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Obama sous pression
Article du 1er septembre 2010
Le Président des Etats-Unis, Barack Obama, n'est plus le
chéri des médias et d'une grande partie du public américain. La crise
économique avec un taux de chômage persistant entre neuf et dix pourcents
rend les Américains plus critiques à l'égard du
“messie”.
Personne ne pouvait sérieusement attendre des miracles d'une nouvelle
administration avec en tête un président sans aucune expérience dans un
poste exécutif, et tout cela dans une crise économique et financière
profonde.
En Irak, Obama a misé sur la continuité, même personnelle, en laissant en
place le Ministre de la défense de Bush, le capable Robert Gates. En août 2010, le
président a finalement tenu sa promesse de retirer les forces combattantes
de l'Irak. Il s'agit d'un retrait d'à peu près 90,000 soldats en 20 mois. Il
reste tout de même quelques 50,000 soldats américains sur le
territoire irakien. Mais bien pire, de nombreux attentats, avec des dizaines
de morts, sont toujours commis régulièrement, laissant les Irakiens dans un
état d'insécurité. En plus, les hommes politiques irakiens n'ont toujours
pas su former une coalition gouvernementale quelques six mois après les
élections parlementaires du 7 mars 2010.
En Afghanistan, le Président Obama a d'abord - à juste titre - attaqué la
mauvaise gestion du pays de la part du Président Karzai et de son
gouvernement. Le conteur Karzai, avec ses contes de fées au sujet des
progrès concernant la démocratisation, l'alphabétisation, l'élargissement de
l'Etat de droit et du combat contre la corruption en 'Afghanistan, ne peut
plus tromper personne (ou presque). Le Président Obama (et avec lui le reste
des leaders des démocraties occidentales) a accepté le truqueur
d'élections Hamid Karzai comme ancien et nouveau président de l'Afghanistan.
Avec un tel allié, l'Ouest n'a plus de crédibilité lorsqu'il critique des
élections truquées en Iran ou en Birmanie.
La stratégie d'Obama en Afghanistan reste un mystère: Amener des
dizaines de milliers de troupes supplémentaires pour les retirer au bout
d'une année ne fait pas de sens. L'effort militaire doit être soutenu à long
terme et être accompagné par un effort économique et financier pour
redresser le pays, améliorer ses infrastructures, son armée, sa police et ses écoles. Au
moins une
décennie sera nécessaire pour combattre l'analphabétisme qui se situe autour
de 70% en Afghanistan. Le plan de redressement de la situation dans ce pays trouve,
hélas, à ses débuts.
Notes
de musique / Sheet music of the Great American Songbook.
Au niveau de la politique intérieure, Barack Obama a montré plus qu'une
mauvaise gestion, notamment dans la crise de la marée noire (pétrolière)
dans le Golfe du Mexique. British Petroleum (BP) était connu pour prendre trop de risques pour s'enrichir. La compagnie a été coupable de
centaines de violations de mesures de sécurité. Lorsque le Président Obama a
renversé sa décision électorale de ne pas permettre l'exploration de pétrole
en eaux profondes, il aurait dû s'assurer que BP a réellement amélioré sa
sécurité. En plus, lorsque l'accident s'est produit sur la plateforme
pétrolière Deepwater Horizon, l'administration n'a pas réagi de manière
efficace. Obama s'est tu et est resté inactif pendant trop longtemps. Sous
le gouvernement de George W. Bush, l'administration qui aurait dû surveiller
le secteur pétrolier a été accusé de corruption, d'incompétence et de collusion avec
l'industrie qu'elle aurait dû surveiller. Pourtant, Obama n'a pas
fondamentalement nettoyer le Minerals Management Service. Puis, une
fois l'accident survenu, Obama n'a pas vu d'autres solutions que celle d'interdire
tout forage offshore dans le Golfe du Mexique, une décision peu sage qui met
en cause tout un secteur économique qui - à part BP - n'a pas causé de
dégâts majeurs. Le Minerals Management Service et d'autres agences de
l'administration Obama étaient totalement inaptes à affronter la crise.
Quant à Obama lui-même, il n'a pas passé ses vacances dans la région du
Golfe du Mexique pour montrer sa solidarité, mais a préféré aller loin
ailleurs et jouer au golf, ce qui a très mal passé auprès du public
américain.
Déjà au tournant de 2009-2010, Obama avait montré peu de doigté en mettant en
avant sa
“réforme” du secteur de santé que la majorité des Américains ne jugeait pas
vraiment une priorité face à la crise économique et financière qui frappait le
pays durement. Obama a bien élargie la couverture du système de santé à
quelques dizaines de millions d'Américains supplémentaires en prétendant
que cela coûterait moins à la fin. Il a promis de réduire de quelques
centaines de milliards de dollars le coût du programme de santé pour les
personnes âgées (Medicare) pour ainsi financer la couverture des dizaines
de millions d'Américains non-assurés par le passé, sans pour autant réduire
les services rendus aux personnes âgées. Comment veut-il exactement
accomplir ce miracle? Cela reste un mystère. Une explosion du coût du système de
santé - déjà aujourd'hui le plus cher du monde - est certain. Plus de
concurrence et de transparence chez les assurances-maladie, les entreprises
pharmaceutiques, les hôpitaux, les médecins et les pharmacies auraient été
nécessaires.
Le
Président Obama a réussi un grand coup en obttenant une réforme du système de
santé. Le prix à payer à long terme - les coûts supplémentaires ne
surviendront qu'après la fin du premier mandat d'Obama - sera exorbitant.
Cette réforme la plus importante depuis des décennies était politiquement
nécessaire pour le président dans la mesure où un échec l'aurait rendu
politiquement impuissant déjà après une année en poste (lame duck).
Le fait qu'il ait passé cette réforme ne l'aidera pas, car les
Américains ne sont pas si dupes que cela. Le budget américain - déjà
massivement dans le rouge sous George W. Bush - a explosé encore plus. Les
Etats-Unis ont abandonné toute rigueur fiscale. Un tel rythme d'endettement
national ne peut être poursuivi pendant plus de deux à trois ans
supplémentaires. Autrement, les Etats-Unis risquent le connaître le même sort
que la Grèce qui
doit payer des sommes exorbitantes pour servir sa dette. Les citoyens
américains ont trop longtemps vécu à crédit. Maintenant, le même sort plane
sur l'Etat américain.
Quant aux problèmes économiques, rien n'a été résolue. Les banques sont
moins nombreuses, mais plus grandes qu'auparavant. Le secteur immobilier avec les
géants Fannie Mae et Freddie Mac - qui contrôlent une bonne moitié des
hypothèques - reste dans une morosité inquiétante. Le président avec son
agenda largement social-démocrate freine le dynamisme économique et
financier.
Quant aux promesses électorales telles que la fermeture de la prison de
Guantánamo, elles restent pour la plupart ce qu'elle étaient, les promesses
d'un candidat à la présidence. Le dilettantisme d'Obama est inquiétant. Le
teleprompter-président ne convainc même plus avec ses beaux discours.
Pour revenir à la politique extérieure, le Président Obama n'a pas
réussi à nouer de liens étroits avec ses alliés, notamment en ignorant
quasiment l'Europe et ses leaders. S'il veut régler des problèmes au niveau
international, il doit s'assurer de bons contacts avec ses partenaires. Il
reste beaucoup à faire dans ce domaine!
En mai 2009, nous avions noté au sujet de
la politique extérieure de Barack Obama, qu'un homme politique ne peut
être jugé selon ses paroles, mais uniquement selon ses actes. Jusqu'à
présent, Barack Obama a ajouté de nombreuses erreurs à son curriculum
politique, mais il est encore trop tôt pour le juger de manière définitive. Bill Clinton avait tourné
sa présidence uniquement après la défaite humiliante dans ses premiers
“mid-term” élections. Le Président Obama risque également de voir sa
majorité parlementaire s'évaporer le 2 novembre 2010. Le dernier
sondage de Gallup (publié le 30 août 2010) situe les Républicains à
51% et les Démocrates à 41% des intentions de vote aux élections
parlementaires de novembre, le plus grand avantage des Républicains dans les
annales de Gallup, qui remontent jusqu'en 1942. S'il ne se
recentre pas politiquement dans la deuxième partie de sa présidence,
le Président Obama risque de connaître le même sort que Jimmy Carter, qui s'est fait écarter du pouvoir après un
seul mandat...
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