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Les élections suisses
Résultats et commentaire

Article du 31 octobre 2007

Bien que tout le monde ait parlé d'un tremblement de terre politique en Suisse, les résultats des élections législatives n'offrent pas de grandes surprises.

L'Union Démocratique du Centre (UDC), un parti pas toujours si démocratique et rarement au centre, mais plutôt sur la droite populiste voire sur l'extrême-droite du spectre politique, est sorti vainqueur des élections suisses du 21 octobre 2007. Au Conseil National, la chambre basse du parlement, l'UDC gagne 7 sièges et en contrôle maintenant 62 sur 200 sièges. Les grands perdants du scrutin sont les Sociaux-Démocrates qui n'ont seulement gagné que 43 sièges, soit 9 sièges de moins qu'en 2003. Les Radicaux, le parti libéral de la Suisse le plus important, dont les ancêtres ont fondé la Confédération helvétique et ont longtemps dominé le paysage politique, ont perdu 5 sièges pour arriver à 31 sièges, ex aequo avec les Démocrates-Chrétiens qui, eux, ont cependant gagné 3 sièges. La différence la plus importante entre ces deux partis au niveau du pouvoir est que les Radicaux ont deux ministres au gouvernement tandis que les Démocrates-Chrétiens n'ont qu'un seul représentant siégeant dans l'exécutif. En 2004, étant le parti le plus faible des quatre forces politiques majeures de Suisse qui gouvernent ensemble dans une démocratie consensuelle, ils ont perdu leur deuxième siège au gouvernement en faveur de l'UDC qui a su faire élire Christoph Blocher au sein du Conseil Fédéral (gouvernement).

Les Suisses - un peuple de moutons? 

L'UDC, plus au moins dominé, mais pas présidé par le milliardaire Christoph Blocher, a imposé les thèmes dominants de la campagne électorale, notamment des slogans et affiches au sujet de l'immigration et de la sécurité. Il a également instrumentalisé un prétendu “plan secret” des autres partis de la coalition gouvernementale pour le destituer de ses fonctions au Conseil Fédéral. Les autres partis - les Radicaux (pas si radical que cela), les Sociaux-Démocrates et les Démocrates-Chrétiens n'ont pas toujours fait montre de fairplay dans cette mascarade.

Dans un entretien sur Teleblocher, Christoph Blocher souligne avec fierté et à juste titre que l'UDC a continuellement su élargir sa base électorale sur cinq élections consécutives. En 1975 encore, l'UDC se situait tout juste en dessous des 10% des voix électorales. Le 22 octobre 2007, l'UDC a réussi à gagner 29% des voix, un score inégalé par un parti suisse depuis 1919. La différence par rapport à 2003 est cependant seulement de 2,3%. En Suisse, c'est surement significatif, mais guère un tremblement de terre.

Dans le même entretien sur Teleblocher, le Ministre de la Justice et Police est moins convaincant lorsqu'il juge irrespectueux de qualifier de “girouette” les gens qui ont voté pour lui. Il oublie les affiches xénophobes de son parti depuis les années 1990.

La dernière affiche controversée est celle de la campagne électorale 2007 (élections législatives) qui montre un mouton noir éjecté de la Suisse par un mouton blanc. Cependant, il y a également des “moutons noirs” - des gens qui ne respectent par exemple pas les lois suisses - parmi les Suisses. Dans bien des cas, on pourrait expulser un étranger, à moins qu'il ne soit par exemple un réfugié sérieusement menacé dans son pays d'origine, mais un Suisse ne pourrait jamais être expulsé de sa patrie. L'affiche est non seulement réductrice, avec une note de xénophobie voire de racisme, car le mouton est noir, donc les gens de couleur seraient visés (une interprétation que je ne partage pas, car l'UDC attaque notamment des Albanais qui contrôlent une bonne partie du trafic de la drogue en Suisse, et les Albanais sont “blanc”). Mais même si on arrive à une interprétation non raciste ou xénophobe de l'affiche, celle-ci pose un problème, car elle considère également les Suisses et tous les gens qui respectent la loi résidant en Suisse comme des moutons. 29% des Suisses se considèrent donc des moutons qui suivent aveuglement Christoph Blocher? Cela serait bien triste.



Vers un futur plus calme?

Après les élections suisses du 21 octobre 2007, la rhétorique hystérique et fiévreuse s'est calmée, tous les partis sont revenus à une vie normale. Mais il reste plus qu'un goût amer à cause de la campagne de l'UDC, qui risque bien de continuer sur la voie de campagnes xénophobes et réductrices en ce qui concerne l'immigration et la sécurité, car ce type de campagnes a visiblement apporté des fruits et permis à l'UDC de tripler ses voix de 1975 à 2007.

L'UDC met parfois en avant des problèmes réels, la délinquance trop importante parmi les étrangers par rapport aux Suisses, bien que l'écrasante majorité des étrangers soit parfaitement en règle avec les lois suisses. Les autres partis ont sous-estimé le mécontentement d'une bonne partie de la population qui n'est pas prête à accepter une situation jugée par beaucoup comme devenue intolérable.

L'UDC ne peut être réduit à un parti xénophobe et populiste, bien qu'il représente également ses tendances, même si Christoph Blocher ne veut pas l'admettre. Mais dans le même entretien sur Teleblocher cité en haut, le chef spirituel et charismatique de l'UDC mentionne la réforme des assurances sociales et la privatisation de Swisscom (télécommunications) comme priorités de la Suisse dans les années à venir.

Le Ministre de la Justice et Police Christoph Blocher voit encore un grand potentiel électoral en Suisse romande pour l'UDC, où son parti est faiblement implanté, s'il y améliore ses structures dans la partie francophone de la Suisse et arrive à recruter du personnel plus compétent.

Aussi longtemps que les vidéos sur Teleblocher sont uniquement disponibles en suisse-allemand, la percée de Christoph Blocher en Suisse romande aura ses limites. Le conseiller fédéral lui même voit des limites à la croissance de l'UDC, car pour devenir un parti capable de gagner autour de 50% des voix, il ne pourrait plus avoir un message aussi clair et net (et xénophobe...), mais devrait attirer tous les bords politiques avec un message plus flou, ce que Christoph Blocher lui-même ne veut pas.

Contrairement à Silvio Berlusconi, le milliardaire suisse s'est séparé de ses avoirs qui auraient pu créer des conflits d'intérêts avec sa position de conseiller fédéral. Il est sous la surveillance de ses collègues, des parlementaires, de la presse, d'une justice indépendante et, avant tout, du peuple. Aussi longtemps que la majorité des Suisses ne devient pas des moutons, la démocratie n'est pas en danger.

Le 12 décembre 2007, les chambres réunies du Parlement éliront les membres du gouvernement ainsi que le Chancelier qui soutient les ministres et surtout le Président suisse dans son travail et qui, bien que n'ayant pas le droit de vote dans le Collège, exerce une certaine influence sur le Conseil Fédéral. L'UDC avec ses 29% de votes populaires en soutient, réclame le poste de Chancelier. Il est probable que tous les ministres seront réélus, mais le poste de Chancelier pourrait offrir l'occasion de régler des comptes.


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