - Sarkozy, Bayrou affirme qu'il ne votera pas pour Sarkozy, sans
pour autant soutenir Royal.
Article du 25 avril 2007
La plupart des observateurs l'attendait,
le 25 avril 2007 à 15 heures 30, François Bayrou a préféré ne pas donner de
consigne de vote pour le deuxième tour de l'élection présidentielle du 6 mai
2007. Il ne veut pas s'aliéner une partie des 18,6% qui ont voté pour lui au premier
tour, car il compte créer un nouveau parti centriste, qu'il propose de baptiser
Parti démocrate.
Bayrou a beau nous raconter que 2007 marque la naissance d'un nouveau centre,
les observateurs qui n'ont pas la mémoire trop courte se rappellent
qu'Alain Poher avait recueilli 23,3% des voix lors de l'élection présidentielle de
1969, soutenu par la droite non-gaulliste et les socialistes. Valéry Giscard
d'Estaing a même gagné l'élection présidentielle de 1974 et Raymond Barre a été
un premier ministre du centre, pour ne citer que quelques personnages. Donc les
18,6% du 22 avril 2007 ne représentent pas un événement historique de la Ve
République. Au contraire, ce chiffre correspond à un socle d'électeurs qui ne se
voient ni de gauche, ni de droite.
Après les virulentes attaques contre Nicolas Sarkozy, Bayrou ne pouvait se
réintégrer la droite son perdre la face. Sarkozy, à l'issue du premier tour, a
ouvert ses bras aux élus de l'UDF prêts au suivre son appel au rassemblement,
mais il reste froid envers leur chef.
Dans un entretien avec Le Monde, Nicolas Sarkozy précise bien que c'est
lui, "le candidat du mouvement alors que Ségolène Royal veut le statu quo." Il
dit clairment que "tout élu de l'UDF qui soutiendra ma candidature, avant le 6
mai, sera dans la majorité présidentielle et recevra l'investiture de cette
majorité [...]. Je vais plus loin: ceux qui viendront de la gauche dans le cadre
d'un contrat de gouvernement y auront également leur place." Ensuite il donne
des détails au sujet de son programme. Affaire à suivre, surtout considérant que
Bayrou reste ouvert à d'éventuels mouvements dans sa direction des deux
candidats avant le deuxième tour.
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Ségolène Royal ne fait pas le poids. Au sein même du PS, la plupart des dirigeants
hauts placés partageaient cette opinion avant qu'elle ne soit choisie comme
candidate officielle. Aujourd'hui, les girouettes ont beau nous raconter le
contraire, des doutes subsistent, preuve le résultat flamboyant de Bayrou.
Si Bayrou aurait choisi de soutenir Royal, cela aurait fait sens dans la mesure
où une bonne partie de ses électeurs sont venus de la gauche, mais il aurait
trahi ses idées du centre, car le résultat aurait été un rassemblement sur la
gauche de l'échiquier politique, rien de plus.
Nicolas Sarkozy a été virulemment attaqué sur ses positions au sujet de
l'immigration et du crime. L'un des rares mérites de Jacques Chirac a été de ne
jamais faire de compromis avec Le Pen. Mais il n'a pas su le contenir. Sarkozy,
sans faire une alliance avec le FN, a su le combattre. Mitterrand, sur la
gauche, a été moins scrupuleux dans les années 1980 à intégrer les communistes
dans sans gouvernement, pour ensuite les phagocyter.
Sarkozy a été le premier depuis un quart de siècle à pouvoir faire régresser le
FN. A-t-il suspendu les libertés républicaines? Sommes-nous en train de vivre un
appel hystérique à plus de sécurité de sa part, entravant partiellement des
libertés fondamentales comme Bush et son gouvernement l'ont fait aux Etats-Unis? Non.
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