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Les
élections en Autriche en 2006
Le Chancelier Schüssel vaincu
Ajouté le 30 octobre 2006
Le parti conservateur ÖVP du Chancelier
Schüssel suspend les négociations pour une grande coalition avec le SPÖ. Cette
annonce est la réaction du ÖVP à l'ouverture de commissions d'enquêtes
parlementaires à l'initiative du SPÖ, des Verts et du FPÖ. L'une touche le
contrat d'achat de 18 avions de combat Eurofighter pour $2 milliards par le
gouvernement sortant en 2002.
Ajouté le 10 octobre 2006
Les résultats officiels des élections de
2006:
- SPÖ, chef de l'opposition Gusenbauer: 1,663,986 voix ou 35,34% et 68 mandats.
- ÖVP, Chancelier Schüssel: 1,616,493 voix ou 34,33% et 66 mandats.
- Les Verts, Van der Bellen: 520,130 voix ou 11,05% et 21 mandats.
- FPÖ, l'extrême-droite Strache: 519,598 voix ou 11,04% et 21 mandats.
- BZÖ, populistes de droite Westenthaler et Haider: 193,539 voix ou 4,11% et 7
mandats.
Article du 2 octobre 2006
Les bulletins de vote par correspondance
ne seront comptabilisés que le 9 octobre 2006. De légers changements sont encore
possible. Pour le moment, les
électeurs autrichiens nous offrent quelques surprises. Les instituts de
sondages avaient prévu une victoire étroite des conservateurs (ÖVP) du Chancelier Schüssel.
A la surprise générale des observateurs, le parti du Chancelier perd 8,1%
et se trouve avec 34,2% derrière l'opposition sociale-démocrate du très terne
Alfred Gusenbauer. Pour l'ÖVP, il s'agit des deuxièmes pires pertes dans
l'histoire du parti.
Gusenbauer et le SPÖ ne sont que des vainqueurs relatifs. Avec 35,7% ce parti
dominant en Autriche pendant de longues années perd 0,8%. Le scandale de la BAWAG,
une banque des syndicats proche du SPÖ qui a perdu des sommes colossales dans
une gestion pitoyable par des managers qui se sont enrichis comme ils pouvaient,
n'a finalement pas influencé les électeurs.
La débâcle imprévue du parti conservateur due Chancelier Schüssel est donc
décisive.
La nouvelle force émergente est le FPÖ, le parti d'extrême droite sous la direction du
jeune Heinz-Christian Strache, qui a gagné 1,2% et devient avec 11.2% le
troisième parti de l'Autriche.
Depuis avril 2005, Strache est à la tête du FPÖ. Il a remplacé Jörg Haider en
tant qu'homme fort de l'extrême droite. Il ne mâche pas ses mots et, contrairement à
Haider, n'essaie même pas de gagner en plus des xénophobes les libéraux, qui
n'ont toujours pas de parti en Autriche. Jörg Haider lui-même avait créé son propre parti
en 2005, le BZÖ, qui remporte 4,2%, ce qui suffit pour entrer au parlement.
Le BZÖ se trouve sous la direction
du jeune Peter Westenthaler, qui s'est livré à une bataille de surenchère de
populisme avec Strache. Il n'a pas pu convaincre les électeurs. Enfin, le charisme
de Haider ne triomphe plus en Autriche. Mais une fois de plus, les électeurs
n'ont rien appris car les paroles xénophobes de Strache ont trouvé un écho
favorable. Comme dans les élections régionales de la capitale Vienne, on
constate qu'en Autriche il existe un réservoir substantiel d'électeurs
xénophobes, mécontents du système établi.
Le Chancelier
Schüssel a réussi à domestiquer Jörg Haider, dont le parti BZÖ est presque réduit à
l'insignifiance. Haider et son BZÖ ont gagné 25,41% en Carinthie (Kärnten), ce qui n'a pas
suffit à Haider de gagner un mandat direct (Grundmandat).
Malheureusement, Schüssel n'a ni su détruire le potentiel d'extrême droite, qui
semble irréductible, ni la montée de Strache.
L'Autriche risque de retomber dans une grande coalition. La montée de Haider
était justement le résultat du monopole de pouvoir des "rouges" et des "noirs", des
socialistes et des conservateurs, qui, depuis la Deuxième Guerre Mondiale, se sont presque
littéralement partagés le pays jusqu'au niveau des emplois des femmes de ménage dans les
écoles publiques.
Les Verts du très populaire Alexander Van der Bellen ont gagné 1% en plus, mais
finissent avec 10.5% derrière le FPÖ. A Vienne, où Van der Bellen s'est
présenté, le parti a réussi pour la première fois dans son histoire à gagner deux
mandats directs. Le chef est plus populaire que son parti pour qui le dicton des
années 80 est encore largement valable: Vert à l'extérieur, mais rouge à
l'intérieur (Aussen grün und innen rot).
On espère que personne n'osera s'allier avec Strache. Les voix pour le FPÖ
étaient avant tout des voix de protestation.
L'Autriche se retrouve donc au niveau d'avant l'an 2000. Une nouvelle grande
coalition semble inévitable. Le pays connaît par exemple un âge de retraite extrêmement bas avec des
employés d'Etat qui vivent sur le dos du pays entier. Eux, ils n'ont aucune
envie de changer le status quo. Le risque d'une stagnation et d'un manque de
réformes en Autriche est énorme, plus grand encore qu'en Allemagne.
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