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La Russie de Poutine
Article du 1er janvier 2012
  
Les commentateurs nous présentebt presque toujours les Russes comme un peuple qui a besoin d'une main forte. C'est le fruit de générations qui ont vécu sous l'oppression des Tsars, puis du Parti Communiste. Il y a du vrai dans cette assertion. Mais en même temps, une autre Russie a toujours existé. Certes, elle fut minoritaire, mais avec la chute de l'Empire soviétique et les années sous Eltsine, la liberté s'est frayé un chemin. Outre la naissances de libertés individuelles, de la liberté économique et de la presse, on note rapidement la dérive et la décadence du nouveau système. La naissance des oligarques, l'évasion fiscale massive, l'incapacité de l'Etat de payer ses employés et les retraités ont marqué la présidence d'Eltsine qui, lui, a sombré de plus en plus dans l'alcool.

En avril et octobre 2000, on ne pouvait pas encore savoir où le nouvel homme fort, Vladimir Poutine, allait mener son pays. Mais on voyait déjà des signes peu rassurants sur le mur. L'ancien homme du KGB - notamment en mission en RDA de 1985 jusqu'à la réunification de l'Allemagne - puis, à partir de 1998, directeur du nouveau Service fédéral de sécurité FSB, présentait un pedigree douteux. Cependant, Poutine avait également travaillé pour le premier maire démocratique de Saint-Pétersbourg), Anatoli Sobtchak. Par la suite, Poutine avait assumé d'autres fonctions démocratiques, notamment en travaillant pour le Président russe Boris Eltsine. Poutine, était-il l'homme du KGB-FSB ou un homme qui allait consolider la démocratie en Russie? Au FSB, il avait remis le portrait de Félix Dzerjinski, le fondateur de la Tchéka, la police politique des Bolchéviques. Sous sa présidence, les
“Nachi”, la jeunesse politique qui nous rappelle les mouvements communistes voir Nazis, a été formée.

Poutine a stabilisé l'Etat, mais a quel prix! Grâce aux recettes de l'Etat, notamment du secteur énergétique (pétrole et gaz), la Russie de Poutine est en mesure de payer ses employés ainsi que les retraités à temps. En même temps, il a partiellement vidé la démocratie de son contenu. En allemand, nous avons les jolies expressions
Demokratur”, un mix de démocratie et dictateur, ainsi que “démocratie dirigée” (gelenkte Demokratie), qui captent bien ce que nous pouvons observer en Russie.

La Russie de Poutine n'est pas un Etat de droit. La justice n'est pas indépendante - 
le cas de l'oligarque Khodorkovsky en est l'exemple le plus flagrant qui nous rappelle fatalement les procès staliniste - avec la différence qui les accusés ne sont plus fusillés.

La justice est arbitraire, servile au pouvoir. Les dirigeants nous offrent une parodie de la démocratie. Le Président Poutine se retire après deux mandats conformément à la constitution pour assumer le rôle de premier ministre pendant un mandat sous son ex-premier ministre Medvedev, tout en restant l'homme fort du régime. Puis “ils décident ensemble” que Poutine reviendra après l'élection présidentielle 2012 comme président et que Medvedev reprendra son ancien rôle de premier ministre.


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L'autre Russie, celle des démocrates, celle des personnes éclairées qui ne se laissent plus manipuler par les autorités
“bienveillantes”, s'est manifestée après les élections parlementaires de 2011. La Russie de Poutine a vu l'émergence d'une classe moyenne grandissante qui ne se laisse plus diriger par le pouvoir.

L'élection présidentielle du 4 mars 2012 nous montrera jusqu''où le mécontentement des critiques de Poutine va. La majorité des observateurs est d'accord pour dire que les manifestations à Moscou et de fin 2011 ne demandent pas une révolution à la tunisienne, mais juste que tous les votes soient contés correctement. Une bonne partie des Russes ne supporte plus que les dirigeants se foutent de leur gueule (désolé pour la franchise).

La Russie de Poutine nous offre un bilan très mixte. L'évasion fiscale persiste. La corruption et l'insécurité juridique également. L'administration n'est pas au service des citoyens. Le pouvoir manipule les élections. L'indépendance des médias est limitée. Beaucoup de médias critiques ont été nationalisés, ont disparu ou sont sous pression directe ou indirecte du pouvoir. L'Etat et les oligarques contrôlent des entreprises qui travaillent de manière inefficace. Mais en même temps, sous Poutine, la classe moyenne s'est élargie. le niveau de vie a augmenté. Internet brise le monopole et/ou le contrôle de l'information par l'Etat. Une nouvelle génération qui s'informe sur la toile, qui a un esprit critique et qui a voyagé à l'étranger se manifeste. Avec les anciens critiques du régime, ils forment une masse critique que la Russie de Poutine ne peut plus ignorer.

Pour le moment, le premier ministre et le président ont au moins eu la sagesse de ne pas réprimer les manifestants. Le mécontentement peut s'exprimer. La Russie d'aujourd'hui n'est pas un régime stalinien. Il n'est pas facile de comprendre si le régime de Poutine est prêt pour une véritable démocratie. Pour le moment, les parti d'opposition sont pour la plupart des créations du régime. Les élections législatives du 4 décembre 2011 ont fait déborder le vase. Jusqu'à ce moment, une partie des électeurs s'est toujours dit que l'ont se dirige dans la bonne direction. Ils ont espéré que le Président Medvedev mettra en oeuvre de vrais réformes. Mais trop peu de choses ont bougé. Avec le retour de Poutine comme président en 2012 et les élections semi-libres de 2011, la danger d'une stagnation augmente sensiblement.

Le 4 décembre 2011, avec la participation de quelque 60% des électeurs,
le parti de Poutine et Medvedev a tout juste réussi à gagner une majorité absolue à la Douma avec 52,9% des sièges et 49,3% des voix (contre 64,3% des voix en 2007). Les critiques crient à la triche. Poutine et Medvedev par contre vendent le résultat (avec des pertes importantes pour le camp) comme l'expression authentique des électeurs, comme un symbole de la démocratie en Russie. Une victoire à la Pyrrhus, le début de la fin du régime Poutine?

Les délais d'inscription pour l'élection présidentielle du 4 mars 2012 étant passés, aucune figure de l'opposition ne peut se présenter à l'heure actuelle. De toute façon, un leader de l'opposition, une force alternative et crédible à Poutine et son régime n'existe pas pour le moment.

Les réformes annoncées par le Président Medvedev ne prendront effet que pour les élections législatives et présidentielles en 2016 et 2018. L'opposition a du temps pour s'organiser.
Le peuple n'a plus peur. Il est prêt à manifester si nécessaire. Le régime Poutine deviendra-t-il plus autoritaire ou répondra-t-il par une ouverture politique? Le duo Medvedev-Poutine ( good cop - bad cop”) n'est plus crédible aux yeux d'une bonne partie de la classe moyenne.

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