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Le compromis
sur la dette aux Etats-Unis semble imminent
Livres au sujet de la dette publique
Ajouté le 1.2.2011 à 21:00 (Heure
de Riga)
Comme prévu, le Sénat américain a
également approuvé le plan de réduire la dette (oui 74, non 26).
Ajouté le 1.2.2011 à 14:24 (Heure
de Riga)
Le texte législatif de 74 pages
approuvé par la Chambre:
Budget Control Act Amendment.
Ajouté le 1.2.2011 à 03:10 (Heure
de Riga)
La Chambre des représentants a
accepté le plan (une loi de 74 pages) de réduire les dépenses et d'augmenter
le plafond de la dette avec 269 contre 161 voix.
Ajouté le 1.8.2011 à 02:45 (Heure de Riga)
Des détails du possible compromis
commencent à émerger: cf. notre
article anglais.
Article du 1er août 2011; ajouté à 00:42 (Heure de Riga)
Il est inévitable de relever le plafond de la dette
publique aux Etats-Unis. Le budget a été approuvé à la fin 2010. Il
s'agit maintenant de payer les factures. Selon le leader de la minorité
républicaine au Sénat, Mitch McConnell, un compromis semblerait imminent.
Selon des sources, il s'agirait d'économiser $3000 milliards sur une décade.
Cela semble trop peu. Les Etats-Unis risquent de perdre la note
«AAA»,
et donc de payer plus pour leur dette. Le temps presse...
Normalement, augmenter le plafond de la dette n'est qu'une formalité. Le
fondateur et chef de la fameuse Tea Party Nation, Judson Phillips, a
évidemment raison lorsqu'il dit que ni les Démocrates, ni les Républicains
n'ont véritablement l'intention de réduire la dette publique. Les Etats-Unis
ne peuvent continuer à emprunter de l'argent qu'ils n'ont pas. C'est
pourquoi les quelques 80 membres de la Chambre des représentants qui doivent
leur victoire à la Tea Party et qui font partie des Républicains sont aussi
intransigeants. Il fallait un coup de fouet pour les réveiller.
Quant à l'exécution de ses bonnes intentions (qui sont, sur d'autres plans,
d'ailleurs souvent aberrantes), on peut avoir quelques doutes. Il était nécessaire de pousser et
de bousculer les deux vieux partis qui n'ont toujours pas complètement compris
le message. Mais le défaut de paiement était trop imminent.
La démocratie, c'est l'art du
compromis. L'attitude du tout ou rien fonctionne au début d'une négociation,
mais à la fin, elle n'est plus constructive. Déjà dans les années 1990, les
Républicains étaient allé trop loin (overplayed their hand) et ont
ainsi donné une deuxième vie à Bill Clinton.
En juillet 2011, le
président de la Chambre des représentants, le Républicain John Boehner, semblait sur le chemin d'un véritable compromis dans la bonne direction
avec le président Obama. Mais, proche du but, il perdait le
contrôle sur ses troupes dans la Chambre des représentants. Obama n'était
pas innocent non plus. La gauche de son parti était outragée parce qu'elle
considérait le président comme un mauvais négociateur qui faisait trop de
concessions. Par conséquence, à la dernière minute, Obama a présenté une
demande de $400 milliards de recettes fiscales supplémentaires (une
augmentation de $800 milliards à $1200 milliards), ce qui a entraîné Boehner,
outragé, à quitter la table des négociations.
Les Républicains avaient pourtant toutes les raisons d'être un peu plus
humble car c'était sous leur président,
“Bush le Tortionnaire”,
que le budget et la dette publique avaient explosé à cause des baisses d'impôts
au moment d'une augmentation des dépenses publiques, parmi lesquelles le secteur avant
tout militaire (guerres en Afghanistan et en Irak), mais aussi dans les
domaines de la
santé et des retraites. La majorité des Républicains ne veut toujours pas
toucher les dépenses militaires, pourtant exorbitantes et dans beaucoup de
cas ineffectives. En plus, ils ne voulaient même pas toucher les
trous fiscaux qui permettent de payer moins d'impôts (fiscal loopholes).
Le président Barack Obama, quant à lui, n'est pas très crédible non plus
quand il se présente comme l'homme de la
“discipline fiscale”. Déjà en
mai 2009, nous avions souligné le danger global de
dépenses irresponsables pour
“sauver le monde” dans le contexte de la crise financière. Rien n'a changé. Au
contraire. Le président Obama, avec son programme de
“stimulus”, ObamaCare et des dépenses militaires toujours incontrôlées, n'a fait
qu'aggraver le problème de la dette publique et du déficit budgétaire
chronique. En
Afghanistan, la guerre
“intelligente” selon Obama, en opposition à la guerre en Irak: on ne sait pas dans quelles poches quelques $18
milliards destinés à la reconstruction ont fini! L'agenda
social-démocrate du président n'était ni une recette pour sortir de la crise,
ni une mesure de discipline fiscale.
Livres au sujet de la dette publique
En plus, les chiffres actuels montrent une économie américaine stagnante. Le taux de chômage
se situe autour de 9%. Le déficit budgétaire (avant le compromis sur la
dette) a été estimé à atteindre 9% du PIB en 2011. En comparaison, dans la zone euro, on
estime le déficit budgétaire à 4,3% du PIB cette année; les critères de
Maastricht avaient prévu un plafond de 3%.
Aux Etats-Unis, pendant la période d'avril à juin 2011, l'économie n'a
progressé que de 1,3%, avec les analystes prévoyant une croissance de 1,8%.
Pire encore, les chiffres pour le premier trimestre 2011 ont été
substantiellement revus à la baisse, de 1,9% comme annoncé plutôt dans l'année à
seulement 0,4%, une vraie claque!
En février 2009, j'ai décrit la situation américaine avec la phrase
catch-22, qui signifie en
essence faire à la fois une chose et son contraire. L'économie des
Etats-Unis dépend à deux-tiers de la consommation. Malheureusement, les
consommateurs américains sont surendettés et devraient épargner plus. Pire
encore, la dette publique au niveau fédéral comme au niveau des Etats
constituant les EU est également hors contrôle. La situation est morose car
les EU devraient investir dans leurs infrastructures désuètes, mais les
moyens manquent. Quant au problème des banques trop grandes à faire faillite
et trop importantes à être sauvées, il s'est aggravé à cause des fusions entre
banques pour sauver les faibles: il y a moins de banques et elles sont plus
grandes aujourd'hui. La liste continue. Barack Obama, son administration
ainsi que le Congrès n'ont pas fait le ménage au niveau des hypothèques avec
les géants Fannie Mae et Freddie Mac toujours en vie.
Les Etats-Unis ne peuvent pas continuer à sauver des banques et autres
constructeurs automobiles. Si une entreprise et trop grande, elle doit être
fractionnée. Il est également inadmissible de continuer à faire endosser aux
contribuables la responsabilité des pertes des banques et autres entreprises en crise, comme
en le fait également en Europe, où on ne sauve pas la Grèce, mais les
banques et autres investisseurs qui ont prêtés de l'argent à ce pays
moribond. L'économie de marché inclut le droit au succès comme le droit à
l'échec, qui n'est d'ailleurs pas la fin mais permet un nouveau départ.
Aux EU comme dans l'UE, on doit arrêter de subventionner l'agriculture; dans
l'UE la France est d'ailleurs le plus grand champion dans le domaine. Aux
Etats-Unis comme dans l'Union européenne, les subsides de tout genre (aux EU
par exemple pour des compagnies pétrolières) ainsi que d'autres cadeaux
fiscaux à des intérêts spéciaux doivent être éliminé.
Retour à la dette publique des EU:
Les Républicains veulent évidemment faire de la dette un enjeu électoral en
2012.
Les Démocrates par contre veulent une augmentation du plafond de la dette
qui permet d'enterrer la question jusqu'en 2013, après les élections
parlementaires et présidentielles. Des deux côtés, honni soit qui mal y
pense...
Avec le Sénat à majorité démocrate et la Chambre des représentants à
majorité républicaine, la bataille pour trouver un compromis sur la dette aux Etats-Unis
s'annonçait difficile. Certains comme le président lui-même se
trouvaient déjà des deux côtés du conflit: en tant que sénateur, Obama était opposé à une augmentation du plafond de la dette (debt
ceiling). On aurait bien aimé assister à une discussion entre Obama-sénateur
et Obama-président...
L'Europe ne va pas mieux que l'Amérique. La France présentera probablement fin 2011 un déficit budgétaire de 7%. La dette française avoisinera
bientôt - comme aux Etats-Unis - les 100% du PIB.
Le sommet pour sauver la Grèce et l'euro n'a pas atteint son but et
la dette italienne nous préoccupera à long terme malgré le budget
d'austérité adopté récemment.
Il reste beaucoup à faire des deux côtés de l'Atlantique pour redresser la
situation!
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