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Les mesures du gouvernement Ayrault
Article du 6 juillet 2012; ajouté à 19:23; détails ajouté à 20:06
Valérie Pécresse avait largement raison lorsqu'elle
reprochait au Premier ministre Jean-Marc Ayrault d'être
“dans le déni des réalités” et de n'avoir
“rien annoncé de concret pour créer des emplois et pour réduire les dépenses”.
Ce qu'elle oubliait, c'était que l'UMP, sous Chirac et Sarkozy, n'avait
presque rien fait non plus, c'est pourquoi le Parti socialiste se trouve
maintenant au pouvoir.
Malheureusement, le gouvernement Ayrault met en œuvre ce que
le candidat Hollande avait annoncé, c'est-à-dire l'augmentation du taux
d'imposition pour les revenus annuels au-delà d'un
million d'euro à 75%, un taux prohibitif, pourtant approuvé par 73% des
Français, selon un sondage par Taddeo, Les Echos et Europe 1.
En plus,
durant son
intervention à l'Assemblée nationale du 3 juillet 2012, Jean-Marc
Ayrault avait également annoncé la création d'une nouvelle
tranche d'imposition de 45% pour les riches; actuellement, le taux maximal
d'imposition est de 41% pour les revenus dépassant 70,830 euros par un. En
plus, le
Premier ministre avait lancé:
“Je ne suis pas l'ennemi de l'argent.” Durant la fameuse
Art Basel un juin, j'ai déjà rencontré quelques français fortunés qui avaient
quitté la France dans l'expectative de l'implémentation du programme
électoral du candidat socialiste. Ils
avaient fait une autre lecture du programme socialiste du
Président.
Au moins, durant son
intervention à l'Assemblée nationale du 3 juillet 2012,
Jean-Marc Ayrault avait prévu d'attaquer le problème des niches fiscales, ce
qui est beaucoup plus utile que de faire recours à des taxes excessives.
Mais au lieu de dire que les niches fiscales seront plafonnées, il aurait
mieux fait d'annoncer qu'elles seront éliminées.
Au moins, le Premier ministre avait reconnu que la dette publique, qui si situe autour de 90% du PIB, était devenue trop lourde.
“Le poids de la dette est devenu écrasant. L'Etat verse ainsi près de
€50 milliards par an à ses créanciers.”
Pourtant, il a distribué des cadeaux électoraux tels que la retraite à 60
ans et des hausses du smic.
Le Premier ministre mettait l'accent sur
la
“culture de l'accord, de la contrepartie, du donnant-donnant.” Mais il pensait
surtout à faire payer les riches. Il aurait en même temps dû abolir des
folies telles que les 35 heures. Ainsi il risque faire fuir les éléments les
plus dynamiques de la société.
Jean-Marc Ayrault avait annoncé le 3 juillet: “150,000 emplois d'avenir
seront proposés prioritairement à des jeunes sans qualification, le service
civique sera développé.” Entre nous, des emplois d'avenir seront des emplois
avec qualification et cela ne sera pas l'Etat qui les proposera.
Le Premier ministre disait:
“Mon gouvernement sera celui de la responsabilité devant la jeunesse”. Dans ce
cas encore fallait-il annoncer la flexibilisation totale du marché de travail pour
réduire le taux de chômage parmi les jeunes. Rien de tel.
Jean-Marc Ayrault avait beau dire lors de son discours à l'Assemblée
nationale:
“J'appelle à l'effort national, mais je refuse l'austérité.” Avec des hausses
d'impôts uniquement, il sera impossible de rééquilibrer le budget français,
surtout après l'annonce de la Cour des comptes que quelques
€40 milliards manqueront dans les
caisses de l'Etat jusqu'à la fin de 2013. Le Premier ministre a laissé
entendre que le rapport de la Cour des comptes
“n'a fait que confirmer ce que nous pressentions.” Son discours à
l'Assemblée nationale n'en faisait pourtant pas preuve. Ils resteront
€33 milliards à trouver pour 2013 seul.
Les Etats occidentaux gaspillent beaucoup d'argent public. Mais les
membres du Parti socialiste qui composent le gouvernement français ne sont
pas prêts à en tirer les conséquences.
Le 3 juillet, le Premier ministre avait parlé de
“la mise en mouvement de toute la société” et d'une
“révolution profonde, un bouleversement inédit”. Tout cela n'a pas si inédit. La
tendance générale me rappelle le début de l'ère Mitterrand, qui a failli
ruiner la France.
Plafonner les revenus dans le secteur public à 20 fois le salaire minimal
dans l'entreprise respectif ne semble pas la pire des mesures, mais fixer
le salaire maximal à €450,000 ne semble pas tenir compte des réalités
sur le marché de travail. L'Etat français risque de ne plus attirer les plus
brillants.
Il est juste de mettre l'accent sur l'éducation nationale. Mais croire
que 65,000 d'emplois supplémentaires dans l'enseignement, dans la justice,
la police et la gendarmerie remettront la France sur les rails revient au déni
de réalité, malgré les 2,5% de diminution des effectifs partout ailleurs
dans l'administration annoncé par Matignon.
Trop de jeunes ne rêvent que d'une
chose: trouver un emploi dans l'administration. Ce n'est pas le signe d'une
société dynamique. François Hollande et Jean-Marc Ayrault rêvent encore de Keynes ou plutôt de
leur interprétation des recettes de Keynes. Le réveil sera dur.
Personne ne parle de l'agriculture et de ses subsides et autres aides et
mesures étatiques qui composent toujours presque la moitié du budget de
l'Union européenne. Par contre, le Premier ministre avait annoncé le 3
juillet:
“Un décret sera adopté avant la fin du mois pour encadrer les loyers dans
les villes où la tension est la plus forte.” C'est une autre “recette” ou
plutôt chimère socialiste que de vouloir régler le prix des loyers par l'Etat.
Nous attendons avec impatience le “plan de lutte contre la pauvreté” annoncé
pour l'automne. Les planificateurs seront contents.
François Hollande et Jean-Marc Ayrault veulent réduire le déficit à 4,5% du
PIB en 2012, à 3% en 2013 et à zéro en 2017. Le Premier ministre avait
justement annoncé qu'il serait indispensable mais insuffisant de maitriser
les dépenses publiques, qu'il s'agirait en plus de mobiliser de nouvelles
recettes fiscales. Dans ce contexte, dire
“je refuse l'austérité” est ridicule. La Cour des comptes vient d'abaisser
la prévision de croissance de 0,7% à 0,3% pour 2012 et de 1,7% à entre 1% et
1,3% pour 2013. Il faudra donc serrer la
ceinture encore plus. Parmi les rares mesures impopulaires dans ce sens notons la
décision au sujet des heures supplémentaires: elles ne seront plus exonérées d'impôt sur le revenu et de charges sociales
pour les entreprises de plus de vingt salariés.
“Flanby” et le Parti socialiste jouissent d'une majorité absolue dans les deux
chambres du parlement, ils dominent les régions et composent entièrement le
gouvernement national. L'avantage de cette situation c'est qu'ils n'ont plus
aucune excuse si leur approche économique tourne mal. La Cour des comptes a
estimé que le plan d'un déficit zéro en 2017 reste réalisable, mais qu'il
demanderait un effort comparable à celui réalisé par la France à la veille
de l'entrée dans la zone euro de 1994 à 1996.
Jean-Louis Borloo avait bien résumé le discours du Premier ministre du 3
juillet 2012: “J'ai eu le sentiment que vous nous demandiez une confiance
que vous ne transmettez pas!” - Commandez des livres au sujet
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