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La politique extérieure de Barack Obama
Article du 1er mai 2009

On ne peut juger un homme politique selon ses paroles, mais uniquement selon ses actes et les résultats de ses actes. Il est donc bien trop tôt pour porter un jugement sur la politique extérieure de Barack Obama, notamment sur le bilan du sommet du G20 en avril à Londres.

Cependant, les différents sommets et autres voyages du président américain nous donnent quelques indices sur ce qu'on peut attendre. Heureusement, Obama semble plus pragmatique que son passé ne laissait prévoir. Il y a donc de l'espoir qu'il corrigera certaines erreurs de débutant comme il l'a déjà fait en matière de politique de défense en Irak.

Le succès en politique extérieure dépendra de la performance en matière de crise économique et financière et vice-versa. Sur le plan intérieur, le budget semble irresponsable et peu propice à résoudre les problèmes. Les $13 milliards pour créer un réseau de trains rapides à l'image du TGV font rire. $13 milliards ne suffiront même pas pour relier Boston à New York City.

Keynes est de retour et avec lui l'idée fixe de pouvoir “stimuler” l'économie avec toutes sortes de dépenses douteuses. En plus, le déficit de l'administration Obama fait pâlir tous les déficits irresponsables de l'ère de Bush le Tortionnaire. Dans une époque dans laquelle le gouvernement est forcé d'accorder une aide de plusieurs centaines de milliards de dollars pour sauver des banques jugées au bord de la faillite mais indispensables au bon fonctionnement de l'économie américaine, la discipline fiscale ne vaut plus un centime.

Quant au sommet du G20 à Londres, le plan initial d'Obama et du premier anglais Gordon Brown étaient de convaincre les participants à adopter des plans de relance gigantesques dans tous les pays importants. Le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel s'y opposèrent avec succès. Ils craignirent de finir dans une position de simples spectateurs avec la mission d'approuver des plans préétablis. La fermeté de la coalition franco-allemande et la flexibilité d'Obama firent que rien de tel ne s'est produit.

On ne peut que féliciter Sarkozy et Merkel d'avoir résisté sur la forme du dialogue ainsi que sur la substance de la proposition anglo-saxone. Quant au président Obama, il avait bien constaté que George W. Bush avait laissé un déficit colossal aux contribuables et au président américains. Il avait également compris qu'en temps de crise économique et financière il n'est pas à l'Etat d'épargner, aggravant la crise inutilement, mais de continuer à dépenser. Mais Obama n'a pas saisi l'occasion de finir avec des dépenses contre-productives tels que les subsides accordés à l'agriculture américaine; le même reproche doit être fait à l'égard de Sarkozy et de l'Union européenne, qui gaspille chaque année la moitié de son budget. Par contre, Obama a saisi l'occasion pour pousser son agenda “libéral” qui, en termes européens, est social-démocrate et donc tout sauf libéral.



Bien sûr, une grande partie des écoles publiques aux Etats-Unis ne valent pas grande chose et le fait que presque 50 millions d'Américains n'ont pas d'assurance maladie est inadmissible. Mais les recettes européennes en matière de politique de santé ne sont pas des modèles à suivre. Quant aux écoles, les Etats-Unis ont une autre culture. Cependant, ils pourraient bien apprendre un peu de la culture du service publique en Europe, bien que celle-ci montre des limites. Sans écoles publiques mieux dotées et avec des professeurs mieux payés, l'éducation de l'Américain moyen est compromise, et les enfants et leur éducation sont le futur de l'humanité.

L'agenda intérieur d'Obama n'est pas totalement faux, car le succès du modèle américain fait partie du “soft-power” américain. Ce sont les recettes de la nouvelle administration démocrate qui font douter du succès de l'opération. Des réformes social-démocrates ne feront qu'accélérer le déclin des Etats-Unis.

Le plus de régulation revendiqué au sommet du G20 à Londres risque de se traduire en plus de bureaucratie. La strangulation du secteur bancaire n'est pas la solution.
Une meilleure régulation et non pas plus de régulation est la clef. Des banques trop grandes - too big to fail -  seraient à fractionner en petites banques. Bank of America, Citigroup et AIG sont des banques et assurances à fractionner au point qu'elles ne poseront plus de risque en cas de faillite pour le système global de l'économie. Il n'y a pas de capitalisme sans capital. Les banques et autres entreprises du système financier doivent prendre des risques, mais mesurés, sachant qu'ils ont le droit au succès comme à la faillite (the right to succeed and the right to fail).

Il n'y a rien de mal à vouloir éliminer les paradis fiscaux - tout le monde doit accepter les règles du jeu - mais l'opération serait plus crédible si les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la Chine ne s'attaquaient pas seulement aux autres tels que la Suisse, mais si les Anglais s'attaquaient également aux îles de la Manche (Channel Islands) et aux paradis dans les Caraïbes qui ont fini sur la liste blanche! Les trusts anglais ne sont pas non plus une institution pour assurer la justice fiscale. Quant aux Américains, Obama pourrait se tourner vers son vice-président Joe Biden, qui représente le paradis fiscal de l'Etat du Delaware. Les Etats du Wyoming et du Nevada devrait également orner la liste grise. A Miami en Floride, les barons de la drogue savent bien qu'on ne joue pas selon les règles dans cet Etat. La Chine a bien évité que Hong Kong et Macao finissent sur la liste grise. Si l'on établit des listes blanches, grises et noires, on doit le faire en se basant sur des critères objectifs et classer les places financières de manière adéquate.

Une politique cohérente n'oublie non plus qu'autour des “oasis” (un autre terme allemand pour les paradis fiscaux), il y des déserts, comme l'a bien remarqué le libéral allemand Guido Westerwelle. Sans politique fiscale cohérente et juste, l'Allemagne et bien d'autres pays n'arriveront pas à limiter l'évasion fiscale.

La meilleure recette contre la crise serait le libre-échange. Evidement, les membres du G20 se sont prononcé contre tout protectionnisme. Mais seulement 17 des 20 Etats présents, y inclus les Etats-Unis, ont justement fait le contraire, c'est-à-dire pris des petites mesures protectionnistes en temps de crise. La récession n’est pas terminée. Les membres du G20 auront l’occasion de revenir sur le sujet lors du prochain sommet.


 
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Au sommet du G20 à Londres, après sa “défaite” en matière de plan de relance global, Barack Obama a subi un autre échec en ce qui concerne le soutien militaire accru des membres européens demandés en Afghanistan par le président américain. Etant donné qu'Obama, quant à lui, a décidé qu'il enverra 15,000 troupes en plus, l'opération de l'OTAN en Afghanistan devient encore plus une opération américaine. L'administration Obama a, semble-t-il, mal préparé sa demande, car l'échec est cuisant. Quant aux arguments avancés, ils se limitaient aux terroristes d'Al-Qaida, aux Talibans et au danger de la déstabilisation de la puissance nucléaire qu'est le Pakistan. Le fait a lui seul que l'Afghanistan produit 90% de l'opium du monde entier devrait pousser les Européens à s'investir plus dans cette lutte.

L'Afghanistan est un pays sous-développé qui dépend largement du trafic de la drogue. Il est donc peut surprenant que cet Etat soit corrompu. Comme en Irak, pour obtenir le soutien de la population dans une guerre de guérilla, les membres de l'OTAN doivent impérativement gagné le soutien de la population locale. Des alternatives économiques à la production et au trafic de la drogue, des investissements dans l'infrastructure et dans les écoles sont vitaux. Déjà l'ancien secrétaire général de l'OTAN, Jaap de Hoop Scheffer, l'avait compris et communiqué que l'effort civil était aussi important que l'effort militaire, sauf que personne n'était prêt à y mettre les ressources nécessaires. La situation en Afghanistan se complique par le fait que le pays est divisé en de nombreux clans qui ne règnent parfois que sur une vallée. L'influence du gouvernement central est limité par le pouvoir des chefs de clans, à qui s'ajoutent des trafiquants de drogue et d'autres bandits, des Talibans et des terroristes, ainsi que toute sorte de combinaisons entre ces factions.

Avec le président Karzaï, Barack Obama a un “allié” à la tête de l'Etat afghan qui semble assez impuissant. Est-il également corrompu? Comme Karzaï, les Etats-Unis comptent sur une série d'alliés et de régimes amis qui sont plutôt embarrassants. La liste s'étend du Pakistan à l'Arabie-Saoudite jusqu'en Egypte, juste pour rester dans la région. Ces Etats figurent pour des raisons stratégiques, militaires ou à cause de ressources naturelles sur la liste des amis ou alliés. Ces régimes sont corrompus, incompétents et discrédités. A la fin, les “grands stratèges” américains se demandent, pourquoi les Etats-Unis sont impopulaires dans le monde musulman. Barack Obama aura beaucoup à faire non seulement pour guider les ennemis des Etats-Unis vers le bon chemin, mais également les alliés et amis. Bon courage!

Exprimer le désir de vouloir éliminer les armes nucléaires est bien pour faire la une des journaux, mais ne nous fait pas avancer. L'Inde et le Pakistan, deux  rivaux voisins, ne renonceront pas aux armes nucléaires. Le régime de la Corée du Nord en a besoin pour rester intouchable et pouvoir extorquer de l'aide à l'étranger. Surtout pour la Russie, mais également pour la France et la Grande Bretagne (sinon nous aurions déjà l'arme nucléaire de l'Union européenne), c'est un symbole de statut social, de statut de “grande puissance”. Donc au lieu de faire un grand discours sans fondement, Obama aurait mieux fait d'annoncer que les Etats-Unis réduiront leur arsenal nucléaire de 50%, ce qui serait toujours suffisant pour anéantir notre planète, suggérant ainsi que la Russie fasse de même.

De guider le monde libre avec son “soft power”, en donnant l'exemple et en abandonnant la torture sont des pas dans la bonne direction, mais l'inexpérience en matière de politique extérieure, militaire et économique et l'absence totale d'expérience dans un poste exécutif pourrait coûter cher. Barack Obama semble apprendre vite, mais n'a-t-il pas brûlé trop d'étapes sur son parcours politique?

Le président Obama a justement remarqué que les Etats-Unis sont la puissance la plus grande et riche de la planète, mais qu'ils ne peuvent pas à eux seuls affronter les problèmes de ce monde tels que les cartels de la drogue, le changement du climat et le terrorisme, pour n'énoncer que certains. Il avait bien raison. Mais comme le général de Gaulle disait, les Etats n'ont pas d'amis, ils ont seulement des intérêts. Dans le cas de Barack Obama, on est forcé de constater que jusqu'à présent il a essayé de créer un climat de coopération, de ne pas donner de leçons, mais d'écouter. S'il s'agissait de désamorcer la situation, de créer un climat de coopération, c'était un premier pas valable. Le ton fait la musique. Mais à la fin, même en politique extérieure, il n'y a que les résultats qui comptent. Les électeurs tireront leurs conclusions après quatre années. Barack Obama a encore du temps, mais le temps court et vole. Bientôt, il pourrait manquer. Le président doit devenir plus concret dans ses actions aussi longtemps qu'il jouit (encore?) du soutien de la grande majorité à la maison comme à l'étranger.







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