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Christian Wulff est élu président en Allemagne
Article du 2 juillet 2010

La coalition Noire-Jaune en crise et Merkel humiliée
  
Normalement, l'élection du nouveau président allemand aurait dû être une formalité pour la coalition gouvernante qui possède une majorité claire et nette à l'Assemblée fédérale (Bundesversammlung) qui ne se réunit que pour élire le président.

Mais nous nous trouvons en temps troubles. Les membres du
gouvernement Merkel se querellent sans cesse bien qu'ils forment la coalition désirée par tous les trois partis gouvernants depuis 1998, année d'accès au pouvoir du chancelier social-démocrate Gerhard Schröder.

L'Union chrétienne-démocrate (CDU) est en crise parce qu'elle perd une élection régionale après l'autre depuis l'accès au pouvoir de la Chancelière Merkel. Au niveau fédéral, elle a uniquement pu accéder au pouvoir parce que les Sociaux-démocrates perdaient encore plus de voix que l'Union et que son partenaire, le Parti libéral-démocrate (FDP), progressait.

L'autre aile chrétienne du gouvernement fédéral, l'Union chrétienne sociale (CSU), qui est uniquement représenté en Bavière où elle a dominé le paysage politique depuis la Seconde Guerre mondiale, se trouve également en crise et a perdu la majorité absolue. Gouvernant depuis octobre 2008 en coalition avec le FDP, le Ministre-président de la Bavière, Horst Seehofer, est un populiste qui veut redonner à son parti une majorité absolue. Lui et ses collègues ne reculent devant presque rien pour affaiblir le FDP au niveau fédéral.

Le FDP s'est longtemps concentré sur sa promesse électorale de baisser les impôts. En temps de crise, une baisse n'était plus au centre des préoccupations de la majorité des Allemands. Mais avant tout, le FDP n'a pas su présenter une réforme crédible du système des taxes. Les Libéraux (et la CSU) se sont concentrer sur une baisse de la TVA pour les hôteliers. Etant donné qu'ils ont profité de donations importantes d'un hôtelier, cet “réforme” financée à crédit (avec une dette fédérale qui augmente) avait un goût amer.

L'ironie c'est que l'Allemagne a besoin d'un système fiscal (impôts et taxes) plus transparent, plus équitable et plus simple. Une dose de libéralisme est nécessaire. Le chef des Libéraux, Guido Westerwelle, a réussi à discréditer son parti et même le libéralisme.

Et la Chancelière dans tout cela? Elle a regardé ses partenaires politiques se quereller. Dès le début de la coalition, le pacte électoral a été interprété de manière très différente par la CDU, la CSU et le FDP. Le résultat fut une cacophonie et un chaos inouï. Par son style de gouvernement, la Chancelière n'a pas su donner une direction à sa coalition. La réforme fiscale, la réforme du système de santé, la guerre en Afghanistan et la réforme militaire, la réduction de la dette publique, le futur du nucléaire en Allemagne, tout cela et bien plus encore reste un chantier désordonné.




Le mécontentement dans la coalition gouvernante et notamment dans la CDU de Merkel s'est manifesté lors de l'élection du nouveau président. Le chef de l'Etat a largement une fonction symbolique.

L'ancien président, Horst Köhler, fut élu en 2004 et réélu en 2009, grâce à Madame Merkel et sa coalition. Très populaire durant son premier mandat, cet ancien Directeur général du Fonds monétaire international fut moins chanceux avec ses interventions verbales - notamment au sujet d'Afghanistan - durant la première année de son deuxième mandat. Accusé par certains membres de l'opposition de vouloir réintroduire une sorte de politique militaire coloniale, le président, trop sensible à certains égards, se sentait atteint dans son honneur et déplorait le manque de respect à l'égard du Chef de l'Etat. Il ressentait fortement le manque de soutien de la part de la Chancelière. Du jour au lendemain, il a présenté sa démission.

La Constitution allemande prévoit l'élection d'un nouveau président au bout de 30 jours. La coalition Merkel était sous pression pour présenter très rapidement Christian Wulff comme candidat. Ce Ministre-président de Basse-Saxe est populaire et relativement capable. En tant que rival de Merkel, il n'a pas pu détrôner la Chancelière parce que les autres ministres-présidents de la CDU ne voulaient pas de lui. Il a donc enterrer son ambition de lui succéder à la tête du gouvernement. Il a toutes les chances de devenir un président populaire. Sa malchance était que l'opposition sentait qu'elle avait un coup à jouer en présentant une candidature attractive pour les membres des partis au gouvernement.

Les Sociaux-démocrates et les Verts ont réussi un petit coup en présentant Joachim Gauck, le très populaire ancien Commissaire aux Archives fédérales de la Stasi (le Ministère de la Sécurité d'Etat de la RDA, MfS). Ce pasteur protestant qui avait montré du courage face au régime communiste puis dans la bataille contre l'oubli du passé honteux de la Stasi, aurait été le candidat naturel voire idéal de la CDU, de la CSU et du FDP. Mais Merkel, Seehofer et Westerwelle s'étaient déjà mis d'accord sur Wulff et ne ne voulaient pas modifier leur décision face à deux candidats tout à fait éligible pour la droite. Ainsi, l'élection du Chef de l'Etat devint un test de popularité pour Merkel et pour la stabilité de sa coalition gouvernementale.

Au lieu d'un nouveau départ pour Merkel, Seehofer et Westerwelle, l'élection du président devint un vote de défiance et de méfiance. Le vote est secret, mais d'après tout ce qu'on a pu observer, ce sont les troupes de Merkel et probablement de Seehofer, donc la CDU et la CSU, qui se sont rebellées contre la Chancelière qui s'est fait quelques ennemis au fil des années. Mais ces derniers n'ont jamais réussi à véritablement affaiblir voire même à détrôner Merkel.

Dans le processus du choix du successeur pour Horst Köhler, la très populaire Ministre du Travail et des Affaires sociales, Ursula von der Leyen, a été présenté comme la favorite pour le poste de président. Déjà il y a quelques années, cette femme dynamique avec sept enfants avait fait entendre qu'elle s'intéressait au poste de Chef de l'Etat. Angela Merkel n'a rien fait pour avertir von der Leyen qu'elle ne serait pas la candidate de la coalition et qu'elle avait - avec Westerwelle et Seehofer - décidé de présenter Wulff comme candidat des partis gouvernementaux. Wulff n'est rien d'autre que l'ancien mentor d'Ursula von der Leyen. Avec ce coup, Merkel se débarrasse de son dernier rival sérieux (Wulff), mais se crée probablement une nouvelle ennemie en la personne d'Ursula von der Leyen.

Le 30 juin 2010, au premier tour de l'élection présidentielle, Christian Wulff a recueilli seulement 600 voix sur 644 appartenant à la coalition de la CDU, de la CSU et du FDP. Dans l'Assemblée fédérale avec 1244 membres, 623 voix aurait suffi pour être élu à la majorité absolue. Donc 44 membres de la coalition avait refusé la voix à leur candidat officiel.



L'opposition manque un grand coup

Au premier tour, Joachim Gauck arrivait à la deuxième place avec 499 voix. Le SPD contrôlant seulement 333 délégués et les Verts 129, cela signifie que Gauck a reçu le soutien du camp gouvernemental, les autres votes se répartissant comme suit: le parti La Gauche comptant seulement 124 délégués et d'autres partis 14, ces votes allèrent à la candidature de
“Luc” Jochimsen de La Gauche (126 voix) et à celle de Frank Rennicke, le candidat de l'extrême droite du NPD (3 votes).

Si les Sociaux-démocrates, les Verts et La Gauche (Die Linke) s'étaient mis d'accord sur un candidat, Joachim Gauck aurait pu être élu au premier tour avec 623 voix! Mais La Gauche, dans sa position face au candidat Gauck, a montré qu'elle ne s'est toujours pas séparé de ses origines (le parti-unique SED dans la RDA). Dans une émission télévisée diffusée le soir après l'élection de Wulff, les membres des Verts, de La Gauche et du SPD s'accusaient mutuellement et se rejetaient la faute. Le représentant de la Gauche invoquait que Gauck ne correspondait pas à la position de son parti en matière de politique en Afghanistan (La Gauche est contre la guerre), mais la représentante des Verts rétorquait avec raison qu'il ne s'agissait pas d'élire un président de La Gauche, mais le Président de l'Allemagne toute entière. En plus, on entendait des voix disant que La Gauche aurait bien changé de camp s'il y avait eu la possibilité de faire élire Gauck au troisième tour, mais à ce moment, le jeux était déjà fait.

Au deuxième, exigeant toujours une majorité absolue, Christian Wulff recevait 615 voix, Joachim Gauck 490, Luc Jochimsen 123 et Frank Rennicke à nouveau 3 voix. Il manquait toujours 8 voix à Wulff pour se faire élire. 29 délégués de son camp refusait toujours de le soutenir. Cette élection se transformait en un vote de défiance à l'égard d'Angela Merkel. Wulff était un candidat respectable. Certains délégués préféraient certainement Gauck à Wulff, notamment trois membres du FDP qui le déclaraient ouvertement. Mais la majorité des voix manquantes provenaient de la CDU/CSU de membres de la coalition qui utilisaient le vote secret pour leur règlement de comptes avec la chancelière.

Avant le troisième tour décisif dans lequel la majorité relative était suffisante pour se faire élire, Lukrezia
“Luc” Jochimsen retirait sa candidature. La Gauche décidait que ses délégués étaient “libres” de donner leur voix au candidat de leur préférence, mais le chef de leur fraction annonçait déjà que la majorité de ses membres s'abstiendrait. Ainsi, au troisième tour, Christian Wulff fut élu avec la majorité de 625 voix, suivi par Joachim Gauck avec 494 voix; 121 délégués s'abstenaient.

Angela Merkel est une dame très habile et la conjoncture économique pourrait venir à son aide, mais en 2011 suivront six élections régionales (Landtagswahlen). Si la CDU continue à perdre, sa position pourrait enfin (!) être mise en question car elle n'a rien montré ni dans la Grande Coalition ni dans la Coalition Noire-Jaune. Quant au budget d'austérité, l'Allemagne pourrait simplement abolir l'office du résident et faire de la chancelière ou du chancelier le chef de l'Etat de l'Allemagne et nous épargner ce cirque estival qui ne fait vraiment pas rire.

Notes de musique de Ludwig van Beethoven.





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