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Hollande contre Sarkozy
Le président Sarkozy stagne dans
les sondages
Article du 1er février 2012
Sarkozy stagne dans les
sondages
L'élection présidentielle en France du 22 avril et 6 mai 2012 pourrait finir en
débâcle pour le président sortant, qui stagne dans les sondages même
après son intervention télévisée du 29 janvier.
Selon un sondage Ifop réalisé après l'entretien de
Sarkozy à la télévison,
François Hollande
arrive en tête du sondage avec 31% des intentions de vote devant Nicolas Sarkozy
avec 24,5% (qui ne gagne que 0,5%),
Marine Le Pen
du Front National avec 19% (elle perd 1% par rapport au dernier sondage),
François Bayrou du MoDem avec 11,5%, Jean-Luc Mélenchon du Front de gauche
avec 7,5%, Eva Joly d'Europe Ecologie-Les Verts avec 3% et Dominique de
Villepin avec un 1% et quelques autres candidats insignifiants.
Selon ce sondage Ifop,
François Hollande
remporterait l'élection présidentielle au deuxième tour avec 58% contre 42%
pour le président sortant, malgré le fait que 49% des téléspectateurs
trouvaient l'intervention du président dimanche soir
“convaincante” (dont 93% des sympathisants de l'UMP et 53% du MoDem).
Si l'on veut trouver de l'espoir dans le camp de Sarkozy, c'est le fait que
les candidats de la droite rassemblent une majorité des électeurs français.
La droite est au pouvoir depuis une éternité politique. Jacques
Chirac a été président de 1995 à 2007. Depuis, Nicolas Sarkozy assume la
présidence. En plus, Sarkozy a été ministre dans les gouvernements UMP
depuis 2002. Il a eu sa chance. Ses réformes ont été trop timides.
A la fin de son premier quinquennat, Nicolas Sarkozy veut augmenter la
compétitivité de la France en transférant sur les consommateurs une partie
des charges qui pèsent sur le travail. Cela arrive un peu tard. En plus, une
augmentation de la TVA de 19,6% à 21,2% freinera probablement la
consommation.
Le président sortant veut également promouvoir le
“made in France”, ce qui n'a rien à voir avec la libre concurrence. Où est donc
sa compétence économique.
Dans ses constats, il se trompait parfois. Contrairement à son affirmation à
la télé, le poids de l'industrie dans le PIB du Royaume-Uni est légèrement
supérieur à celui en France. Plus grave est son zigzag politique:
Au début de son mandat présidentiel, Sarkozy a baissé les impôts sur les
fortunes financières élevées, maintenant il veut les augmenter. Cela
n'augmente pas sa crédibilité.
Il faudrait en effet faire baisser les charges qui pèsent sur le travail
ainsi que certains impôts. En même temps, pour financer ses mesures, il
faudrait éliminer toutes les niches fiscales pour les contribuables et les
entreprises ainsi que toutes les subventions, y compris celles pour
l'agriculture qui dévorent toujours presque la moitié du budget de l'UE. La
bureaucratie française et européenne seraient à réduire.
Est-il courageux d'introduire une taxe de 0,1% sure les transactions
financières ou juste une bêtise économique si la France finit par faire
cavalier seul? Le temps nous dira qui a raison. Par contre, augmenter la
flexibilité du travail en
“tournant la page des 35 heures” est sûrement sensé car cela augmentera la
compétitivité de la France.
La revalorisation de l'apprentissage comme en Allemagne ou en Suisse
constitue un pas dans la bonne direction. Sarkozy entend proposer une loi
pour imposer aux entreprises avec au moins 250 salariés d'embaucher 5% de
jeunes en apprentissage.
La création d'une banque de l'industrie par contre est une mesure plutôt
socialiste. La France n'a pas besoin d'une autre banque étatique. Par contre
augmenter la possibilité de construire des logements est une mesure qui
respecte les lois du marché. Cela augmentera l'offre ce qui fera baisser les
prix de l'immobilier ou au moins freinera la hausse des prix. A juste titre,
Sarkozy a jugé que le retour à une retraite à 60 ans serait
“une folie”.
En concluant, le président sortant a estimé que
“la crise financière s'apaise”. On verra. Les problèmes de la Grèce et du
Portugal sont loin d'être résolus. Mario Monti entreprend des pas dans la
bonne direction en Italie, mais beaucoup reste encore à faire, notamment la
libéralisation du marché de travail. L'Italie aura besoin d'une décennie
pour s'assainir.
Le programme d'Hollande ne convainc non plus
François Hollande a eu le courage de présenter un
programme présidentiel en 60 points. Nicolas Sarkozy a évidemment attendu ce
moment pour contre-attaquer. Il préconise
“le redressement” qu'il juge
“indispensable”, mais qui
“ne sera possible que dans la justice.”
A juste titre,
François Hollande
s'attaque aux niches fiscales. Mais les exceptions ne touchent pas seulement
les entreprises (où il voit €17,3 milliards de recettes) et
les ménages les plus fortunés (€11,8 milliards). Il ne met ne plus en cause
l'Etat providence.
Il ne s'attaque pas aux subsides pour les agriculteurs. Au contraire, il
promet de défendre
“un budget européen ambitieux pour l'avenir de l'agriculture”. Par contre, il a
raison de vouloir
“rééquilibrer les rapports de force au sein des filières face à la grande
distribution”. Mais au lieu de vouloir briser l'oligopole de la grande
distribution et de renforcer le marché, il promet:
“J'assurerai la protection de notre économie maritime et redonnerai à la pêche
les moyens de sa modernisation.”
François Hollande
espère pouvoir redonner un équilibre aux comptes de l'Etat pour 2017 et réduire le déficit public à 3% du PIB (critère de Maastricht) d'ici 2013
déjà.
Une bonne mesure est la séparation des banques de dépôt et d'investissement.
Il oublie de dire qu'il faudrait en règle générale réduire la taille des
banques pour ainsi créer plus de compétiteurs dans le secteur bancaire et
pour éviter la problématique du
“too-big-to-fail.”
François Hollande
veut comme Nicolas Sarkozy l'introduction d'une taxe sur les transactions
financières. En plus, il demandera aux banques françaises de cesser toute
opération avec les paradis fiscaux et propose l'interdiction de produits
financiers sans utilité, sans lien avec l'économie réelle.
L'idée du candidat socialiste d'introduire une
“nouvelle tranche d'impôt de 45% pour les revenus supérieurs à €150.000”
serait contre-productive. Il prône en plus l'équivalence entre imposition des revenus de capital et
revenu de travail. Il veut un impôt sure la fortune des plus gros
patrimoines.
François Hollande
promet de créer 60.000 postes dans l'éducation en cinq ans pour l'éducation
nationale ainsi que
“150.000 emplois d'avenir pour les jeunes.”
Au lieu de renforcer le marché, il prône la création de logements sociaux.
Au sujet de la retraite, il veut de nouveau la retraite à
“60 ans pour les personnes
ayant côtisé toutes leurs annuités.”
Les promesses électorales du candidat socialiste s'attaquent avant tout à la
finance et aux riches. Il donne la priorité aux PME. Il veut
“réorienter la construction européenne”, en proposant
“un pacte de responsabilité, de gouvernance et de croissance pour sortir de la
crise et de la spiracle d'austérité qui l'aggrave.” Il veut l'introduction
d'Eurobonds, que l'Allemagne combat à juste titre de toutes ses forces tant
que les économies européennes ne seront pas sur un même niveau de
compétitivité et de stabilité financière. Dans un espace monétaire unique,
des taux d'intérêt divergents sont le dernier moyen de discipline.
Le duel Hollande contre Sarkozy montre les faiblesses du paysage politique
et des électeurs en France. Seulement une crise plus grave encore pourra
amener des réformes structurelles profondes. Pour le moment, les Français
contribuent au déclin relatif de l'Europe par rapport aux économies
émergentes qui, eux, seront confrontées à d'autres problèmes elles aussi, mais
cette une faible consolation. Quel choix! Heureusement, je ne suis
pas un électeur français.
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