Deutsch  Politik  Geschichte  Kunst  Film  Musik  Lebensart  Reisen 
English  Politics  History  Art  Film  Music  Lifestyle  Travel
Français  Politique  Histoire  Arts  Films  Musique  Art de vivre  Voyages

Index
  Links  Werbung  Feedback  Toutes les Bonnes Affaires chez Amazon.fr
© Copyright www.cosmopolis.ch  Louis Gerber  All rights reserved.

Google
 
Web www.cosmopolis.ch
Alan García
Le nouveau président du Pérou

Article du 1er juillet 2006

Les élections présidentielles 2006
 
Elu le 4 juin 2006, le nouveau président du Pérou, Alan García, fait rêver de nombreux Péruviens. En fait, il leur donne des cauchemars! Au mois de mai, les électeurs péruviens avaient décider de promouvoir deux populistes au deuxième tour des élections présidentielles: Ollanta Humala (43 ans) et Alan García (57 ans). C'était un choix entre le mal et le pire.

Qncien officier de l'armée péruvienne, Ollanta Humala, a fait des études de science politique et de droit. Avec son frère Antauro, il fut responsable d'une insurrection en 2000 contre le président de l'époque, Alberto Fujimori. Ollanta finit en prison, mais fut gracié par le président Toledo. En 2004, Ollanta est forcé de prendre sa retraite anticipé. Son frère mène alors une opération sanguinaire en guise de protestation contre cette décision. Quatre policiers ainsi que deux de ses alliés meurent. Pour cette action, Antauro purge toujours une peine de prison.

Ollanta Humala a présenté un programme électoral basé sur des recettes socialistes et nationalistes, inspirées par les présidents du Venezuela Hugo Chavez et de la Bolivie Evo Morales. C'est la raison pour laquelle toute personne qui a étudié ou vécu les avantages de l'économie de marché et du libre-échange sur les régimes socialistes, sur le dirigisme étatique et le protectionnisme ne dort plus.

Humala est le fils d'une famille de la classe moyenne supérieure d'Ayacucho, son père étant avocat. Il a surtout su unir les pauvres et les incultes derrière lui. Son père, Isaac Humala, a créé sa propre vision du monde, l'Etnocacerisme qui fait référence au colonel et président du Pérou de 1883-85, 1886 et 1894-95 Andrés Cáceres. Ce dernier s'est distingué par sa résistance militaire contre l'invasion du Chili dans la guerre de 1879-83. L'Etnocacerisme de Humala est un mélange de nationalisme, de racisme - avec les indiens et les métis comme la race supérieure - et de communisme. Dans sa jeunesse, Isaac Humala a été membre du parti communiste péruvien.

Les deux fils sont largement influencés par la vision du monde du père, d'où le plan d'Ollanta de réduire l'influence économique du Chili dans le Pérou d'aujourd'hui. Heureusement, l'ingérence de Hugo Chavez dans l'élection péruvienne a été contreproductive et a partiellement coûté l'élection à Humala. Au deuxième tour, les électeurs péruviens ont préféré à 55% contre 45% élire Alan García et non pas Ollanta Humala comme futur président.

Malheureusement, ce choix n'est pas convaincant non plus. Avocat et docteur en science politique (diplômé à Madrid) et sociologue (formé à Paris), Alan García, n'est pas un homme politique plus respectable que Humala. Comme président du Pérou de 1985 à 1990, il a réussi à ruiner le pays. Sous sa présidence, le Pérou a connu une hyperinflation qui a atteint plus de deux millions de pourcents, un record peu flatteur. La produit national brut du pays a chuté de 20%. Le socialiste a réussi à faire croître le nombre déjà élevé de pauvres de 42% à 55% de la population totale. Sans compter la "réussite" de García, que sous sa présidence, le mouvement maoïste Sentier Lumineux a pris son essor sur le point de menacer l'unité du pays et de le mener à la guerre civile. En plus, Alan García a été accusé de corruption. Et vous croyiez que c'est Bill Clinton le comeback kid?

Lors des élections de 2006, Alan García s'est présenté comme un homme politique plus mûr et plus responsable. Cela paraît incroyable, mais le bon orateur a su convaincre bon nombre ou plus précisément trop de Péruviens. La plupart des électeurs ayant voté au premier tour pour la représentante de la bourgeoisie, Lourdes Flores, se sont ralliés à García pour éviter le pire, Humala. Du déjà vu pour les Français qui ont connu le dilemme de choisir entre Chirac et Le Pen, bien que Chirac ne soit pas aussi désastreux que García.

Dans son programme électoral, García avait annoncé sa volonté de contrôler le budget, de ne pas le laisser dépasser le 1%. Cette fois, il n'a pas présenté de grand plan de redistribution de fortune et revenu. Cependant, il s'est dit prêt à protéger les agriculteurs péruviens des effets négatifs d'un traité de libre-échange avec les Etats-Unis. Il n'envisage plus de ne plus servir la dette extérieure ou de la limiter à 10% comme pendant sa première présidence de 1985 à 1990, ce qui avait miné la crédibilité du Pérou sur les marchés financiers. Dans le débat présidentiel, García s'est engagé en faveur d'une "nouvelle social-démocratie", sans abus autoritaire et en respectant la liberté d'expression.

Les Péruviens peuvent seulement espérer et attendre. Alan García est un président sans majorité parlementaire. Fondé à peine six mois avant les élections générales du 9 avril 2006, le mouvement nationaliste Union pour le Pérou d'Ollanta Humala a remporté 45 sièges sur 120 au Parlement. Le parti Aprista de García par contre ne contrôle que 36 sièges. Ensemble, les deux populistes domineraient le paysage politique du Pérou. Le parti Peru Possible du président sortant, Alejandro Toledo, n'a gagné que deux sièges au Congrès.

Les présidents Fujimori et Toledo ont su pacifier le pays et redresser la situation économique du Pérou qui a retrouvé le chemin de la croissance. Cependant, toujours plus de la moitié de la population est pauvre. Ce sera la tâche délicate d'Alan García d'améliorer la situation économique de toute la population sans pour autant heurter la croissance et la stabilité du pays. Le président et son parti, l'APRA, un parti "social-démocrate non-réformé", auront fort à faire.

Ajouté le 31 juillet 2006: Le 28 juillet 2006, le président péruvien Alan García a présenté son premier ministre et son cabinet. Il a nommé son bras droit Jorge del Castillo (APRA) comme premier ministre. Beaucoup de ministères ont été attribués à des personnalités indépendantes. Le "néolibéral" Luis Carranza, un ancien vice-ministre des Finances du gouvernement Toledo et ancien chef de la Banque centrale, est ministre de l'Economie et des Finances. Le diplomate de carrière, neveu de l'ancien président Fernando Belaúnde Terry (1912-2002), frère du président du parti Acción Popular Víctor Andrés García Belaúnde (le parti n'a remporté qu'un pourcent des votes en 2006) et ami d'Alan García depuis leurs études à Lima, José Antonio García Belaúnde, est ministre des Affaires étrangères. Allan Wagner, l'actuel secrétaire général de la Communauté andine des nations, est ministre de la Défense. La neurologue Pilar Mazetti, la ministre de la Santé dans le cabinet sortant, est ministre de l'Intérieur.





Deutsch  Politik  Geschichte  Kunst  Film  Musik  Lebensart  Reisen 
English  Politics  History  Art  Film  Music  Lifestyle  Travel
Français  Politique  Histoire  Arts  Films  Musique  Art de vivre  Voyages

Index
  Links  Werbung  Feedback  Toutes les Bonnes Affaires chez Amazon.fr
© Copyright www.cosmopolis.ch  Louis Gerber  All rights reserved.

Google
 
Web www.cosmopolis.ch