Deutsch Politik Geschichte Kunst Film Musik Lebensart Reisen
English Politics History Art Film Music Lifestyle Travel
Français Politique Histoire Arts Film Musique Artdevivre Voyages

Index  Advertise  Werbung  Links  Feedback
© Copyright www.cosmopolis.ch  Louis Gerber  All rights reserved.

L'Italie semble ingouvernable
Article du 4 mars 2013, ajouté à 16:26

Un pat politique
  
L'élection parlementaire en Italie a créé un pat. L'Italie semble ingouvernable. Grâce à la loi électorale de Berlusconi de 2006, qui donne au premier parti automatiquement 55% des 630 sièges dans la Chambre des députés, la coalition de centre-gauche de Pier Luigi Bersani (*1951) arrive en tête avec seulement 29,54% des voix, mais gagne une majorité absolue de 340 sièges, devant le centre-droite de Silvio Berlusconi (*1936), le Mouvement-Cinq-Etoiles du populiste Beppe Grillo (*1948) avec 108 et le premier ministre sortant, Mario Monti (*1943) avec 46. Au Sénat par contre, la coalition de Berlusconi arrive en tête avec 116 sièges, sans pour autant gagner une majorité absolue des 315 sièges, devant le camp de Bersani avec 113 sièges, Beppe Grillo avec 54 sièges et Mario Monti avec 18 sièges.

Les deux chambres parlementaires ne sont donc pas dominées par le même groupe. Parce que Beppe Grillo a formellement exclu de former une coalition avec qui que ce soit, il n'y a que la possibilité d'une grande coalition Bersani-Berlusconi qui reste comme option. Le renard Berlusconi a tout de suite dit qu'il serait prêt à négocier une telle option tandis que dans le camp de gauche, la pilule est plus difficile à avaler, pour de bonnes raisons. Bersani a d'abord tendu la main à Grillo, qui a refusé de la prendre. Est- ce qu'on arrivera quand même encore à un compromis historique, une sorte de compromesso storico comme entre la Démocratie chrétienne et le Parti communiste italien, qui n'a jamais vu le jour au niveau gouvernemental?

Les reformes structurelles n'ont pas encore été entamées

Depuis la
démission du gouvernement Berlusconi de novembre 2010 et le gouvernement technocrate de Mario Monti, l'Italie s'est stabilisée. Mais il faudrait une décennie de réformes par un gouvernement sérieux pour remettre l'économie et la société en ordre. Les réformes de Monti ont avant tout consisté à augmenter les impôts. En outre, on ne constate qu'une réforme des pensions. Par contre, la réforme du marché de travail n'est pas allée loin. D'une part parce que le gouvernement Monti n'a pas tenté de la pousser suffisamment loin, d'autre part, parce que les forces politiques au parlement ainsi que les syndicats s'y sont opposés. Pourtant, le taux de chômage en Italie se situe autour de 11,7% (janvier 2013). Le taux de chômage des jeunes à atteint 38,7%. Dans le sud de l'Italie, le taux de chômage se situe au-delà de 18%, malgré un taux d'activité économique des femmes de seulement 39,6%. Son piston, il est presque impossible de trouver un travail.

Parmi les problèmes fondamentaux de l'Italie on compte également la fraude fiscale, l'évasion fiscale, le travail au noir, la criminalité organisée de la Cosa Nostra, la
’Ndrangheta, la Comorra et d'autres organisations. Il ne s'agit pas seulement du narcotrafic, qui a lui seul rapporte des dizaines de milliards d'euro. Le commerce avec des produits alimentaires contrefaits rapporte selon des estimations quelques €12,5 milliards chaque année (faux jambon de parme, faux vinaigre balsamique, etc.).

Des livres au sujet de l'Italie chez Amazon.fr.
Bücher zur Geschichte Italiens bei Amazon.de.
Bücher zur italienischen Kunstgeschichte bei Amazon.de.
Libri sulla storia dell'arte italiana: Amazon.it.
Libri sulla storia italiana: Amazon.it.
Libri di e su Beppe Grillo: Amazon.it.
La „bibbia“ dei Grillini di Gianroberto Casaleggio e Beppe Grillo : Siamo in guerra. Per una nuova politica. Chiarelettere, 2011, 188 pagine. Comprate il libro: Amazon.it.

D'autres problèmes fondamentaux de l'Italie

Parmi les autres problèmes fondamentaux de l'Italie, on compte le secteur étatique trop important, une jungle des subsides, une corruption omniprésente, un népotisme paralysant et un système politique trop coûteux et dysfonctionnel. La liste est presque interminable et ne touche pas seulement les politiciens ou les riches. Trop d'Italiens tentent de profiter de pensions d'invalidité (faux aveugles, etc.), tentent d'encaisser les pensions de parents décédés, etc.

A cette misère s'ajoute le manque de sécurité juridique. Un procès, même au sujet d'une affaire mineure, prend en moyenne 12 ans! Cela ne crée pas un climat propice au commerce et aux investissements. Même s'il se lamente de la justice, pas toujours à tort, un homme comme Silvio Berlusconi profite des délais de prescription.

Un retour de Silvio Berlusconi?

Ce qui menace le pays de la dolce vita, c'est entre autre un retour à
l'Italie de Berlusconi. C'était un pays avec un homme en tête qui était confronté à des conflits d'intérêts dans quasi tous les domaines qu'il touchait. Depuis sa première apparition sur la scène politique en 1993-94, il a tout promis et presque jamais rien tenu. Les petits entrepreneurs, les petits commerçants et bien d'autres ont au début 2013 à nouveau fait confiance à l'homme qui leur promettait de baisser les impôts. Il est vrai, le niveau des impôts en Italie est trop élevé. Mais Berlusconi lui-même n'a jamais rien fait pour y remédier. Au contraire. En plus, l'impôt sur l'immobilier qu'il veut rembourser, c'était une mesure qui lui-même, le Grand Silvio, avait envisagé d'introduire et dont il avait soutenu la mise en œuvre sous Mario Monti. Les Italiens ont la mémoire courte. Il faut admettre que Berlusconi avait tout fait pour qu'ils le croient à nouveau. Son offensive de charme a été brillante. Il est d'une éloquence incroyable. Si je ne connaissais pas son histoire, son parcours politique, je lui aurais peut-être moi-même cru. Au début, il menaçait encore de quitter les plateaux de télévision si l'on ne laissait pas parler librement. Mais très vite, il a laissé derrière lui ses scènes de clown politique et s'est transformé un homme d'Etat sérieux. Sur Euronews, il allait jusqu'à dire qu'il n'avait jamais fait de faute et qu'il était le meilleur homme politique italien. Quel culot!

Maintenant, le clown n'est plus seul sur le devant de la scène. Beppe Grillo la rejoint, voire dépassé. Ce populiste et humoriste avec son Mouvement-5-Etoiles, qui vient de la gauche écologiste, est contre quasi tout et tout-le-monde. Il espère faire exploser le système politique italien au bout de six mois. Il dit que les partis établis veulent uniquement gagner du temps, qu'ils ne sont pas véritablement intéressés à faire des réformes. Il n'a pas tout à fait tort, mais son programme ne convainc pas; en fait, il est quasi inexistant. Tout de même, quelques 25% des électeurs lui ont fait confiance.

Comme Berlusconi, Grillo veut aider les gens qui ne veulent pas payer d'impôts et qui sont contre l'Etat en général. Il est un leader charismatique comme Berlusconi. Malgré une sélection dans un premier temps ouverte des candidats de son Mouvement-5-Etoiles à travers un vote sur la toile
, c'est lui qui a décidé la liste finale des candidats de son mouvement, comme dans les partis traditionnels. Comme Berlusconi, il n'a pas eu de remords d'accuser l'Allemagne et la Chancelière Merkel pour la misère de l'Italie. Si c'est ça le futur sérieux de l'Italie, bonjour les dégâts!

La dette publique de l'Italie s'élève à quelque 126% du PIB. L'Italie est trop grande pour faire faillite. Elle est trop grande pour être sauvée par des crédits. Seul les Italiens peuvent sauver l'Italie. Pendant une décennie, des réformes sérieuses à la Monti seraient nécessaires, bien qu'avec moins d'impôts et plus de réformes structurelles. Forza Italia!







Deutsch Politik Geschichte Kunst Film Musik Lebensart Reisen
English Politics History Art Film Music Lifestyle Travel
Français Politique Histoire Arts Film Musique Artdevivre Voyages

Index  Advertise  Werbung  Links  Feedback
© Copyright www.cosmopolis.ch  Louis Gerber  All rights reserved.