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Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal au deuxième tour
Pas de surprise lors du
premier tour de l'élection présidentielle 2007 en France
Ajouté le 23 avril 2007
Les résultats officiels de
premier tour: Sarkozy 31,1%, Royal 25,8%, Bayrou 18,6%, Le Pen 10,5%.
Article du 22 avril 2007
Pour une fois, les Français n'ont
pas créé de surprise: les favoris
Ségolène Royal et
Nicolas Sarkozy sortent vainqueurs du
premier tour de l'élection présidentielle 2007.
Selon les estimations du soir du 22 avril,
Nicolas Sarkozy arrive en tête avec
29,8% des
voix devant
Ségolène Royal avec 25,6%.
François Bayrou avec 18,5% et Jean-Marie Le
Pen avec 11,3% n'ont pas réussi à créer la surprise.
Les candidats ne nous ont rien épargné. D'abord les interminables Ségolènades.
Puis vers la fin de sa campagne, dans sa vidéo Désirs d'avenir,
Ségolène Royal a fait sa révérence à François Mitterrand. La même candidate qui, il n'y a
pas très longtemps, à louer les mérites économiques de Tony Blair et du New Labour,
nous montre son vrai visage de socialiste. Ceux qui n'ont pas la mémoire trop
courte se rappellent que le président Mitterrand, arrivé au pouvoir grâce au soutien
des communistes, avait voulu étatiser les banques. Chers Français, le communisme et
le socialisme ne marchent pas et la social-démocratie s'est avérée une pente
glissante vers le socialisme. Réveillez-vous!
L'appel de
Ségolène Royal aux femmes à voter pour elle juste parce qu'elle
est une femme est pitoyable et contraire à la tradition républicaine de la
France qui traite tous les citoyens comme égaux, indépendamment de la "race", de
la religion ou du sexe.
Sarkozy est plus sage en répondant qu'il n'a pas de message particulier pour les femmes.
Il y a à peu près deux années, une amie suisse vivant à Paris s'est indignée
du fait qu'il ne lui restait que très peu d'argent d'un travail - qui semblait
pourtant bien rémunéré - qu'elle avait réalisé en tant qu'indépendante. Les
charges sociales et les impôts sont tellement contraignants qu'ils étouffent
toute entreprise. Ma compassion était limitée car cette amie est mariée avec un
homme politique socialiste. J'ai failli lui donner un coup de pied au cul.
Désolé pour la franchise.
Le plus grand désir de la majorité des jeunes Français est un emploi étatique à
vie. Quel triste perspective! Les jeunes gens dynamiques qui ne rêvent pas d'une
carrière paisible de fonctionnaire quittent l'Hexagone. Les choses ne vont
décidément pas encore assez mal pour qu'une majorité des Français se réveille.
Je me rappelle bien l'Angleterre au début des années 1980, déjà devenu un pays
du deuxième monde, sauvé in extremis par Margaret Thatcher. La dame de fer avec
sa cure impitoyable à arrêter le déclin. L'Allemagne, l'Italie et la France
semblent toujours manquer de cette lucidité.
Il reste à voir ce que le Français décideront au deuxième tour. Contrairement aux
promesses de
Ségolène Royal, ses recettes socialistes ne permettront pas de
baisser le chômage des jeunes. Des réformes libérales notamment du marché de
travail seront nécessaires.
Heureusement,
François Bayrou n'a pas franchi le cap du premier tour de
l'élection présidentielle. Sur son blog 4 raisons pour voter François Bayrou,
il annonçait que seulement lui pouvait assurer une victoire au deuxième tour.
Mais il omettait le détail clef: le nom du rival à battre au deuxième tour. En
effet, selon les sondages, le "centriste" semblait le seul capable de battre
Nicolas Sarkozy au deuxième tour.
Sur son blog,
François Bayrou se démasque involontairement. Il disait toujours vouloir
rassembler la gauche et la droite au centre. En réalité, il a réussi à attirer
une partie de la gauche désenchantée par la candidate socialiste.
Bayrou
n'aurait pu gagner l'élection présidentielle que grâce au soutien de la gauche.
Pourtant, il avait le culot de prétendre que lui, l'homme de l'UDF qui jusqu'il
y a peu de temps faisait lui-même partie du gouvernement de droite, était un
homme indépendant du système politique de la France.
Pour la gauche, il y avait le danger que l'argument du vote utile empêtrait. Car
si
Bayrou est le seul à pouvoir battre
Sarkozy au deuxième tour, pourquoi ne pas
voter
Bayrou au premier? Mais le traumatisme de l'éviction d'avril 2002 de
Lionel Jospin du deuxième tour a probablement fait opter une majorité de
socialistes à voter pour
Ségolène Royal.
L'ancien premier ministre Michel Rocard ainsi que les anciens ministres Bernard Kouchner
et Claude Allègre - tous depuis un certain temps dépourvu de poids politique
réel - avec leur appel à une alliance PS-UDF, ont-ils créé la base pour une victoire
de
Ségolène Royal au deuxième tour? Si
François Bayrou se rallie à la socialiste
- éventuellement pour finir premier ministre -, la gauche risque de passer. Mais
Bayrou et l'UDF trahiraient leurs prétentions libérales, car avec cette gauche, la
France ne fera pas les réformes nécessaires pour retrouver le chemin de la
croissance et du plein-emploi. Est-ce que des rivalités internes -
comme notamment en 1981 entre Giscard et Chirac - feront échouer la droite? Il
semble que non. Une bonne partie de l'UDF n'est pas
prête à se mettre au service de la gauche.
Quant à Jean-Marie Le Pen, il est vieux et usé. Son message passe moins, et
Nicolas Sarkozy lui fait concurrence sur les thèmes tels que l'immigration et la
criminalité. Mais avant tout, 2007 n'est pas 2002.
Nicolas Sarkozy est un
nouveau candidat. La situation n'est pas celle de 2002, lorsque le président Chirac, qui avait
largement perdu la confiance des Français, se représentait, et lorsque le
candidat socialiste Jospin, qui n'avait pas la faveur de son camp - comme
Royal
aujourd'hui, mais qui se trouve à un niveau du soutien plus haut - était en plus
mis en cause par la candidature du nationaliste de gauche Chevènement.
La gauche en dehors du PS - avec trois (!) candidats trotskistes et deux autres
guignols extrémistes et antilibéraux - éparpille ses forces. Après le
référendum antieuropéen de 2005, les antilibéraux auraient pu profiter du
dynamisme du moment pour créer un parti unifié en vue de l'élection
présidentielle, mais rien de tel ne s'est produit, contrairement à l'extrême
droite où Mégret, dans une conférence de presse commune avec Le Pen, a annoncé
le 20 décembre 2006 qu'il soutiendrait la candidature de Le Pen à la présidence.
Nicolas Sarkozy quant à lui ne nous à rien épargner non plus. Son "patriotisme
économique" l'a fait opter pour des champions nationaux (Sanofi-Aventis), pour
l'interventionnisme industriel (Alstom) et l'a poussé à polémiquer contre la
Banque centrale européenne. En plus, il nous a livré sa dose "d'expertise" en
matière de pédophilie. Espérons que sur sa dernière ligne droite, il retrouve
tous ses sens.
Que l'éventuel président
Sarkozy réforme réellement la France dans le sens
libéral, cela ne dépendra pas seulement du candidat UMP, mais également de son parti
qui, depuis mai 2002, c'est-à-dire depuis cinq longues années, est au pouvoir et n'a pas fait
bouger grand chose jusqu'à présent.
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