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La crise grecque
La tragédie grecque est une tragédie européenne
Notes de
musique grecques - Greek sheet music.
Article du 3 mai 2010
La tragédie grecque est une tragédie européenne, car le
fameux Pacte de stabilité et de croissance (PSC), adopté en 1997 par le
Conseil européen, a été violé par de nombreux Etats par le passé comme dans
le présent.
Le PSC impose aux Etats de la zone euro que le déficit public ne dépasse pas
les 3% du produit intérieur brut (PIB). Le PSC a également fixé une valeur
de référence en matière d'endettement d'un pays membre, soit 60% du PIB.
Le PSC et les critères de Maastricht (3% et 60%) ont été le fruit des
préoccupations allemandes, car les Allemands, habitués au DM, se
préoccupaient de la stabilité de l'euro. L'ironie veut que ce fut les
Allemands, avec les Français, les Portugais, les Néerlandais et les
Grecs, qui, dans le passé, ont violé impunément les critères de Maastricht.
Le cas de la Grèce est particulièrement inquiétant. La dette grecque s'élève
à quelques 113% du PIB, soit autour de 300 milliards d'euros. En plus, en
2009, le déficit public de la Grèce a atteint 13,6%.
Pourquoi l'urgence? La Grèce doit régulièrement rembourser des intérêts de sa
dette colossale de 300 milliards d'euros. L'échéance la plus proche est
celle du 19 mai 2010 lorsque 9 milliards d'euros seront à rembourser ou à
refinancer. Etant donné que l'étendue de la crise grecque s'est seulement
manifestée dans les dernières semaines et que les agences de rating ont
abaissé la qualité de la dette grecque au niveau
“toc”
(“junk”), la Grèce ne peut plus refinancer sa dette à des taux
raisonnables (actuellement au-dessus de 10%). Donc l'aide des Etats membres
de la zone euro devient indispensable.
On est surprend tout de même que la Grèce et ses partenaires n'aient pas
envisagé une
“coupe de cheveux” (“haircut”), c'est-à-dire la perte d'une partie de la
dette de la part des créanciers (dans des cas similaires souvent autour de
50%). Une des raisons est clairement que notamment l'Allemagne et la France
n'aident pas seulement la Grèce, mais eux-mêmes, étant donné que se sont
leurs instituts financiers qui ont donné des dizaines de milliards à la
Grèce. Donc une fois de plus, les contribuables risquent de payer pour les
banques et autres instituts financiers.
Depuis des décennies, depuis l'admission dans la Communauté européenne puis
l'Union européenne et la participation dans la zone euro (sur la base de
statistiques régulièrement falsifiées), la Grèce a vécu au-dessus de ses
moyens. Les déficits budgétaires sont structurels. L'âge de départ à la
retraite se situe en moyenne à 61,3 ans, avec trop d'employée dans le
secteur public qui ont la possibilité de passer à la retraite avant
d'atteindre l'âge de 50 ans. En plus, dans les années de croissance entre
2000 et 2007, les Grecs se sont endetté au niveau individuel surtout pour
importer des produits de consommation de l'étranger.
Les gouvernements de la zone euro se sont mis d'accord pour aider la Grèce
- pour s'aider eux-mêmes - et accorderont des crédits pour un total de 110 milliards
d'euros au pays à la dérive pendant les 3 années à venir. En fait, les 15
autres Etats de la zone euro accorderont des crédits bilatéraux pour 80
milliards d'euros à la Grèce, le Fond monétaire international (FMI) donnera
30 milliards. La France donnera en tout des crédits pour 16,8 milliards
d'euros, l'Allemagne quelques 22,4 milliards d'euros à un taux fixe d'à peu
près 5%. Il ne s'agit donc pas d'un cadeau. La France et l'Allemagne
emprunteront de l'argent, mais le prêteront à la Grèce à un taux plus élevé.
Ces pays comme les autres feront donc un bénéfice dans l'hypothèse du
remboursement intégral de la dette par la Grecs, ce qui est loin d'être
assuré. Les Grecs en bénéficient tout de même car le taux d'intérêt de 5% est
bien au-dessous du taux pour la Grèce sur les marchés financiers qui, eux,
ne lui font plus confiance.
Le gouvernement grec - le PASOK socialiste qui a remporté 53,3% des votes
aux élections législatives du 4 octobre 2009 - s'est engagé à réduire le
déficit budgétaire jusqu'en 2014 en dessous de la barre de 3% du PIB. Les
mesures d'austérités décrétées par le Premier ministre grec Georges
Papandréou incluent notamment une augmentation de l'âge de la retraite et une
baisse des pensions, une augmentation de 2% de la TVA (de 21% à 23%!) et une
augmentation des impôts sur l'alcool et l'essence de 10%. Le budget grec
sera réduit de 30 milliards d'euros dans le 3 années à venir. Il s'agira
également de lutter contre les sports nationaux qui sont la fraude fiscale et la
corruption endémique, notamment le fakelaki, littéralement traduit
par
“petite enveloppe”, dans laquelle se trouve notamment l'argent pour se faire
traiter chez le médecin ou à l'hôpital.
Il reste à voir si le plan d'austérité sera rigoureusement appliqué. Les
Grecs risquent bien de le saboter, de faire chuter le gouvernement en
s'adonnant à un autre sport national, la grève. Les syndicats ont déjà
annoncé une autre grève générale pour mercredi.
Les pays donateurs ont spécifié que l'application des mesures à prendre par
la Grèce sera évalué tous les 3 mois. Dans le cas contraire, le Conseil des
ministres de l'Union européenne pourra décréter des mesures draconiennes
additionnelles pour atteindre l'objectif, même sans consultation de la
Grèce. On ne se fit plus aux promesses et statistiques grecques. Les hommes
politiques grecs ont trop triché, mal-utilisé ou détourné des fonds de l'UE
et considéré des prêts accordé à la Grèce comme des revenus. L'ordre du jour
est au contrôle. Mais est-ce que cela sera suffisant pour surmonter les déficits
structurels de la Grèce qui vit des armateurs, hôteliers et producteurs
d'olives et d'huile d'olive?
Déjà en 2002 et 2003, l'Allemagne et la France, pour ne mentionner que deux
Etats importants, ont violé le critère de Maastricht du déficit maximal de
3%. Ce sont donc les Etats
“sérieux” du Nord qui ont contribué à l'érosion des critères de Maastricht et
surtout à la non-sanction en cas de violation.
En Allemagne, la coalition rouge-verte sous Schröder ainsi que la grande
coalition sous Merkel ont lamentablement échoué au niveau de la réduction de
la dette publique et du déficit budgétaire, et tout cela bien avant la crise
financière liée aux
“subprimes” américains. Le cas grec est bien excessif, mais ne traduit
qu'une tendance générale en Europe de ne pas prendre les déficits et la
dette publique au sérieux. L'Europe n'est pas seule. Les Etats-Unis ont
abandonné le sérieux au niveau budgétaire sous George W. Bush et le Japon,
le cas le plus flagrant de l'irresponsabilité, vit avec une dette qui
frôlera bientôt les 200% du PIB, seulement possible grâce aux épargnants
japonais qui mettent leur épargne à disposition de l'Etat pour un taux
d'intérêt ridiculement bas. Le jour où les épargnants japonais
s'inquiéteront, les taux exploseront et l'Etat japonais sera tout simplement
en banqueroute.
Une crise est toujours une chance. Espérons que l'UE (ainsi que la
Belgique, l'Espagne, l'Italie, la Lettonie, le Royaume-Uni et l'Irlande,
pour mentionner que quelques autres Etats en crise), les Etats-Unis, le
Japon et les autres pays hautement endettés de notre planète retrouveront la
discipline budgétaire et commenceront même à réduire leurs dettes
respectives. Sinon, un jour, le système économique global s'effondra
vraiment!
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musique grecques - Greek sheet music.
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