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Yukio Hatoyama démissionne
Article du 2 juin 2010
Aujourd'hui, 2 juin 2010, le Premier ministre
japonais Yukio Hatoyama a annoncé sa démission. Il n'avait plus vraiment le
choix car, dimanche passé, un partenaire de sa coalition gouvernementale
tripartite, le Parti social-démocrate (PSD), a quitté le gouvernement. Le 28
mai, la présidente du PSD, l'avocate Mizuho Fukushima avait perdu son
portefeuille au gouvernement Hatoyama parce qu'elle n'acceptait pas
l'abandon par le Premier ministre de la promesse électorale de déménager la
base américaine de Futenma hors d'Okinawa. Hatoyama avait annoncé le 19
avril 2010 qu'il démissionnerait s'il n'arrivait pas à résoudre la dispute
au sujet de la présence militaire américaine jusqu'à la fin du mois de mai.
Actuellement, quelques 47,000 soldats américains se trouvent au Japon, ce
qui représente la
présence la plus importante des Etats-Unis dans un pays asiatique.
La popularité de Hatoyama a chuté en-dessous du seuil de 20% non seulement à
cause du non-déplacement d'une base américaine, mais également parce qu'il
n'a pas pu s'affirmer comme
“Monsieur Propre”.
Le
Minshutō
se voulait un contre-projet au Parti libéral-démocrate (Jimintō),
mais il a été rejoint par des scandales, notamment des scandales financiers
impliquant Hatoyama et Ichiro Ozawa, le
“Shogun dans l'ombre” du parti; il s'agit de donations mal-déclarées de la mère
richissime de Hatoyama, la fille du fondateur du producteur de pneus
Bridgestone ainsi qu'un scandale séparé de donations impliquant Ozawa.
La coalition tripartite entre
le Parti démocrate du Japon (PDJ) de Hatoyama, le Parti social-démocrate (du
centre-gauche) et le Nouveau parti du peuple (du centre-droit) n'aura ainsi duré que
neuf mois. Le 30 août 2009, ces trois partis avaient pourtant
remporté une élection historique.
Yukio Hatoyama est le quatrième premier ministre japonais a démissionné
après moins d'un an au pouvoir. L'instabilité politique en temps de crise
économique avec une dette publique qui s'approche des 200% du PIB ne
favorise pas la relance économique du Japon.
Ichiro Ozawa démissionne également
Que Yukio Hatoyama démissionne est une chose. Aussi importante est le fait
que le premier ministre a également annoncé la démission du secrétaire
général et fondateur du Parti démocrate, Ichiro Ozawa, afin de revitaliserle
Parti démocrate japonais. Ozawa était considéré l'homme fort du PDJ. Cet
ancien secrétaire général du presque tout-puissant Parti libéral-démocrate (PLD)
a été à son tour un protégé de Kakuei Tanaka, premier ministre japonais dans
les années 1970. Tanaka avait chuté après une série de scandales. Il avait
notamment accepté $1,8 million de pots-de-vin de l'entreprise américaine de
défense et d'aviation Lockheed. Il a été condamné à quatre ans de prison et
devait payer une amende de $2 millions, mais s'est fait libéré quasi aussitôt
et fut réélu au parlement. Avec ce mentor douteux mais populaire, Ozawa
faisait carrière dans le PLD jusqu'à devenir secrétaire général du parti.
Après sa démission de ce poste en 1993, ce redoutable négociateur a lutté
pour le renouveau du PLD. Il a prôné le libéralisme à la Thatcher, a demandé
un renforcement du poste du premier ministre, la réduction du poids de la
bureaucratie et la
“normalisation” en politique étrangère et militaire. Il s'était employé à la
participation du Japon à la première guerre du golfe. Lorsque Ozawa n'arriva
pas à s'imposer au sein du PLD avec sa faction Hata-Ozawa en 1993, il a
quitté ce parti pour fonder le Parti de la renaissance (Shinseitō),
qui a gagné 55 sièges sur 511 mandats lors des élections de 1993, finissant
troisième derrière le PLD et le Parti socialiste japonais (PSJ).
Dans une coalition anti-PLD, formé de sept partis, le Président Tsutomu Hata
et son secrétaire général Ozawa du
Shinseitō ont fait tombé le PLD pour la première fois
depuis sa formation en 1955. La victoire fut de courte durée car, en 1994
déjà, la coalition anti-PLD a chuté. En 1996, le
Shinseitō devint
Shinshinto, le Parti de la nouvelle frontière, pour se désintégrer en 1998
et puis plus au moins se réintégrer sous le nom de Parti démocrate du Japon
(PDJ,
Minshutō).
Ichiro Ozawa, l'homme fort derrière le premier ministre Hatoyama qui vient
de démissionner aujourd'hui, le 2 juin 2010, est donc associé aux deux
moments depuis 1955 lors desquels le monopole de pouvoir du PLD a été
contesté avec succès. Quant à Hata, il fait toujours
parti du PDJ comme
“conseiller suprême” d'Ozawa.
Le dilemme du Japon c'est que le PLD a dominé le paysage politique au point
de ne pas laisser de place à des partis et des hommes politiques
représentant une alternative crédible. La démocratie à la japonaise s'est soldée par une monoculture
politique. L'alternance au pouvoir est vitale. Les Japonais sont
conservateurs et ne font pas confiance aux chefs de l'opposition.
Actuellement, ni les partis traditionnellement dans l'opposition ni le
puissant Parti libéral-démocrate n'arrivent à convaincre le peuple. Une crise
politique combinée avec une crise économique peut mener au désastre. Le
renouveau du Japon est vital pour le monde entier.
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Sheet music
- notes de musique traditionnelle du Japon.
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