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Le débat présidentiel Royal - Sarkozy du 2 mai 2007

Ajouté le 3 mai 2007 à 14.35, heures de Paris
Bayrou ne reste pas vraiment neutre. Selon Le Monde, à l'issue du débat Royal - Sarkozy, Bayrou affirme qu'il ne votera pas pour Sarkozy, sans pour autant soutenir Royal.

Article du 3 mai 2007 ajouté à 04h00; derniers détails ajoutés à 09h00, heure de Paris
Le débat présidentiel entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy du 2 mai 2007 est perçu comme la dernière occasion pour les deux candidats de gagner des électeurs. Le 6 mai 2007, nous saurons plus sur l'impact de ce face à face.

Etant donné que Ségolène Royal est considérée nettement moins habile en débat, si la Socialiste arrive plus ou moins à tenir tête à son adversaire de l'UMP, elle regagnera du terrain. Elle en a besoin, car les sondages donnent Sarkozy gagnant 52:48.

Le débat de 21 heures, heures de Paris du 2 mai 2007 était sensé durer deux heures, mais il a fini à 23h40 seulement. Le débat était organisé autour de sept thèmes définis à l'avance. Les questions furent posées par Arlette Chabot et Patrick Poivre d'Arvor.

Le début du débat au sujet des institutions: Quel président seriez-vous?

Le début de Nicolas Sarkozy est plus convaincant et présidentiel que celui de Ségolène Royal. Après le constat que la présence de Le Pen au deuxième tour en 2002 et le “non” au référendum sur la Constitution européenne avait changé la France, il conclut qu'il ne s'agit plus de proclamer. Les Français attendent des résultats.

A ce titre, Sarkozy donnera une l
ettre de mission à chaque ministre. Chaque année, ses ministres rendront des comptes aux Français. Le candidat UMP s'engage à limiter le nombre de mandats successifs à deux. Son entrée fut brillante et claire.

Ségolène Royal par contre ne choisit pas une entrée présidentielle. Au contraire, elle attaque directement son rival pour le poste de président avec des chiffres, reprochant à Sarkozy le bilan du gouvernement: la dette, le nombre de travailleurs pauvres, les retraites, le déficit de la sécurité sociale, le chômage. Elle attaque Sarkozy directement au sujet de la délinquance et de la violence. Elle est nettement moins sûre d'elle. Cela se traduit non seulement par des paroles parfois hésitantes, mais également par une nervosité et une agressivité visibles dans ses gestes et dans sa mimique. Elle aurait pu marquer des points, car le bilan du gouvernement de droite est loin d'être brillant, mais elle le présente mal. Elle essaie de surprendre Sarkozy en l'attaquant sur la sécurité, mais c'est mal choisi.

Sarkozy admet des défaillances de la gauche et de la droite. Mais il défend habilement son bilan sur la criminalité, en soulignant que sous le gouvernement socialiste de Jospin, les crimes avait augmenté de 18%, tandis que sous le deuxième mandat de Chirac de 2002 à 2007, une période pendant laquelle Sarkozy était longtemps responsable du Ministère de l'intérieur, ce chiffre avait baissé de 10%. En somme, son bilan pourrait être mieux, certes, mais il n'avait pas honte de le montrer, car en 2002, il avait trouvé une situation catastrophique et que ce n'était pas pour rien que le candidat socialiste (Jospin) ne s'était pas qualifié pour le deuxième tour.

Pour illustrer ses attaques, Royal mentionne le viol récent d'une “femme policières” à Bobigny, près de son commissariat. Pour y remédier, elle a une solution bien socialiste: “Si je suis élue, les agents publics seront protégés, elles seront raccompagnées”. Ségolène Royal exclut catégoriquement qu'elle diminuerait le nombre de fonctionnaires, contrairement à Nicolas Sarkozy, qui propose de réduire la dette en ne remplaçant qu'un fonctionnaire partant à la retraite sur deux.

Royal est toujours crispée, son langage est dur. Elle insiste sur l'efficacité des services publics qui seraient un atout pour la France, une raison pour laquelle des entreprises étrangères viendraient de s'installer dans l'Hexagone. Elle s'engage à combattre toutes les formes de gaspillage de l'argent public. Elle reproche à Sarkozy une mauvaise définition des responsabilités dans la décentralisation.

Sarkozy, à juste titre, dit qu'on ne peut pas raccompagner à la maison toutes les femmes fonctionnaires. Il propose de punir sévèrement les récidivistes, responsable pour l'écrasante majorité des crimes, et il donne des détails au sujet des mesures à prendre dans les cas de crimes sexuels. Sarkozy tient le dessus.


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Un peu plus tard, Sarkozy change de sujet et attaque Royal sur les 35 heures. Il évoque la croissance et le plein emploi dans des pays comme le Danemark, la Suède, l'Irlande et l'Espagne. [Le socialiste] “Monsieur Zapatero m'a dit, 'jamais je ne ferai les 35 heures'.” Sarkozy reproche à Royal de vouloir augmenter le nombre de fonctionnaires, et se demande comment elle compte les financer. Royal rétorque qu'elle veut maintenir le nombre de fonctionnaires. “... je redéploierai. Au lieu de recruter des douaniers, je recrute des infirmières.” Sarkozy répond de manière sommaire: “Vous ne pouvez pas”.

Ségolène Royal continue à fixer des objectifs sans dire comment les atteindre. Elle “propose de créer 500,000 emplois tremplins pour les jeunes. Mon objectif: que les jeunes ne restent pas plus de six mois au chômage.”

A juste titre, Nicolas Sarkozy lui reproche de rester enfermée “dans la stricte logique socialiste du partage du temps de travail. Il n'y a pas un seul pays qui a retenu cette logique.”

Ségolène Royal prétend que l'organisme Rexecode est un organisme du Medef, donc de l'organisation des employeurs, insinuant implicitement que cette organisation ne peut être crédible. Sarkozy lui rappelle que le président de Rexecode s'appelle Michel Didier et qu'il a été nommé par... Lionel Jospin.

Retenons sur un long échange au sujet des 35 heures que Ségolène Royal admet que “La deuxième loi sur les 35 heures a été trop rigide. Vous voyez que je suis capable de voir les choses comme elles sont.”

Nicolas Sarkozy reproche à Ségolène Royal de “surfer d'un sujet à l'autre”. En effet, elle ne fait pas le poids. Mais est-ce que la majorité des téléspectateurs réalise qu'elle ne fait qu'“énoncer des généralités”, comme dit si bien Sarkozy?

Royal veut revaloriser le Smic, convoquer une conférence sur les salaires, créer des entreprises. Mais comment? Est-ce que l'Etat peut décréter la croissance? Sarkozy remarque sèchement qu'elle a “une capacité à ne pas répondre aux questions qui est tout à fait remarquable”.

Plus tard, Sarkozy défend les lois Fillon avec les mots: “On va travailler plus longtemps, c'est très simple.” Elle rétorque que “Non! Il faut prendre en compte la pénibilité du travail.”

Lorsque Sarkozy répète sa proposition faite après le premier tour de donner la présidence de la commission des finances à l'Assemblée nationale à un parlementaire de l'opposition, Royal lui reproche “un problème de crédibilité. Vous n'êtes pas crédible sur la question de l'Etat impartial.”

Lorsque Royal lui reproche au sujet du bouclier fiscal qu'une riche héritière “a reçu un chèque de sept millions d'euros”, ce qu'elle juge “injuste” et “une conséquence d'une de vos politiques”, Sarkozy fait une gaffe en répondant: “Ce que je propose, c'est pire”. Royal remarque: “C'est pire, vous avez raison. Avec vous, tout est possible, même le pire.” Sarkozy risque de s'énerver.

L'ancienne ministre de l'environnement corrige Sarkozy lorsque celui-ci prétend que le nucléaire est une énergie propre qui fournit 50% de l'électricité de la France. “Non, c'est 17%!” Et au sujet de l'EPR elle lui lance: “L'EPR n'est pas une centrale, vous mélangez tout”. Même Madame Royal a des sujets de compétence... [Ajouté le 3 mai 2007 à 09h05: En réalité, en France, 78% de l'électricité est d'origine nucléaire. Royal a probablement pensé à l'énergie totale consommée par la France].

Les deux se lancent parfois des paroles infantiles en luttant pour le vote des enseignants. Un point fort vient vers 23 heures lorsque Royal reproche à Sarkozy de toucher le “summum de l'immoralité politique”, “c'est moi qui ai crée le plan Handiscol pour accueillir les enfants handicapés... et c'est votre gouvernement qui a supprimé les aides-éducateurs et le plan Handiscol, vous le savez parfaitement.” Elle conclut: “Non, Monsieur Sarkozy, tout n'est pas possible dans la vie politique.” Heureusement pour Sarkozy, elle en fait trop, sinon...

[Ajouté plus tard le 3 mai 2007: Selon Le Figaro, Sarkozy aurait pu répondre
qu'une loi existe sur l'obligation de scolarité des enfants handicapés. Elle a été votée en février 2005 sous l'impulsion de Jacques Chirac qui a fait du handicap l'un des trois chantiers de son quinquennat. A la rentrée 2005, les associations de parents d'enfants handicapés ont manifesté leur mécontentement car les écoles n'étaient pas prêtes à les accueillir. Mais, dès la rentrée 2006, elles ont constaté un net progrès: quelque 160 000 enfants ont pu intégrer une classe en milieu ordinaire, soit 6 % de plus que l'année précédente et 20 % de plus qu'en 2004. ]

Sarkozy s'oppose clairement à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne car, la Turquie, ce n'est pas l'Europe, et qui fait entrer la Turquie, veut en fait la fin de l'Union européenne. Royal reste plus ouverte. Elle est favorable à une pause, mais elle souligne que le processus de négociation avec la Turquie est déjà engagé. Les deux candidats sont d'accord sur le danger émanant de l'Iran et sur le Darfour: “C'est un scandale absolu” (Sarkozy).

Au sujet de la Chine, Royal lance la menace du boycott des Jeux olympiques, tandis que Sarkozy est favorable aux JO en Chine. Dans ses conditions, Royal a quelques problèmes à expliquer son voyage en Chine pendant sa campagne électorale.

Vers la fin, Royal reproche à Sarkozy: “Aller arrêter un grand-père devant une école, devant son petit-fils, ce n'est pas acceptable dans la République française.” Elle enfonce le clou: “je ferai les choses humainement”.

Après un début très faible et des propos peu convaincants en matière d'économie, Ségolène Royal a remonté la pente et enfoncé quelques clous qui ont fait mal à Sarkozy. Est-ce que cela serea suffisant pour gagner le 6 mai 2007?

Ajouté plus tard le 3 mai 2007: Royal n'a probablement pas séduit assez d'électeurs de François Bayrou qui veulent une économie plus libérale et une ouverture vers le centre. Royal n'a pas convaincu au niveau économique et elle n'a pas essayé de rassembler les Français, au contraire, elle a nourri la division.








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