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Le Hamas et
le Fatah
La réconciliation
fragile. Des élections législatives et présidentielles à l'horizon.
Article du 5 mai 2011
Le 27 avril et le 4 mai au Caire,
le Hamas et le Fatah ont conclu et
signé un
accord au sujet de la formation d'un gouvernement de
transition formé de personnalités indépendantes et d'élections législatives
et présidentielles simultanées à organiser d'ici un an (texte complet en
bas).
Le chef de la délégation du Fatah, Azzam al-Ahmad et
le numéro deux du bureau politique du
Hamas, Moussa Abou Marzouk, ont négocié l'accord d'unité palestinienne sous
les auspices du chef des services secrets égyptiens. L'Egypte semble ainsi
regagner une importance parmi les musulmans au Moyen-Orient.
Le 4 mai 2011, le président de l'Autorité
palestinienne, Mahmoud Abbas, et le premier ministre du gouvernement Hamas dans la bande de Gaza, Ismaïl Haniyeh,
se sont réunis pour signer l'accord. C'était en réalité à des
personnes subalternes de signer l'accord. En plus, Abbas et Haniyeh se sont
disputés sur le choix de celui qui qui parlerait. Abbas, en tant que président de l'Autorité
palestinienne, a tenu à être reconnu en tant que tel.
Avant la cérémonie de
signature, Ismaïl Haniyeh
s'est même dit prêt à démissionner pour permettre la réconciliation entre le
Hamas et le Fatah. Le Hamas a fait des compromis car le document signé donne
une position importante au président de l'Autorité palestinienne. Par le
passé, le Hamas a refusé de reconnaître Abbas comme le président légitime.
En même temps, le fait que Haniyeh ait condamné l'assassinat de Ben Laden ne promet pas pour
le futur d'une paix éventuelle avec Israël. En plus, Haniyeh et le Hamas ne veulent toujours pas
reconnaître le droit d'existence de l'Etat d'Israël. Est-ce que leur
position évoluera au cours du processus de réconciliation, comme l'a fait le
Fatah par le passé? Ou au contraire, est-ce que le Fatah deviendra à nouveau
plus radical et remettra en cause les progrès obtenus dans les relations avec
Israël?
Intégrer l'aile militaire du Hamas dans les forces de sécurité
palestiniennes sera un obstacle à la paix inter-palestinienne. En plus, il
n'est pas exclu que le parti qui arrivera second aux élections législatives
et/ou de l'élection présidentielle conteste la validité de l'accord d'unité
et/ou des scrutins. Les contentieux difficiles entre le Fatah et le Hamas
doivent encore être résolus.
Le compromis actuel est le fruit de chocs externes.
Ismaïl
Haniyeh a été sous pression d'une bonne part de ces concitoyens qui, sous
l'influence des manifestations et des révolutions dans le monde musulman, ont
manifesté dans la bande de Gaza pour la réconciliation palestinienne.
Le régime de Bachar el-Assad en Syrie risque de s'effondrer
et/ou de perdre le reste de légitimité qu'il avait encore aux yeux de
certains musulmans. Ainsi, une base
de la puissance du Hamas risque de disparaître.
D'autre part, le président Mahmoud Abbas sait très bien que les élections
présidentielles en Palestine sont en souffrance. Sans un accord
avec le Hamas, il ne peut parler au nom de tous les Palestiniens et
conclure un accord de paix avec Israël sans risquer de perdre la bande de
Gaza définitivement, de morceler le petit territoire palestinien encore
plus. Avec la chute du président égyptien Hosni Moubarak, Abbas avait
perdu à son tour son soutien régional.
Le camp d'Abbas ainsi que le camp de Haniyeh ont donc tous les deux intérêt
à trouver une solution et à rentrer dans la légalité.
Depuis la victoire surprise du Hamas lors des
élections législatives de 2006 (48,3% pour le Hamas,
43,8% pour le Fatah), les relations entre le mouvement intégriste du Hamas
et le parti séculaire du Fatah se sont détériorées. En 2007 déjà, le Hamas
s'était emparé de la bande de Gaza par la force (la
guerre civile entre le Hamas et le Fatah).
Klezmer
sheet music
Un futur difficile
Selon le ministre des Affaires étrangère égyptien, Nabil al-Arbi,
l'Egypte rouvrira bientôt complètement et définitivement le passage de Rafah
qui relie la
bande de Gaza à l'Egypte. Le gouvernement israélien est inquiet, car des
armes et des terroristes pourraient transiter par ce passage. Quant aux
Egyptiens, ils ne semblent pour le moment pas inquiets que des armes et des
terroristes puissent
également transiter dans leur sens.
Le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, récolte le fruit de sa
politique qu'à moitié constructive.
Avec les très raisonnables Abbas et Fayyad, les Israéliens auraient pu
conclure un accord il y a longtemps. Développer le commerce et stimuler les
échanges entre la Cisjordanie et Israël, était un pas important entrepris
par Netanyahu. Comme prévu, la popularité du Hamas à
Gaza a souffert face à la prospérité en Cisjordanie. Mais dans le cas du
premier israélien, c'était la continuation de la
politique d'obstruction à la Sharon, de renvoyer la création d'un Etat
palestinien aux calendes grecques. D'amadouer les Palestiniens avec des bonbons
économiques ne peut faire oublier le manque de progrès politiques.
Netanyahu a répondu à l'annonce de l'accord de réconciliation entre le Fatah
et le Hamas que Mahmoud Abbas, le président de l'Autorité palestinienne,
devra “choisir entre la paix avec Israël et la paix avec le Hamas”.
Netanyahu, comme le gouvernement des Etats-Unis, a tout de suite signalé
qu'un futur gouvernement palestinien devrait renoncer à la violence et
reconnaître l'existence de l'Etat israélien, ce que le Hamas a toujours
refusé de
faire, notamment dans sa fameuse charte de 1988, un document antisémite.
Les gouvernements de Netanyahu et d'Obama ont raison de souligner qu'une
entente avec des Palestiniens, qui n'ont toujours pas renoncer à l'objectif
de la destruction de l'Etat d'Israël, n'est pas possible. Mais les
Israéliens, avec leur politique colonisation - poursuivi par la gauche comme
par la droite -, n'ont rien fait pour éliminer des obstacles à la paix non
plus. Netanyahu, en formant une coalition avec Avigdor Lieberman et les
partis ultra-orthodoxes, a clairement fait comprendre qu'il mettait ses
ambitions personnelles au-dessus de la recherche d'une paix durable. Quant à
Obama, en mettant d'abord la pression sur Netanyahu en demandant à juste
titre un gel de la colonisation pour ensuite renverser sa position ne s'est
pas distingué par sa cohérence. En plus, les Etats-Unis ont refusé de voter
la résolution du Conseil de sécurité de l'Onu sure la question de la
colonisation du territoire palestinien par Israël.
A part les révoltes et révolutions dans le monde musulman, un autre choc
externe secoue Israël: le Brésil, l'Argentine, l'Uruguay,
l'Equateur et la Bolivie notamment sont depuis 2011 parmi les Etats ayant reconnu
l'Etat palestinien. Abbas, qui se sent abandonné par l'administration Obama
dans la question de la colonisation et donc dans le processus de paix,
semble miser sur le reconnaissance de la Palestine par la communauté
internationale. C'est pourquoi il tente de se réconcilier avec le Hamas, car
la reconnaissance internationale doit reposer sur une Palestine qui possède
sa propre voix.
Le temps passe vite pour Mahmoud
Abbas (*1935), qui a dit à plusieurs reprises qu'il ne se représenterait pas lors de la
prochaine élection présidentielle. Parviendra-t-il à obtenir la
réconciliation des Palestiniens séculaires et religieux? Son parti, le
Fatah, reste un parti corrompu. Le Hamas prône toujours la destruction
d'Israël. Il reste un an anvant les élections palestiniennes pour changer
tout cela. Il est temps que de nouveaux partis crédibles soient fondés en
Palestine.
La paix passe par la reconnaissance de l'Etat d'Israël ainsi que
par l'établissement d'un Etat palestinien occupant la totalité des
“territoires occupés” par Israël depuis 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale.
La solution est connue de tous. Mais le chemin pour y parvenir semble
toujours difficile.
Quant au chef d'orchestre
Daniel Barenboim, il a organisé le 3 mai 2011 à Gaza
un concert avec son Orchestre pour Gaza, formé spécialement pour
cette occasion!
Jewish
sheet music
En bas le texte complet de l'accord entre le Fatah et le Hamas conclu et
signé entre le 27 avril et le 4 mai 2011 au Caire (texte en anglais):
Full text of the Agreement between Fatah and Hamas, translated by Al Mubadara, the Palestinian National
Initiative (Mustafa Barghouti).
This document is currently in the process of being signed
by all of Palestine’s factions and parties.
Under the auspices of Egypt, delegations from the Fatah
and Hamas movements met in Cairo on April 27, 2011 to discuss the issues
concerning ending the political division and the achievement of national
unity. On top of the issues were some reservations related to the
Palestinian National Unity Accord made in 2009.
Both political parties mutually agreed that the basis of
understanding made during the meeting are committing to both parties in the
implementation of the Palestinian National Reconciliation Agreement. The
basis of understanding agreed upon by Fatah and Hamas are as follows.
1. Elections
A. Election Committee:
Both Fatah and Hamas agree to identify the names of the
members of the Central Election Commission in agreement with the Palestinian
factions. This list will then be submitted to the Palestinian President who
will issue a decree of the reformation of the committee.
B. Electoral Court:
Both Fatah and Hamas agree on the nomination of no more
than twelve judges to be members of the Electoral Court. This list will then
be submitted to the Palestinian President in order to take the necessary
legal actions to form the Electoral Court in agreement with the Palestinian
factions.
C. Timing of Elections:
The Legislative, Presidential, and the Palestinian
National Council elections will be conducted at the same time exactly one
year after the signing of the Palestinian National Reconciliation Agreement.
2. Palestine Liberation Organization
The political parties of both Fatah and Hamas agree that
the tasks and decisions of the provisional interim leadership cannot be
hindered or obstructed, but in a manner that is not conflicting with the
authorities of the Executive Committee of the Palestine Liberation
Organization.
3. Security
It was emphasized that the formation of the Higher
Security Committee which will be formed by a decree of the Palestinian
President and will consist of professional officers in consensus.
4. Government
A. Formation of the Government:
Both Fatah and Hamas agree to form a Palestinian
government and to appoint the Prime Minister and Ministers in consensus
between them.
B. Functions of the Government:
1. Preparation of necessary condition for the conduction
of Presidential, Legislative and the Palestinian National Council elections.
2. Supervising and addressing the prevalent issues
regarding the internal Palestinian reconciliation resulting from the state
of division.
3. Follow-up of the reconstruction operations in the Gaza
Strip and the efforts to end the siege and blockade that is imposed on it.
4. Continuation of the implementation of the provisions of
the Palestinian National Accord.
5. To resolve the civil and administrative problems that
resulted from the division.
6. Unification of the Palestinian National Authority
institutions in the West Bank, Gaza Strip and Jerusalem.
7. To fix the status of the associations, Non-Governmental
Organizations and charities.
5. Legislative Council:
Both Fatah and Hamas agree to reactivate the Palestinian
Legislative Council in accordance to the Basic Law.
- Fatah
- Hamas
- Islamic Jihad
- Popular Front for the Liberation of Palestine
- Democratic Front for the Liberation of Palestine
- Palestinian People’s Party
- Palestinian Popular Struggle Front
- Palestinian Liberation Front
- Arab Liberation Front
- Popular Front for the Liberation of Palestine – General Command
- Baath Arab Socialist Party (al-Saika)
- Palestinian Arab Front
- Palestinian Democratic Union (FIDA)
- Popular Resistance Committees [observer status only]
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