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La droite en Autriche
Article du 7 janvier 2009
  
Une fois de plus, la droite en Autriche est en ébullition. En fait, la droite populiste voire extrémiste.

A un congrès anticipé de parti, le FPK (Die Freiheitlichen in Kärnten), l'ancien BZÖ de Carinthie, décidera s'il veut définitivement quitté le BZÖ (Bündnis Zukunft Österreich). Le BZÖ est un parti fondé par le (plus ou moins ou pas du tout) regretté populiste de droite Jörg Haider (1950-2008).

Lorsque l'ancien homme fort de la droite populiste, Jörg Haider, a risqué de perdre le contrôle du FPÖ en 2005, il a fondé le BZÖ du jour au lendemain. Après sa mort dans un accident de voiture (Don't drink and drive!) en octobre 2008, les héritiers du parti de Haider en Carinthie ont donc décidé de rejoindre le FPÖ dirigé par le nouvel homme fort de la droite populiste en Autriche, Heinz-Christian Strache.

Lors des dernières élections législatives en Autriche, le BZÖ a uniquement gagné de l'importance en Carinthie, où il gouverne depuis le temps de Jörg Haider. Dans le reste du pays, le BZÖ, dirigé par Josef Bucher, est insignifiant. Si le BZÖ de Carinthie décide donc de rejoindre le FPÖ, cela signifiera probablement la fin du BZÖ qui risquera de perdre sa représentation au parlement autrichien lors des prochaines élections nationales.

La situation est un petit peu plus complexe, car le BZÖ de Carinthie n'a pas l'intention (pour le moment) de se fondre complètement dans le FPÖ. La situation envisagé est similaire à celle de la CDU/CSU en Allemagne. L'Union démocrate chrétienne est le parti chrétien dominant en Allemagne, sauf en Bavière, où il ne se présente pas aux élections, car dans ce Land allemand, c'est la CSU (Union chrétienne sociale) qui gouverne. Au niveau fédéral, ces deux partis forment la coalition CDU/CSU.

Le BZÖ de Carinthie veut définitivement devenir le FPK et former une coalition avec le FPÖ au niveau fédéral en Autriche. Derrière la création FPÖ/FPK, il y a non seulement l'idée d'unir les forces de la droite, ce qui aurait été plus facile par une simple fusion du BZÖ de Carinthie avec le FPÖ, mais en plus l'idée d'avoir deux groupes au parlement fédéral à Vienne: toujours celui du FPÖ, mais en plus celui du FPK. Cela permettrait à cette nouvelle fraction de recevoir de l'argent supplémentaire de l'Etat. Mais cette idée n'a pas pu être réalisée, car tous les membres du BZÖ de Carinthie au parlement autrichien n'ont pas voulu rejoindre le FPÖ/FPK. Il manque donc au FPK le nombre nécessaire de membres pour former un groupe à part au parlement autrichien.

Vous avez compris, la situation de la droite populiste en Autriche est une affaire compliquée.



Que veulent donc ces partis, BZÖ, FPÖ et FPK? Plus au moins la même chose. C'est avant tout une querelle de chefs et de représentants clefs qui se détestent car ils sont tous issus du parti de Jörg Haider.

Le chef du BZÖ autrichien, Josef Bucher, a bien annoncé qu'il voulait transformer le BZÖ en un véritable parti libéral, un peu à l'image du FDP allemand. Cependant, par le passé, BZÖ, FPÖ et FPK ont été des partis populiste de droite, xénophobes et peu libéraux sur beaucoup de points autres que l'immigration et le traitement des étrangers. Que Josef Bucher (*1965), le chef du BZÖ autrichien, lui-même veuille transformer son parti, c'est encore partiellement crédible. Mais ces alliés dans le BZÖ sont des populistes et xénophobes tels qu'Ewald Stadler et Peter Westenthaler, qui sont idéologiquement proche de Strache du FPÖ et très loin d'une orientation libérale. En conclusion, la transformation du BZÖ en un véritable parti libéral semble d'avance voué à l'échec. En plus, Josef Bucher, contrairement à Heinz-Christian Strache, manque de charisme.

Uwe Scheuch (*1969), le chef (Parteiobmann) de l'ancien BZÖ de Carinthie, qui veut assurer son existence dans le FPK, a dès le début fortement combattu l'idée de Bucher de transformer le BZÖ autrichien en un parti du libéralisme économique (à lire l'article en allemand: L'Autriche une année après la mort de Haider). Avec un programme populiste, Uwe Scheuch voit la possibilité de gagner beaucoup plus d'électeurs qu'avec un programme libéral sérieux pour lequel il ne prévoyait en octobre 2009 qu'un potentiel de 5% à 10% des votes en Autriche.

Le futur du BZÖ dépend de la situation en Carinthie car seul dans ce Bundesland, le chef du gouvernement  (Landeshauptmann) était du BZÖ, maintenant du FPK. Gerhard Dörfler (*1955), le successeur de Jörg Haider à ce poste, a été un homme clef dans la lutte contre l'introduction de panneau d'affichages bilingues à l'entrée des agglomérations en Carinthie ordonnée par la Cour constitutionnelle.

Le BZÖ a été, et le FPK est maintenant, relativement populaire en Carinthie, également par d'autres mesures populistes, notamment par la distribution d'argent liquide par exemple pour des rentiers et des familles pauvres. Distribuer de l'argent en espèces, voilà des mesure bien féodales!

Quant à la banqueroute de la banque Hypo Group Alpe Adria, le BZÖ ne fait pas non plus bonne figure. Mais en Autriche, on a également connu des scandales dans des banques proches du SPÖ et des syndicats. C'est en fait un phénomène international, également connu en Suisse avec des banques cantonales ou en Allemagne avec des banques sous contrôles d'hommes politiques. Ce n'est pas un hasard si ce fut la Bayerische Landesbank qui a acheté le Hypo Group Alpe Adria. Des hommes politiques qui utilisent des banques à leurs propres fins, ce n'est pas une invention de Jörg Haider.

La prochaine étape de la saga de la droite autrichienne aura lieu le 16 janvier 2010 à Klagenfurt en Carinthie lorsque le FPK/Freiheitlichen in Kärnten décidera lors d'un congrès de parti s'il quitte le BZÖ fédéral pour définitivement devenir le FPK associé au FPÖ. Pour le moment, le seul candidat pour le poste de chef de la nouvelle formation FPK est Uwe Scheuch, bien que des membres du BZÖ fédéral pensent - selon leur chef Bucher - à une candidature éventuelle. Mais des noms n'ont pas encore été avancé. Au lieu de laisser décider un congrès de parti, Bucher pense demander une consultation de la base (Urabstimmung) du BZÖ en Carinthie au sujet de la création du BZÖ; la veuve de Jörg Haider soutient cette initiative. Uwe Scheuch insiste pour que la procédure adoptée (avec un congrès, donc des délégués qui votent) soit conforme aux statuts du parti.

Quant à Heinz-Christian Strache (*1969), le populiste le plus doué en Autriche, l'ancien élève de Jörg Haider qui a finalement détrôné son maître, il vient de souhaiter un Joyeux Noël aux chrétiens orthodoxes de Russie et de Serbie en Autriche parce que les églises orthodoxes sont une “part importante de la culture européenne”. Une bonne partie des orthodoxes célèbre Noël le 7 janvier, selon le calendrier julien. Le chef du FPÖ tente de se positionner comme le défenseur des chrétiens et des valeurs chrétiennes en Autriche.

N'oublions non plus que le chancelier autrichien Werner Faymann (*1960), le chef des sociaux-démocrates du SPÖ, n'est pas dépourvu de réflexes populistes. Il entretient d'excellentes relations avec Hans Dichand, l'éditeur de la fameuse Kronen Zeitung, un journal de boulevard vendu à un million d'exemplaires en Autriche, un pays avec une population de huit millions d'habitants. Ce n'est donc pas par hasard, qu'en juin 2008, Werner Faymann, avec le chancelier autrichien de l'époque, Alfred Gusenbauer, un social-démocrate lui-aussi, a demandé dans une lettre ouverte
adressée à Dichand dans la Kronen Zeitung, un revirement radical de la politique sociale-démocrate demandant une votation populaire en Autriche au sujet du Traité de Lisbonne.

Il nous restera donc assez de matériels pour des articles futurs. En Autriche, la situation est sans espoir, mais pas sérieuse...


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