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Le gouvernement Merkel 2009
Article du 1er novembre 2009

La coalition Noire-Jaune en Allemagne
  
Les élections allemandes 2009 offrent à la chancelière Angela Merkel la possibilité de continuer à gouverner le plus grand pays de l'Union européenne du point de vue du poids démographique et économique. Les négociations entre la CDU d' Angela Merkel, son parti frère de la Bavière, la CSU de Horst Seehofer, ainsi que les libéraux du FDP de Guido Westerwelle ont été terminées en un temps record. Le résultat pourtant est moins brillant.

La coalition Noire-Jaune entre chrétiens-démocrates et libéraux a été désirée par les partenaires en question depuis longtemps. Mais depuis 1998, la CDU à elle-seule se trouve en dessous des 30%, la CDU/CSU en dessous de 40%. Ensemble avec le FDP, la CDU/CSU n'a plus trouvé de majorité lors des élections au Bundestag. Même en 2009, la coalition Noire-Jaune a uniquement gagné une majorité des sièges mais non pas une majorité du vote populaire.

Etant donné qu'Angela Merkel et Guido Westerwelle ont tout juste échoué en 2002 et en 2005 de former une coalition commune, ils avaient tout le temps pour réfléchir comment gouverner ensemble. Malheureusement, la chancelière a abandonné son élan réformateur après les élections de septembre 2005, suite à la formation de la Grande Coalition entre chrétiens-démocrates et sociaux-démocrates. Elle est devenue de plus en plus sociale-démocrate. A juste titre, on a beaucoup parlé du manque de volonté de réformes en France, mais longtemps on a oublié que le fait est identique en Allemagne. Angela Merkel n'est pas une dame de fer comme Margaret Thatcher. Elle n'est pas non plus une ordolibérale qui veut retourner aux recettes à succès d'un Ludwig Erhard, le ministre du miracle économique de l'après-guerre sous le chancelier Konrad Adenauer. Elle est plutôt une politicienne de puissance à la manière d'Helmut Kohl. Elle est avant tout focalisée sur le maintien au pouvoir. En plus, elle est prudente et pragmatique.




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Des interprétations divergentes voire incompatibles du traité de coalition


Les négociations de coalition entre CDU/CSU et FDP n'ont pas vraiment abouti. Les idées entre CDU, CSU et FDP restent partiellement incompatibles. Le traité de coalition avec ses 124 pages ne donne pas de réponses claires à quelques grandes questions et/ou leur interprétation reste contestée.

Premièrement, le FDP voulait absolument tenir sa promesse électorale et décider des allègements fiscaux estimés à 35 milliards d'euros. L'Union de la CDU et de la CSU était disposée à offrir 20 milliards. Le compromis est un allègement fiscal de 24 milliards d'euros à partir de 2011. Etant donné que la coalition Noire-Jaune n'a pas adopté de compression budgétaire, les pertes fiscales ne seront pas compensées. Donc, la dette allemande croîtra. Ce n'est pas tout à fait la politique budgétaire responsable que les électeurs attendaient.

La situation est encore pire: Le FDP dit clairement que les allègements fiscaux font partie du traité de coalition et ne sont donc plus négociables. Plusieurs membres éminents de la CDU/CSU par contre contestent cette interprétation. Le nouveau Ministre des finances Wolfgang Schäuble de la CDU dit clairement que la décision définitive au sujet des allègements fiscaux pour 2011 sera pris en mi-2010. A cause de la crise économique et financière, le futur est très incertain, donc aucun engagement définitif peut être pris maintenant. En plus, Schäuble cite la complexité du sujet et l'accord des Länder qui est nécessaire. En fait, plusieurs ministre-présidents de la CDU sont très critiques quant aux sujet des allègements car il reviendra largement aux Länder de payer les frais à travers des prélèvements fiscaux plus bas. A cause de la crise économique, ils ont déjà suffisamment de problèmes même sans baisse des taxes.

Une baisse des taxes est censé de stimuler l'économie. Cela peut être vrai dans certaines circonstances et jusqu'à un certain point. Le problème est que le gouvernement Merkel
“finance” cette mesure fiscale à crédit. Personne ne sait évidemment quelle baisse des taxes amène exactement quelle hausse de la croissance, mais la majorité des experts conclut que la croissance créée par la baisse des taxes ne suffira même pas pour produire le revenu nécessaire pour payer les intérêts engendrés pour l'augmentation de la dette publique de l'Allemagne.

Deuxièmement, la politique de santé reste contestée. Le Fonds de santé créé par la Grande Coalition de Merkel et mis en place au début de 2009 continuera de fonctionner selon le Traité de coalition bien que le FDP voulût clairement l'abolir. Le chef de la CSU Horst Seehofer dit que pour le moment rien ne change. Le chef du FDP assis à côté de lui lors de la même conférence de presse affirme le contraire. Bref, malgré le traité, CDU, CSU et FDP ne sont pas d'accord sur la marche à suivre.

Au lieu d'utiliser l'urgence de la crise économique pour finir avec des politiques contreproductives et/ou insoutenables, la coalition Noire-Jaune aggrave encore la situation, maintient voire amplifie des politiques douteuses. Au lieu de réduire des subventions, l'Allemagne augmente la dette publique et continue à vivre à crédit. Au lieu de libéraliser le
marché de l'agriculture” par exemple, les paysans allemands recevront sur deux années 750 millions d'euros supplémentaires, dont les producteurs de lait à eux seuls 500 millions.

En conclusion, la coalition Noire-Jaune représente certainement le meilleur résultat électoral possible en 2009. Cela ne veut cependant pas dire qu'un tel gouvernement soit “idéal”. Le gouvernement Merkel manque de projets bien définis, de fil conducteur pour donner une poussée d'énergie à l'Allemagne. Sans énergie et sans idées, cette coalition restera aussi pâle que la précédente.



Le cabinet Merkel II avec 16 ministres, y inclut la chancelière

Angela Merkel (*1954) reste la chancelière. Avec son sens du pouvoir, elle a tout fait pour qu'il n'y ait pas de rival qui puisse lui faire de l'hombre voire la détrôner un jour. Sous-estimée au début, elle est surestimée depuis son accession à la chancellerie. Elle était en tout cas partiellement responsable des défaites électorales de 2002 et 2005 et pour le triste résultat en 2009. Malgré un bilan assez maigre en tant que chancelière avec un politique plutôt sociale-démocrate et un talent rhétorique limité, elle s'est maintenue au pouvoir. Le borgne est roi parmi les aveugles.

Le ministre à la chancellerie fédérale (Kanzleramtsminister) est Ronald Pofalla (*1959). L'ancien secrétaire-général de la CDU est un homme pâle qui servira Merkel.

Le ministre avec le plus de poids derrière la chancelière est le Ministre des Finances, car il a un droit de véto et peut donc efficacement contrôler les dépenses de tous les autres ministres. A la surprise générale, Wolfgang Schäuble (*1942) de la CDU a obtenu ce poste. A 67 ans, cet ancien disciple puis rival de Helmut Kohl n'a plus d'ambitions plus hautes. Merkel ne le considère plus comme un rival. Il est sérieux, studieux et obstiné, idéal selon Merkel pour veiller sur les finances allemandes. L'ironie de l'histoire veut que Schäuble n'est notamment pas devenu chancelier parce qu'il a une fois reçu DM 100,000 en espèces d'un lobbyiste et a
“oublié” de s'en souvenir à temps interrogé à ce sujet au parlement (en allemand: le scandal des caisses noires, critique d'un livre écrit par Schäuble). Dans un fauteuil roulant depuis un attentat commis par un déséquilibré en 1990, il veille maintenant sure les finances de l'Allemagne. Espérant qu'il a appris à tout compter et qu'il n'accepte plus d'enveloppes suspectes! En tant que Ministre de l'Intérieur dans la Grande Coalition, cet avocat de formation ne s'est pas distingué par une politique de sécurité intérieure très libérale et un respect excessif des droits fondamentaux. Espérant, qu'en tant que Ministre des Finances, il saura dire non qu'on cela s'avéra nécessaire.

Heureusement, au poste de Ministre de la Justice en trouve maintenant une de ses critiques, la libérale Sabine Leutheusser-Schnarrenberger (*1951). Elle a déjà occupé ce poste de 1992 à 1996 sous Helmut Kohl. Elle est un libérale de gauche, mais aussi longtemps qu'elle ne s'occupe pas d'économie, on peut bien vivre avec elle. Le 14 décembre 1995, elle a annoncé qu'elle quittait son poste de ministre à cause d'une loi de surveillance policière accrue (connu sous le terme populaire Grosser Lauschangriff). Elle a quitté son poste en janvier 1996. Un acte unique (!?) dans l'histoire de l'Allemagne fédérale. En 2004, la Court constitutionnelle lui a donné raison (ainsi qu'à d'autres libéraux), la loi contestée violait la Constitution allemande.

Le chef du FDP Guido Westerwelle (*1961) a choisi le Ministère des Affaires étrangères, un fief traditionnel des Libéraux. Tous les ministres des affaires étrangères sont populaires car ils voyagent à travers le monde, se font voir avec des hommes d'Etat importants et ont rarement à annoncer de mauvaises nouvelles. L'importance de ce ministère est limitée. Angela Merkel est un poids-lourd un politique internationale. Elle restera sûrement présente dans toutes les occasions importantes telles que des rencontres avec Obama, Putin ou au niveau de l'Union européenne. La marge de main d'oeuvre de Westerwelle, qui n'a d'ailleurs montré que peu d'affinité avec la politique étrangère dans le passé, restera limitée. Il aurait mieux fait de choisir le Ministère des Finances.

Le poids de Westerwelle sera également limité par le Ministère de la Défense qui s'occupe notamment du dossier toxique de la guerre en Afghanistan, bien qu'en Allemagne, le gouvernement ne qualifie toujours pas ce conflit de
“guerre”. Karl-Theodor Freiherr von und zu Guttenberg (*1971) est l'étoile montante non seulement de la CSU, mais de la politique allemande tout court. Il doit sans ascension fulgurante dans l'opinion publique surtout à son allure et ses bonnes manières qui font fondre les coeurs des Allemandes. Cependant, en tant que Ministre de l'Economie dans la Grande Coalition de février à octobre 2009, il avait également fait bonne figure. Il peut être considéré un ordolibéral. Sans succès, il s'est opposé à sauver Opel et Arcandor (Quelle) avec l'argent de l'Etat. Le Ministère de la Défense est son terrain naturel un tant que spécialiste en politique internationale et de sécurité. Karl-Theodor zu Guttenberg a étudié le droit et les sciences politiques, il est docteur en droit, marié avec deux enfants, qui pourrait dans quelques années accéder au plus hautes fonctions de l'Etat. Il a de très bonnes relations au niveau international, notamment aux Etats-Unis. Dans quatre ans, s'il ne fait pas d'erreurs majeures, il pourrait devenir un rival sérieux d'Angela Merkel. Pour le moment, il est un talent prometteur.

Le Ministre zu Guttenberg n'est pas la seule étoile montante. Philipp Rösler (*1973) du FDP est encore plus jeune. Le nouveau Ministre de la Santé est un chirurgien de formation et un politicien de l'ordre (Ordnungspolitiker) libéral qui a servi comme Ministre de l'Economie dans le Land de Basse-Saxe depuis le 18 février 2009. Le Ministère de la Santé est miné. Le secteur de santé en Allemagne comme dans tous les pays occidentaux est tout sauf un secteur dans lequel prospèrent les idées libérales. L'absence d'un véritable marché, la présence des cartels, l'existence des subsides et bien d'autres problèmes le font un cauchemar pour tout libéral. Il reste à voir comment Philipp Rösler s'en sortira. De part sa formation, son expérience et son esprit vif, il est le choix idéal pour ce poste. Son seul manque est sa relative inexpérience ministérielle. Un dernier détail: Philipp Rösler est d'origine vietnamienne. Il a été adopté par un couple allemand. Il est arrivé en Allemagne à l'âge de neuf mois. Il est la preuve que l'ascension et l'intégration sont possibles pour des étrangers en Allemagne.

Le Ministère de l'Economie est occupé par Rainer Brüderle (*1945). Ce membre du FDP s'est distingué par son engagement pour la classe moyenne, la politique d'ordre libéral et sa défense du vin allemand. En tant que secrétaire d'Etat et de ministre dans le Land de Rhénanie-Palatinat, il est un spécialiste de l'économie. Il reste à voir s'il peut s'affirmer au niveau national ou si on n'aurait pas dû créer un ministère de la dégustation du vin allemand pour lui.

Hermann Otto Solms (*1940, en fait, Hermann Otto Prinz zu Solms-Hohensolms-Lich, un autre membre de la noblesse allemande), aurait été un autre choix idéal pour le poste de ministre des Finances ou de l'Economie. Est-ce qu'il a perdu l'accès au pouvoir ministériel à cause de son idée de créer un budget hors budget (Schattenhaushalt) pour “financer” les allègements fiscaux promis par le FDP, ce qui a créé - à juste titre - un tollé dans la presse allemande et a forcé la coalition à abandonner cette “solution” facile? Ou est-ce qu'il a simplement été la victime de l'arithmétique de coalition parce que Angela Merkel tenait à garder le Ministère des Finances pour la CDU, que Solms était le candidat naturel du FDP à ce poste tandis que Brüderle l'était pour celui de Ministre de l'Economie, un portefeuille dans l'ombre de celui des Finances?

Ursula von der Leyen (*1958) est la fille de l'ancien Ministre-président de Basse-Saxe de 1976 à 1990 Ernst Albrecht, un poids-lourd de la CDU. Comme Ministre de la Famille, des Femmes et de la Jeunesse, Ursual von der Leyen s'est fait un nom dans la Grande Coalition d'Angela Merkel. Ce médecin de formation a sept enfants. Elle est sous-estimée et pourrait dans certaines circonstances devenir une rivale d'Angela Merkel. Dans le deuxième cabinet Merkel, la belle Ursula garde son ministère.

Les autres ministres semblent de moindre importance. Le malheureux ancien Ministre de la Défense Franz Josef Jung (*1949) de la CDU a eu quelques problèmes de communication. Sans briller, Merkel l'a retenu comme Ministre du Travail et des Affaires sociales dans son deuxième cabinet. Thomas de Maiziere (*1954) est l'ancien chef de la chancellerie d'Angela Merkel qui a tenu à retenir cet homme de confiance comme Ministre de l'intérieur. Annette Schavan (*1955) s'occupe du Ministère de l'Education et de la Recherche. Peter Ramsauer (*1954) de la CSU est le nouveau Ministre des Transports, de la Construction et du Développement urbain, Ilse Aigner (*1964) de la CSU continue dans le Ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et de la Protection du consommateur, un poste qu'elle occupe depuis le 31 octobre 2008, remplaçant Horst Seehofer qui est alors rentré en Bavière pour s'occuper de ce Land comme Ministre-président. Dirk Niebel (*1963) du FDP s'occupe du Ministère de la Coopération économique et du Développement, un poste que le FDP voulait en fait fusionner avec le Ministère des Affaires étrangères. Maintenant, Niebel s'occupera probablement à ne pas faire de l'ombre à son chef de parti Guido Westerwelle. Norbert Röttgen (*1965) de la CDU occupe le Ministère de l'Environnement, un domaine pour lequel il n'a pas montré d'affinité particulière par le passé.







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