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Président Obama
Article du 1er décembre 2008
Le 4 novembre 2008, 66 millions (52,7%)
d'électeurs américains se sont décidés pour Barack Obama contre 58 millions (46%) pour John McCain.
Pour la première fois dans l'histoire des Etats-Unis, le pays est gouverné par
un Afro-Américain. Pour être plus précis, un homme ayant
un père noir originaire du Kenya et une mère blanche de l'Etat du Kansas.
De voir une famille noire résider à la Maison Blanche peut être interprété comme
un indice d'une Amérique post-raciale. En effet, pour la grande majorité des
électeurs, la couleur de peau du candidat n'a pas joué de rôle. Mais la victoire
de Barack Obama a été acquise notamment grâce au vote massif des Afro-Américains et des Latinos. Selon des
sondages tels que celui du Pew, Barack Obama a gagné
67% des Latinos contre 31% qui ont voté pour McCain. Chez les Noirs ou
Afro-Américains, le vote a été à 95% pour Obama et à 4% pour McCain. A partir de là
conclure que nous vivons dans une ère post-raciale paraît prématuré.
L'ironie de l'élection de Barack Obama comme président des Etats-Unis est qu'il
doit sa victoire largement à George W. Bush. Non seulement parce que celui-ci a
conduit une politique tellement incompétente qu'il a largement détruit la
crédibilité du Parti républicain, mais également parce qu'il a permis à Barack
Obama de mener une campagne mensongère sans que personne - ni les médias, ni la
majorité des électeurs - ne s'en rende compte. En effet, Barack le Magnifique a
mené une campagne électorale mensongère en se présentant comme un homme du
centre (en réalité il a toujours voté à gauche, sans aucun bilan bipartisan) et
décrivant John McCain comme une continuation de George W. Bush bien que celui-ci
soit le contre-modèle de Bush, avec un véritable bilan bipartisan, l'homme qui a
affronté le président actuel et son propre parti notamment sur les questions de
la stratégie en Iraq et de la torture. Finalement, le grand remerciement que
Barack Obama devrait faire à George W. Bush est d'avoir nommé Colin Powell et
Condoleezza Rice comme ministres des Affaires étrangères. Tous les deux ont
prouvé que des Afro-Américains peuvent être des ministres capables. Tous les
deux sont des ministres tout à fait présidentiables.
Heureusement, l'homme qui a promis l'espoir et le changement, n'a pas encore
causé de tremblement de terre. Il n'a pas - encore - opéré de grand virement
vers la gauche. Son cabinet semble plutôt conventionnel. Notamment Robert Gates
restera le ministre de Défense.
La nomination qui fait le plus discuter est celle d'Hillary Clinton comme
ministre des Affaires étrangères. Evidemment, Barack Obama ne pouvait ignorer sa
plus grande rivale qui lui avait permis de remporter l'élection. Il aurait mieux
fait de la nommer ministre de la santé (“health care tsar”, comme les médias
américains aimaient commenter la nomination de Tom Daschle à ce poste), étant
donné que la réforme du système de santé reste le cheval de bataille d'Hillary
Clinton depuis son échec sur ce plan dans le premier cabinet de son mari. Sa
nomination en tant que ministre des Affaires étrangères comporte plusieurs
risques.
La politique étrangère de Bill Clinton était désastreuse. Il a échoué en
Somalie, au Rwanda, pendant trop longtemps en ex-Yougoslavie, en Iraq et
finalement au Moyen-Orient, pour ne nommer que quelques échecs. Sa femme n'est
sûrement pas responsable du bilan de son mari. Mais elle s'est plutôt vantée que
distancée de ce bilan. Ce qui fait craindre le pire. Ceci dit, elle est sûrement
plus compétente en la matière que Barack Obama. Et dans ce fait réside le grand
danger pour le président élu.
Dans pratiquement toutes les démocraties occidentales, le ministre des Affaires
étrangères est populaire parce qu'il voyage à travers le monde, serrant les
mains de toutes sortes de présidents, premiers ministres et autres personnalités
sans généralement devoir annoncer de nouvelles terribles. Barack Obama, à tort
ou à raison, sera tenu responsable de tout échec concernant
“la solution” de la crise économique et financière, tandis qu'Hillary Clinton
pourra probablement
“se bronzer” au soleil du parquet diplomatique. Une ministre des Affaires
étrangères populaire pourrait devenir une rivale dangereuse pour un président
sans l'expérience du pouvoir exécutif. Et Hillary aura parfois Bill à ses côtés,
son mari qui est toujours immensément populaire à travers le monde comme aux
Etats-Unis, bien que son bilan de président soit maigre en relations
internationales.
Quant à la crise économique, George W. Bush, Hank Paulson et Barack Obama
semblent vivre dans l'illusion que la plan de sauvetage économique, le fameux “bailout”
sera la solution à la crise actuelle. “To
bail your way out of crisis” s'avérera comme une grande illusion. Du travail dur
pendant une décennie à la place d'une fausse allocation de ressources sera la
solution. Pour parler comme Winston Churchill, bien qu'il l'ait fait dans un
tout autre contexte: “blood,
toil, tears and sweat”.
Barack Obama devrait tout de suite détruire les géants hypothécaires Fannie Mae
et Freddie Mac. Si on les coupait en mille morceaux égaux, on aurait toujours
des entreprises contrôlant chacune des hypothèques de cinq milliards de dollars.
Dans le secteur bancaire, la même opération sera nécessaire: limiter la taille
des banques.
En 1998, en Suisse, deux des trois banques les plus importantes, Bankgesellschaft
et Bankverein, ont fusionné pour devenir UBS. En 2008, en Allemagne, deux des plus
grandes banques, Commerzbank et Dresdner Bank ont fusionné. Ce n'étaient
nullement des
pas vers plus de concurrence et plus d'entreprises, mais bien vers des
organisations trop grandes pour faire faillite (“too big to fail”). De futures crises sont inhérentes
au système actuel.
Les hommes politiques, tout comme les électeurs, ne semblent toujours pas prêts
à tirer les leçons de cette crise comme de toutes les crises précédentes.
Maintenant ce serait le moment de demander à tout le monde de respecter les lois
du marché. Un Etat fort doit assurer la concurrence, l'absence de monopoles,
d'oligopoles, de cartels, de subventions et de mesures protectionnistes. Aux
Etats-Unis comme en Europe, on semble aller dans la mauvaise direction. Dans une
économie de marché, dans une économie libérale, on a le droit au succès comme à
l'échec. Le succès et l'échec sont naturels et vitaux pour toute économie. Un
simple regard sur le budget de l'Union européenne nous montre que l'UE est
toujours sur la mauvaise voix (l'agriculture...). Espérant que Barack Obama
changera et réalisera que - sur ce plan - l'Europe n'est pas le modèle à suivre.
Let's HOPE that Obama will CHANGE!
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