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Les élections parlementaires en
Afghanistan
Ajouté le 20 octobre 2010
La Commission électorale
indépendante afghane (CEI) a invalidé 1,3 millions des 5,6 millions de
bulletins de vote déposés lors du élections législatives du 18 septembre.
Les résultats définitifs ne pourront pas être présentés comme prévus le 30
octobre. Une autre date n'a pas été communiquée.
Article du 1er octobre 2010, mis à jour le 5 octobre 2010
Après l'élection présidentielle de 2009 - qui
n'était qu'une farce - le monde entier regarde avec attention ce qui se
passe durant les élections législatives de 2010. Le vote n'est pas encore
terminé dans le sens où beaucoup de tergiversations et de fraudes sont encore possibles (comme en 2009)
jusqu'à l'annonce des résultats définitifs. La commission électorale
“indépendante” a reçu quelques 4000
plaintes pour irrégularités et soupçons de fraudes. Les résultats préliminaires
concernant les députés élus seront publiés le 9 octobre, l'annonce des
résultats définitifs suivra le 30 octobre 2010.
Toujours selon la commission électorale, plus de 4,3 millions d'électeurs
afghans se sont rendus aux urnes lors de l'élection parlementaire du 18
septembre. Le taux de participation varie selon la méthode de calcul retenu.
Selon Martine van Bijlert du Afghanistan Analysts Network (AAN),
lors de la première élection présidentielle en 2004, le nombre de votes a
été établi à 7,4 million. Ensuite, lors de la première élection parlementaire et de
l'élection des conseils régionaux en 2005, le nombre de votes était de 6,4
millions. Enfin, lors de
l'élection présidentielle (frauduleuse) en 2009, après l'audit, 4,8
millions de votes étaient retenus comme valables. Juste avant
les élections, le nombre d'électeurs a été corrigé de 12,5 à 10,5 millions. C'est
dans ce contexte que doivent être considérés les chiffres de 4,3 millions de votes et
d'une
participation annoncée de 40% de votants en 2010.
Lors des élections parlementaires de 2010,
68 sièges sur 249 à pourvoir au parlement sont réservés aux femmes. Plus de
400 femmes sur un total de 2500 candidats se sont présentées. Malgré la
présence de presque 380.000 observateurs et représentants de partis
politiques (selon l'ONU), la fraude semble avoir été massive à nouveau.
En plus, la situation de sécurité laisse toujours à désirer.
Avec leur acceptation de la
réélection frauduleuse du Président afghan
Hamid Karzaï en 2009, l'ONU, l'UE et avant tout le Président américain
Obama,
pour ne citer que quelques coupables, ont créé un précédent dangereux ne
délivrant le message suivant: vous
pouvez tricher comme vous voulez sans être sanctionné et la communauté
internationale acceptera le résultat.
Cet aspect
explique le taux de participation en baisse. De
moins en moins de gens sont prêts à risquer leur vie pour voter dans une
élection, sans être sûr que leur vote sera pris en compte et avec une grande
probabilité que le résultat final ne sera qu'une farce.
Ce n'est pas que la population - bien qu'illettrée à 70% environ - ne
soit pas prête à des élections libres, c'est que trop de forces en
Afghanistan peuvent faire ce qu'elles veulent. La désillusion à propos du
processus électoral est croissante, tandis que l'Ouest, avant tout les EU et l'UE, mais
également l'ONU ferment leurs yeux de plus en plus, ayant envoyé très peu
d'observateurs pour contrôler le processus électoral, voire le processus
de décompte jusqu'à l'annonce des résultats finaux.
Malgré les 140,000 soldats étrangers en Afghanistan, la communauté
internationale semble avoir accepté le régime corrompu et incompétent
d'Hamid Karzaï et les
irrégularités à tous les niveaux. Est-ce que les EU, l'UE et l'ONU sont en train de
préparer leur départ, faisant semblant que tout est sous le contrôle des Afghans?
La Free & Fair Election Foundation of Afghanistan (FEFA), l'organisme
indépendant qui a envoyé le plus d'observateurs - quelques 7000, envoyés dans
60% des bureaux de votes - ainsi que l'ANN ont observé et rapporté de
nombreux cas d'irrégularités, de fraudes et d'intimidations de candidats,
d'électeurs et d'observateurs.
En les menaçant de mort, les Talibans ont exigé des Afghans de boycotter ces
élections. Surtout dans le sud
du pays, la sécurité n'est pas assurée, le pouvoir central n'y gouverne
plus, malgré les 30,000 soldats américains supplémentaires envoyés par Obama, qui n'a
pas voulu suivre ses généraux qui demandaient jusqu'à 80,000
soldats supplémentaires. Des hommes forts régionaux et locaux ont
acheté des votes. Trop d'organisateurs du vote sont corrompus. Le vrai
nombre des électeurs est inconnu. Il n'y a toujours pas de registre des
électeurs. Les institutions pour contrôler le vote n'ont pas été nettoyées
et leur qualité ne s'est pas
améliorée par rapport à 2009. Le résultat du processus électoral ne peut
donc être mieux.
Pour assurer un futur de paix et de prospérité en Afghanistan, la présence
étrangère sera nécessaire pendant au moins encore une décennie, voire une
génération, pour pacifier le pays, pour améliorer l'infrastructure, pour
trouver une alternative durable à la production d'opium et pour combattre
l'analphabétisme, qui est un obstacle majeur au développement. Dans un
entretien avec le Spiegel, le général américain David Petraeus a
mentionné le chiffre de 30,000 membres des forces de sécurité afghane qui
prennent actuellement des cours pour apprendre à lire et à écrire.
Ce problème a été reconnu, mais l'effort fait est encore très modeste.
L'Afghanistan semble être riche en ressources naturelles. Non, nous ne
parlons pas de l'opium, mais des minéraux qui vaudrait autour de 1000
milliards. Selon David Petraeus, ce rapport sur les ressources du pays est crédible. Donc, une fois
pacifié et doté d'un régime capable avec une population éduquée,
l'Afghanistan aurait un futur et une prospérité assurée. Malheureusement, les
efforts internationaux et afghans restent insuffisants. Selon les Nations
Unies, en 2009, dans le classement des pays par niveau de développement,
l'Afghanistan était classé à la 181ème position sur 182 pays.
Selon Transparency International,
l'Afghanistan se trouve à l'avant-dernière place sur la liste des pays les
plus corrompus de la planète.
Après presque une décennie, l'approche internationale trop timide a déjà
coûté des centaines de milliards de dollars et des dizaines de milliers de
vies, sans porter de fruits. Il faudrait mettre le
“paquet”
en savoir et en ressources militaires, financières et humaines. Et être un
coureur de fond expérimenté. Mais la volonté ne semble plus être présente. Avec le régime Karzaï
au pouvoir, tout effort semble de toute façon voué à l'échec.
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