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Guerre civile entre
le Hamas et le Fatah
Abbas limoge Haniyeh qui refuse de quitter le gouvernement d'unité nationale
Article du 15 juin 2007
Le 14 juin 2007, le Président palestinien
Mahmoud Abbas a limogé son Premier ministre Ismaël Haniyeh qui a son tour
refuse de quitter le gouvernement d'union nationale. Haniyeh dénonce la
"décision hâtive" de dissoudre le gouvernement et de décréter l'état d'urgence. Haniyeh veut continuer de travailler avec le Fatah. Il rejette également l'idée
d'un Etat palestinien séparé dans la Bande de Gaza sans la Cisjordanie. En plus,
Haniyeh a promis de rétablir l'ordre dans la Bande de Gaza et a appelé à en finir
avec la violence.
Ses paroles sont assez cyniques si l'on considère que c'est le Hamas de Haniyeh
qui a pratiquement chassé le Fatah de Gaza dans une guerre civile sanglante. Le
Fatah quant à lui contrôle largement la Cisjordanie.
Le Président Mahmoud Abbas - qui n'a pas la réputation de prendre des décisions hâtives,
mais bien au
contraire, celle d'un petit Hamlet
qui ne sait pas décider à temps - a
finalement conclut que le temps du gouvernement d'union nationale était révolu.
Cette coalition entre frères ennemis était le fruit du besoin du Hamas de
sortir de son isolement international et de la volonté du Fatah de regagner le
pouvoir.
Le Hamas et le Fatah ont tous les deux utilisés la trève pour passer secrètement
des armes de l'Egypte dans la Bande de Gaza.
Contrairement à ce que beaucoup attendait et ce qui s'est en partie produit, le
Hamas n'a pas attaqué ou provoqué Israël dans une guerre pour lui faire endosser la
responsabilité de la situation économique et sociale sans espoir en Palestine dû
au fait de l'isolement du Hamas qui refuse de reconnaître en bonne et due forme
l'Etat d'Israël. Le Hamas a par contre choisi d'attaquer son rival palestinien,
le Fatah.
Le 14 juin 2007, selon le journal Haaretz, le troisième des quatre postes de
sécurité clefs du Fatah dans la Bande de Gaza est tombé sous le contrôle du
Hamas, qui s'est imposé par la force.
Selon un autre article de Haaretz, le Premier ministre israélien Ehoud Olmert
a l'intention de convaincre le Président américain Bush de traiter la Bande de
Gaza et la Cisjordanie comme deux entités séparées et d'interdire tout contact
entre les deux.
Le Président palestinien Mahmoud Abbas n'a pas réussi à changer la situation en
Palestine. Pourquoi s'est-il engagé dans un gouvernement d'unité nationale entre
le Fatah et le Hamas? Il était évident qu'un tel gouvernement ne faisait sens
que si le Hamas était prêt à accepter les principes énoncés par le Quartet
international (UE, EU, NU et Russie).
Le 14 juin 2007, le Président Mahmoud Abbas a limogé son premier ministre et
dissout le deuxième cabinet Haniyeh. Il a déclaré l'état d'urgence. Avant de
former le gouvernement d'unité nationale, Abbas avait l'option d'appeler des
élections anticipées. Il n'a pas transformé cette menace en réalité parce que le Fatah
était loin de gagner les élections.
Le problème d'Abbas est que le Fatah est toujours la même organisation corrompue
et inefficace qu'elle était depuis les temps de Yasser Arafat et qu'elle était
en 2006, lorsque le Fatah a perdu
les dernières élections palestiniennes.
Le fait que le Hamas est incapable de surmonter son isolement international, de
se transformer d'un groupe extrémiste islamiste en un parti politique qui sait
assurer la sécurité et la prospérité aux Palestiniens ne rend le Fatah pas
nécessairement sensiblement plus attractifs aux électeurs dans la Bande de Gaza
et en Cisjordanie.
La situation dans la Bande de Gaza ne s'est pas détériorée du jour au lendemain.
Dans un article du 12 mai 2007, Avi Issacharoff a écrit dans
Haaretz que, depuis plusieurs semaines, la Bande de Gaza brûle. Selon
plusieurs sources, plus de 100,000 hommes armés se promenaient dans la Bande de
Gaza, appartenant au Hamas, au Fatah, à toutes sortes de groupes et
groupuscules politiques et de sécurité et, avant tout, à des clans. Selon Issacharoff,
des organisations de type Al Qaeda - qui font passer les gens du Hamas pour
des boys scouts - étaient en train de faire sauter des institutions et
des gens liés à la culture occidentale. Mais l'Ouest ignorait tout cela. A cette
époque, la situation de sécurité interne à la Bande de Gaza n'intéressait pas les
médias occidentaux.
Qu'est-ce qui se passe avec la population civile dans la Bande de Gaza? Le seul
passage de la frontière ouvert aux 1,4 millions de Palestiniens de Gaza est
celui de Rafah vers l'Egypte. Pour ceux qui veulent échapper à la guerre civile
entre le Hamas et le Fatah, la situation est donc désespérante. Ll'armée israélienne a détruit la centrale d'énergie la plus importante de Gaza,
et par conséquent un armistice entre Palestiniens ne rétablirait pas une situation permettant
la croissance économique.
Pour le moment, le Hamas s'est imposé dans la Bande de Gaza pendant que le Fatah
contrôle largement la Cisjordanie.
Une division de la Palestine en micro-territoires, pourrait-elle améliorer la
situation de la population locale? Probablement seulement pour ceux vivant par
chance dans les territoires contrôlés par le Fatah. Etant donné que le Président
Abbas jouit du soutien de la communauté internationale, notamment des EU et de
l'UE.
Le calcul d'Ehoud Olmert est peut-être que des territoires sous le Fatah
prospèreraient tandis que ceux sous le Hamas continueraient de sombrer dans la
morosité, faisant changé de préférence politique la majorité des Palestiniens du
Hamas vers le Fatah. Mais qui organiserait de futures élections dans les
territoires sous domination du Hamas? Qui enverrait des soldats pour libérer les
Palestiniens vivant sous le Hamas, qui ne céderait pas sa place sans combats?
Les territoires du Hamas deviendraient encore plus une base de recrutement de
terroristes qui sèmeraient la violence partout dans la région.
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